On ne pouvait effectuer un récap’ de fin d’année sans vous parler de Hinds. Bon, oui, on avait déjà fait la même l’année dernière mais 2015 aura été l’année de l’explosion,  vous les avez d’ailleurs probablement vu partout. 4 jeunes madrilènes bourrées de talent, qui écrivent des tubes de garage-pop comme on enfile nos chaussures et qui, en plus, sont plus cool que cool. On a eu le plaisir de les rencontrer cet été à la Route du Rock et on a décidé de vous offrir le résultat de cette jolie interview juste avant la sortie de leur premier album le 8 janvier prochain. Si vous les connaissez, on sait que vous êtes déjà tombés sous le charme et que vous lirez l’interview et sinon, bah c’est l’occasion rêvée.

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Commençons par un exercice très difficile : on va faire comme si je ne vous connaissais pas. En deux mots, décrivez vous et votre musique.

Toutes : *rires* C’est trop dûr ! Ana : Vale (Allez) !

Ok, en une phrase alors…

Carlotta : Ok, on est Hinds, on vient d’un endroit ensoleillé qui s’appelle Madrid. On adore être ici, ou en fait, partout où on va ! On fait de la musique un peu bordélique mais sincère.

« Bordélique et sincère » c’est une bonne description ! En tant que girls band bordélique et sincère, est-ce que vous vous considérez comme un groupe « girl power » ou quelque chose dans le genre ?

Carlotta : On n’a pas formé ce groupe pour faire partie du girl power mais je pense que le simple fait d’être un groupe de fille implique en quelque sorte d’en faire partie mais…

Ana : Les choses changent. Lorsqu’on a commencé, on ne voulait pas être vues comme des féministes. On voulait juste faire de la musique mais avec le temps, les choses changent… on a entendu des gens nous dire des trucs pas très cools …

Quel genre de trucs pas très cools ?

Ana : Tu peux imaginer quel genre de trucs…

Carlotta : Ouais, en Espagne, les gens peuvent être très lourds parfois. Je pense qu’on est le pays le plus grossier du monde.

Ana : C’est pour ça que maintenant on a un peu l’impression de travailler pour les filles. Par exemple, cet été, on était en Angleterre au Deer Shed festival. On appelle ça un baby festival car tu sais, c’est le genre de festival où il n’y a que des familles avec des bébés et des enfants. On leur vendait nos cassettes et nos T-shirts et franchement, je suis super contente d’avoir fait ce festival car il y avait des centaines de petites filles qui nous regardaient et pouvaient prendre exemple, des petits garçons aussi, je n’avais jamais vu ça pour un groupe de filles. Ca nous a rendu heureuses de penser qu’on était en train de changer les choses.

Pensez-vous que ça a été dûr au début ?

Ana : Non.

Carlotta : Non.

Ca n’a pas été compliqué de trouver des endroits où jouer en étant un groupe de filles ?

Carlotta : Non, pas du tout. C’est avec le public que c’est plus compliqué.

Ana : Exactement, ce n’est pas compliqué de trouver des lieux où jouer. Et c’est peut-être même plus facile étant donné que du coup tu proposes quelque chose d’un peu différent que les gens de l’industrie de la musique voudront certainement entendre. C’est plus au niveau du public qui pourrait se demander ce qu’on fout là, ce qu’on a dû faire pour y être. Je veux dire, la difficulté vient plus du public et des gens. Ce n’est pas le monde de la musique qui est difficile pour les filles. C’est juste en général le simple fait d’être une fille qui est compliqué.

On vient de parler de l’Angleterre mais il me semble que vous avez joué… partout …

Toutes : *rires* Ouais, à peu près !

Et à SXSW alors, c’était comment ?

Carlotta, tout sourire : C’était tellement sympa ! Tellement intense ! Tellement cool !

Il me semble que vous avez fait un nombre incroyable de concerts en très peu de temps ?

Carlotta : ouais, on a joué 16 fois en 4 jours !

Ca a dû être épuisant !

Carlotta : Oui, oui ça l’a été. Mais ça valait le coup !

SXSW n’est pas le seul festival où vous avez joué. Vous êtes allées presque partout, et c’est pas fini; Votre album arrive bientôt, comment-avez vous fait pour le composer en étant si occupées ?

Ana, en riant : Je suis ravie que tu nous demandes ça ! J’arrive même pas à réaliser comment on a fait !

Carlotta : C’est tellement stressant…

Vous avez travaillé sur l’album pendant que vous étiez en tournée ?

Carlotta : Non, on arrive à écrire uniquement lorsqu’on est à Madrid. Ca a été super dûr étant donné qu’on a aussi beaucoup de travail lorsqu’on est chez nous du coup on doit faire ce travail et composer aussi. C’est quelque chose de très important car je ne veux pas avoir une seule chanson naze dans l’album juste parce que je suis pressée. C’était assez compliqué de gérer le temps avec tant de jours, avec si peu de sommeil et notre famille à qui on manquait. Mais on y est arrivées !

Vous êtes contentes de l’album ?

Carlotta : Ouais ! Trop contente !

Vous l’avez produit avec votre pote des Parrots n’est-ce pas ?

Ana : Oui, le même mec qui a enregistré tout ce qu’on a sorti.

Comment vous l’avez connu ? Un vieil ami ?

Carlotta : Oui, c’est un ami super proche, vraiment.

Ana : On était amis avant même de former le groupe. The Parrots, c’était un groupe qu’on suivait et qu’on admirait énormément. C’est le chanteur et guitariste du groupe.

Il me semble que vous êtes de vraies fans des Strokes aussi, vous avez joué avec eux en juin ?

Carlotta : Ouais, ouaiiiiis, ouais !

Ca vous a fait quoi ?

Carlotta : C’était trop bien ! Ça a été le meilleur jour de notre vie ! Cette journée a été parfaite !

Retournons un peu en Espagne. On voit en ce moment une bonne scène garage s’y développer. Y a t’il des groupes que vous aimez bien et dont vous voudriez parler ?

Carlotta : Oui, bien sûr ! En fait il y a toujours eu une scène garage en Espagne. Mais maintenant c’est un peu plus connu dans le monde. The Parrots ont toujours été là, Los Nastys aussi et Lois vient aussi de sortir.

Ana : Je ne sais pas pourquoi, j’ai cette impression de la scène madrilène avec seulement une dizaine de groupes et c’est tout. On ne pensait pas vraiment qu’on pourrait faire un nouveau groupe parce qu’il n’y avait que des groupes déjà bien établis. Enfin, il y avait de nouveaux groupes mais ils ne tournaient pas et personne ne parlait d’eux. Maintenant ça va mieux !

Pensez-vous que c’est plus compliqué de se faire connaître lorsqu’on vient d’Espagne ?

Carlotta : Bien sûr, maintenant on est beaucoup plus habituées. Mais quand on a commencé, le simple fait d’avoir une critique dans NME c’était genre… putain de dingue ! Vraiment ! Venir de Madrid et jouer à Glastonbury c’est…

Ana : Ca rentre dans l’Histoire d’Espagne !

Comment vous avez fait du coup ? Pensez-vous que Burger Record vous a aidé ?

Ana : Non, Burger Records est arivé après, tout s’est passé avant.

Carlotta : Ca a juste marché ! Ca a marché par un enchainement de trucs qui ont marchés. On a eu un concert a Londres, c’était soldout, c’était dingue ! Tout le monde a aimé. Ensuite on a choisi un label. C’est sérieusement un enchainement de choses sur lesquelles on a travaillé et qui ont bien marché.

Ana : Je pense aussi que c’était une question de culture. C’était pas juste être connus en Espagne. Les autres cultures écoutent juste ce qu’ils aiment bien, peu importe d’où ça vient. Du coup le monde anglophone nous a aimé, on correspond en quelque sorte à ce qu’ils aiment.

Ade : Je pense qu’on bosse comme un groupe anglais. Notre façon de travailler, notre son…

Avez-vous quand même une chanson en espagnol dans votre album ?

Ana : Non, on a une reprise de Los Nastys mais ce n’est pas en espagnol, c’est une version japonaise !

On a donc hâte d’entendre l’album de Hinds Leave Me Alone sur Mom + Pop / Lucky Number. Stay tuned !

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In order to achieve this very busy year, let’s have a look at Hinds. You probably have seen them everywhere in 2015 ! Carlotta, Ana, Ade and Amber are 4 young, talented and very nice girls from Madrid. We met them at La Route du Rock this summer and saved this very interresting discussion just for you. We talked about their music, what is it to be a girl band, the Madrid garage scene and their upcoming album. If you’ve missed them, we strongly advise you to read what’s following. If you haven’t, we know you are already in love with them and you will read this anyway.

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Let’s start with a very difficult exercice : let’s pretend I don’t know you. How would you describe yourselves and your music in two words ?

All : *Laught* That’s too hard ! Ana : Vale (come on) !

Okay in a sentence then…

Carlotta : Alright, we are Hinds, we come from a shiny place called Madrid. We love being here or really everywhere we go. We do music that is messy and sincere.

« Messy and sincere » that’s a good description ! Being a messy and sincere girl band, do you feel part of a kind of girl powa mojo or did you just do this band because you are friends and liked eachother ?

Carlotta : We didn’t do the band because we wanted to be part of the girl power but I think being an all girl band is itself getting in the girl power thing but…

Ana : Things are changing. When we started the band we didn’t want to be seen as feminists or whatever. We just wanted to make music but then with time, things were changing because of the circumstances… people talking about us and telling us shit…

What kind of shit ?

Ana : You can imagine what kind of shit…

Carlotta : Yeah, in Spain, people were very tough sometimes. I think we are the most impolite country in the world and they are sometimes very rude.

Ana : That’s why now we kind of feel we are working for the girls. For example in a festival in the UK called Deer Shed, we called it a baby festival you know there were only families with babies and kids, and we were signing T-shirts and cassettes we were selling. And dude, I’m so happy we did this festival because there were hundred of little girls, and boys also, watching and seing our example as girl band. We had never seen this before for a only girls band playing. It makes us happy to think we are changing it.

Do you feel it was hard at the beggining ?

Ana : No.

Carlotta : No.

Wasn’t it hard to get booked for concerts and festivals being a girls band ?

Carlotta : No, not at all. It’s with the public that it is different.

Ana : Exactly, it’s not complicated to get things. And maybe, it can even be easier because you propose something different and people from the music industry might want to see it. It’s shit like people thinking « why are you there ? » or whatever they think about it. I mean it’s more about the audience and people, it’s not about this industry that might be more difficult for girls it’s just the backside of being girls in general !

We just talked about the UK but I think you’ve played well… everywhere…

All : *laughs* Yeah, pretty much !

Especially South by Southwest right ? How was it ?

Carlotta, smiling and looking at the sky : It was so nice ! So intense ! So nice !

I heard you played a lot in a very short period of time…

Carlotta : Yeah, we’ve played 16 gigs in 4 days !

Must have been exhausting !

Carlotta : Yes, yes it was but it was worth it !

SXSW is not the only festival you’ve played. You’re touring almost everywhere, and there are more gigs to come. Your album is coming soon. How do you manage to take care of the album while you’re touring so hard ?

Ana, laughing : I’m glad you ask this ! I don’t even realise how we did this !

Carlotta : It’s so stressful…

Were you working on the songs while you were on tour ?

Carlotta : No we didn’t. We only can properly write songs while we are in Madrid. It has been very very difficult because while we are there we also have a lot of work so we have to do that work and also write songs. It’s an important thing because it’s the album ! And I don’t want to have a shitty song in the album because I’m in a hurry. It was kind of complicated to manage the time with so many days of so little sleep and family missing us and stuff like that but we made it !

Are you happy with the album ?

Carlotta : Yeah ! So happy !

You produced it with your friends from The Parrots right ?

Ana : Yes, the same guy that has recorded everything from us.

How do you know him ? Is he also from your group of friends ?

Carlotta : Yeah, a super close friend. Like seriously close friend. Ana : We were friends before we had the band. The Parrots were one of the bands we were watching and admiring so much. He’s the singer and main guitarist.

I know you also admire the Strokes, now you’ve played with them…

Carlotta : Yeah, yeaaah… Yeah !

How does it feel ? Carlotta : So good ! That was one of the best days of our lives ! Everything that day was just perfect !

Lets go back to Spain just a moment. There is a good garage scene growing up in Spain at the moment. Do you have some bands you like ?

Carlotta : Yes of course. In fact it always has existed in Spain. But now it’s being more known in the world. But, the Parrots has always been there, los Nastys too and Lois just came out too.

Ana : I don’t know why, I have this impression of that Madrid scene. There were 10 garage bands and that was it. We didn’t really think we could have our band because there were no new bands, only established ones. I mean, there were new bands but they weren’t playing around or, no one was writting stuff about them. But now, there are a few new !

Is it more difficult to be known when you’re from Spain ?

Carlotta : Of course, now we are much more used to it. But when we started, just the fact of being from Madrid getting a review on NME or something like this… It’s fucking crazy for every Spanish people ! Like seriously ! And being from Madrid and playing in Glastonbury is …

Ana : It’s Spanish History !

How did you do it then ? Do you think being part of Burger Records played a role in this ?

Ana : No no, that was so late, it happened before that. Carlotta : It just worked out ! I mean it has been working as a chain of things. We got a gig in London, it was soldout and it was crazy. Everybody liked it. Then we picked a label. It is seriously a chain of things we worked on that worked out !

Ana : I think it was also because of another country culture. It wasn’t about being big in Spain and stuff. Other cultures just listen to music from wherever they want just because they like it. So the English world liked us and we kind of fitted what they liked.

Ade : I think we’ve been working more like an English band than a Spanish band. The way we work, the way we sound …

Do you have songs in Spanish in the album ? Ana : No we don’t. We have a cover from Los Nasties but it won’t be in Spanish, it will be a Japanese version !

Hinds album Leave Me Alone will be out January 8th through Mom + Pop / Lucky Number. Stay tuned !HINDS_1920X1200