Niall Galvin a.k.a Only Real fait partie de cette nouvelle génération d’artistes que l’on suit de près depuis leurs premiers pas. Et c’est peu de dire que beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis ses tous premiers singles. Malgré son jeune âge et son air je-m’en-foutiste, le Londonien sait ce qu’il fait et où il va. La preuve en dix questions, à lire absolument avant de le retrouver au Café De La Danse le 29 septembre.

Bon, on va commencer tout ça avec une question classique mais pas si facile que ça : comment décrirais-tu ta musique ?

Je dirais qu’elle est plutôt triste, sincère et mélancolique mais qu’il s’en dégage aussi une énorme touche ensoleillée, heureuse et optimiste. C’est un peu une combinaison des deux et je pense que ce mélange étrange vient de l’honnêteté avec laquelle j’essaie d’écrire. En tous cas, ce mélange, donne le genre de son de guitare que j’aime. Mais en gros, je dirais que je m’inspire beaucoup de ce que j’aime écouter, ce qui fait que je suis peut-être un peu déprimant musicalement parlant alors que pour mes textes, je suis plutôt joyeux… Mais bon, je change souvent d’avis sur le sujet!

Quel genre de compositeur es-tu ?

Normalement, je commence par la guitare, des accords, un riff que je commence à imaginer et puis je chante par dessus et à partir de là, c’est un peu difficile à dire, ça s’enchaine assez simplement en général. Ce qui est drôle c’est que sur mon premier album, tout comme sur tout ce que le public a pu entendre jusqu’ici, les paroles sont très denses, il y a beaucoup de mots, ce qui m’a demandé beaucoup de réflexion alors que maintenant, j’ai plus tendance à laisser tomber cet aspect rap pour chanter plus. C’est intéressant parce que, si ça ne me demande pas moins de réflexion, ça me vient beaucoup plus rapidement car il y a moins cet aspect « scientifique » de la rime etc., du coup les textes sont plus sincères… Et je trouve que c’est un changement très intéressant pour moi, je commence à bien me familiariser avec ça.

Est-ce que le fait d’être proche d’autres jeunes artistes tels que Childhood, par exemple, a une influence quelconque sur la façon dont tu travailles ?

Eh bien… Je ne sais pas trop… En effet, Childhood sont mes meilleurs amis et c’est vrai qu’en tant qu’artiste solo, quand je commence à travailler sur un titre, je peux me retrouver à bloquer à la moitié de la chanson et solliciter l’avis de proches pour m’aider à avancer. Et il se trouve que comme nous sommes très amis, ce sont souvent les personnes que j’appelle dans ce cas-là. Donc d’une certaine manière, oui, cela m’influence mais disons que le fait qu’ils jouent également dans un groupe est plus une coïncidence qu’autre chose.  Au final, en dehors de ça, je dirais que je fais plutôt mon truc de mon côté.

Les majors, ce n’est pas pour moi. Ce que j’entends par là c’est que je suis extrêmement reconnaissant d’avoir pu faire tout ça grâce à eux, tout le monde a été adorable avec moi mais d’un point de vue business, c’était vraiment la pire décision que je pouvais prendre […]

Tes premiers EPs et singles sont sortis sur des labels indépendants… Pourquoi t’être tourné vers une major (EMI pour Universal Music. NDLR) pour ton album ?

Eh bien disons qu’à l’époque, ça me semblait être la bonne décision. Ils étaient en mesure de me payer le voyage pour aller enregistrer dans les conditions que je voulais à Atlanta avec Ben (H. Allen, NDLR), ce qui représentait une énorme avancée pour moi. Voilà, simplement, ça me semblait être la bonne décision à l’époque. Mais bon… Cette « relation » est désormais terminée… Les majors, ce n’est pas pour moi. Ce que j’entends par là c’est que je suis extrêmement reconnaissant d’avoir pu faire tout ça grâce à eux, tout le monde a été adorable avec moi mais d’un point de vue business, c’était vraiment la pire décision que je pouvais prendre. Donc, en gros, j’ai un peu pris l’argent et ai fui… Je ne sais pas si je devrais dire ça mais c’est la vérité (rires).

On retrouve certains de tes premiers morceaux sur ton album. Comment s’est opérée la sélection ?

En fait, ces morceaux étaient simplement des morceaux fondateurs pour moi. En effet, les fans de la première heure connaissent tous ces morceaux mais on sait tous comment ça se passe: à moins d’être vraiment à fond, dans dix ans, personne ne se souviendra de ce que j’ai sorti avant mon premier album. Comme tout le monde, quand je découvre un groupe, je vais écouter leur premier album ou regarder leur Top Morceaux sur Spotify. Du coup, ma démarche a été de me dire « ok, ces chansons sont le fondement de ma musique, je veux qu’elles soient sur ce qui sera la première page de mon histoire ». C’est aussi simple que ça.

Tu as beaucoup tourné depuis la sortie de Jerk At The End Of The Line, du coup, ta vision de ces morceaux a du évoluer.

Eh bien c’est vrai que techniquement, sur les intonations, la façon dont je chante ou dis les mots, les changements ont été énormes. Parce qu’à force de jouer les morceaux, tu apprends à respirer aux bons endroits, par exemple. Mais ça concerne principalement ce type d’aspects chiants (rires) parce qu’en ce qui concerne le fond, depuis le début, je sais ce que je veux dire et comment je veux le dire.

Quand tu joues à l’étranger, ton ressenti est-il différent ?

En France particulièrement, oui. Quand je viens ici, les gens sont vraiment à fond et ça fait extrêmement plaisir. Mais dans le reste de l’Europe aussi! On est tellement mieux traité en Europe qu’au Royaume-Uni, les riders sont mieux, on a plus à boire, plus d’argent aussi (rires) et surtout, les gens sont beaucoup plus concernés, plus honnêtes aussi. Non pas que je veuille insulter l’Angleterre, j’adore l’Angleterre, vraiment! C’est juste différent ici…

Plusieurs programmateurs de salles et de festivals en France ont montré un intérêt certain pour toi depuis tes débuts. Il semblerait que tu sois vraiment apprécié ici: est-ce quelque chose que tu a pu vivre dans d’autres pays ?

Oui, j’ai vraiment ce sentiment aussi… Et oui, en Russie! Les Russes étaient fous, je n’avais jamais vu ça. Mais j’ai une relation particulière avec la France. Si je dois tourner quelque part, ce sera toujours en France que je préfèrerai aller. Ce que je veux dire c’est que, par exemple, Londres est super mais dès que tu cherches à bouger, c’est extrêmement difficile. Il faut vraiment être gros pour réussir en Angleterre. C’est plus facile ici et puis on aime voyager à travers la France, avec le groupe.

Tu es plutôt jeune, tu as toute la vie et ta carrière devant toi: où t’imagines-tu dans cinq ans ?

A la tête de la boîte! (Rires) Dans cinq ans… Je pense que d’ici-là, j’aurai écrit un autre album, je vais me lancer dans d’autres projets aussi, faire de la musique sous un autre nom – j’ai déjà commencé à le faire, d’ailleurs. J’ai fait des choses en dehors d’Only Real, eu quelques échos sur des blogs etc. Mais vraiment, j’ai juste envie de faire de la musique, voir ce qu’il se passe, peut-être diriger un label… Mais j’aime beaucoup de choses très différentes… Je ne sais pas où je serai en fait, je prends vraiment les choses au jour le jour pour le moment. Je suis arrivé à ce moment de ma vie, à l’aboutissement de ce projet – mon premier album – qui était mon objectif, ce pour quoi je pensais être né et maintenant que je suis là, je me laisse flotter, en quelque sorte, et tant que je serai créatif et heureux, je continuerai à faire ça.

Quels artistes recommanderais-tu à nos lecteurs ?

Ex Hex, je les adore. OKAY-KAYA, Hinds aussi. Et puis j’écoute aussi Whitney, je ne sais pas si tu les connais, ce sont des anciens membres de Smith Westerns qui ont formé ce groupe. C’est incroyable, je vous les recommande vraiment.

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