En ayant pour credo de « vivre avec son temps » Shadazz s’articule au gré de constants aller-retour entre passé et présent, entre différents styles musicaux pour ne jamais se figer, s’enliser dans une seule et unique vérité musicale qui n’existe tout simplement pas… Et c’est précisément ce qu’on a trouvé dans la musique de Grand Blanc. Cette volonté d’être en mouvement perpétuel, de ne jamais s’immobiliser et surtout de casser les idées reçues et les barrières de la musique actuelle pour réinventer, à sa manière, un style poignant aux nombreuses références et influences.

Là où JD Beauvallet a entendu du Joy Division, du Bashung ou encore du Léo Ferré, nous, nous avons trouvé l’héritage d’un Suicide post-moderne, sous perfusion de Taxi Girl, braillant à sa manière l’hymne d’une nouvelle génération, « Samedi La Nuit ». Des artistes que les membres de Grand Blanc ne cachent pas avoir écouté et même décortiqué les moindres morceaux lors de leur jeunesse passée dans l’Est français, à Metz. Entre virées en voiture, match de foot et ivresse dans les bars de la ville, Grand Blanc assimile petit à petit les symboles et les éléments qui définiront plus tard son univers sonore et esthétique.

Le noir et l’obscurité d’abord. Car même si son nom nous donne à penser le contraire, la musique de Grand Blanc est enveloppée d’un voile sombre qui en fait toute sa force, parfois déchirée par les cris et le chant de Benoît. Puis il y a la contestation. Ce refus de ne pas formater leur son et leur vie,  de déclamer cette révolte, parfois avec mélancolie, parfois avec rage. Enfin, l’authenticité. Là ou certains se sont fourvoyés et travestis, Grand Blanc préserve son essence et son feu créatif. Pas de chants minaudants, de synthés rétro et de gimmick aguicheurs; le groupe cherche l’explosion, la puissance musicale. Une attitude qui, d’une certaine manière, rappelle celle de La Femme à ses débuts, celle qui est parvenue à conquérir une grande part de la scène musicale française, sans jamais vaciller.

Avec « Samedi La Nuit », Grand Blanc semble avoir trouver son style. Là où il était encore fragile et suggéré sur leur précédent EP, Devant Nous, ce nouveau titre le fait exploser au grand jour, pour le plaisir de tout fan de Cold Wave et de Rock minimaliste dans la lignée de Suicide. L’alliance synthés compressés, triturations électroniques et chants saccadés côtoie alors une certaine idée de la Beauté obscure. Signé sur l’excellent label Les Disques Entreprise Grand Blanc si sombre mais lumineux, éclaire enfin cette scène française revival 80’s dont on a tant entendu parlé…