Ce n’est clairement pas l’article le plus facile à écrire mais c’est très surement un de ceux qui font le plus grand bien. Vendredi soir le temps s’est suspendu, la musique s’est arrêtée et tous les sourires ont disparu. Il n’y avait pas juste de l’inquiétude, oh non, il y avait de l’abasourdissement, de l’incompréhension, de la colère mais aussi une envie, irrémédiable, d’être avec ses proches, d’être avec les gens que l’on aime. Quatre jours plus tard au fond tous ces sentiments n’ont pas changé, comme si le temps se faisait un malin plaisir à ne pas suivre son cours, comme si le temps s’était décidé à ne jamais reprendre.

Des mots sont passés, beaucoup de mots, beaucoup d’images aussi. Ça a fait du bien, souvent mais ça nous a laissé avec beaucoup de questions aussi. Il suffit de tourner la tête à gauche pour recevoir l’ordre de ne rien changer, de continuer comme avant puis de la tourner à droite pour apercevoir le recueillement silencieux, ceux pour qui il est encore trop tôt.

Un peu perdu mais surtout encore trop embrouillé pour en parler sereinement et intelligiblement, on s’est raccroché à quelque chose qui a continué à nous emplir de bonheur, à nous faire vivre et même à nous décrocher un sourire durant ce long week-end, à nous rappeler comment c’était juste avant et surtout comment l’on souhaite que ce soit juste après. Alors c’est avec une pensée, forte, émue, énorme pour l’ensemble des personnes qui sont tombées vendredi soir, leurs proches et leurs familles qu’on a remis les enceintes pour danser, fredonner, gueuler et sourire sur le dernier EP de Los Porcos.

Parce que oui, l’alliance « londo-mancunienne » vient de sortir un EP sur un de nos labels favoris, Cracki Records, et c’est une de ces sorties que l’on chérit et que l’on se repasse calmement en boucle. Cinq titres qui au fond, pour ceux qui suivent les aventures de ce projet depuis de longs mois, n’annoncent rien de complétement nouveau sous le soleil (bien que parfaitement retravaillés ils avaient déjà été partagé par la formation sur les deux dernières années) mais rappellent avec simplicité et sincérité les qualités d’écriture et la fraicheur de ces sept anglais qui poussent l’indépendance artistique dans ses retranchements les plus agréables.

C’était, comme beaucoup, quelques semaines avant le Midi Festival 2013 que nous avions découvert « Do You Wanna Live », tube absolu (d’ailleurs nommé cette année là par nos soins « single de l’année ») que l’on croyait, un peu à tort, directement construit sur les cendres de WU LYF. Une prestation live plus tard, en plein après-midi et ponctuée par une communion autour d’un drapeau de l’Olympique de Marseille, nous étions définitivement tombés dans l’escarcelle de la New Pork City. On guettait alors la sortie du moindre morceau qui de « Disco Gangster » à la somptueuse ballade romantique « Member » ne nous décevait jamais. Et puis l’explosion du collectif sous divers projets (FAMY, Ménage à Trois, Francis Lung ou encore Dream Lovers) nous permettait de comprendre et apprécier petit à petit les divers enchevêtrements d’une bande d’heureux branleurs qui tapait juste à chaque fois.

Los Porcos 4

Et puis, et puis le temps s’est allongé entre chaque sortie, les différents projets parallèles ont abouti sur des EP, des LP et Los Porcos sont eux restés en retrait, s’amusant à publier des photos de cochons, des montages aussi juvéniles qu’hilares et des produits dérivés inutilement indispensables. Jusqu’à ce que Cracki Records y penche le bout de son nez.

À dire vrai, on ne pouvait espérer meilleur label pour sortir quelque chose de cette porcherie tant le travaille de cette structuro franco-danoise laisse de la place aux projets singuliers et à la vision initiale de l’artiste. Voilà donc que Porco Mio est sorti, en digital uniquement pour le moment, et que nous avons pu plonger une nouvelle fois, les yeux fermés, dans une musique singulière et heureuse.


Écouter la mixtape que Los Porcos nous avait concocté il y a un an :


D’une introduction instrumentale « Porc Noise Complaint » à l’explosion, en ces temps évocatrice, « Do You Wanna Live » Los Porcos nous prend par la main et nous fait sourire le plus simplement du monde : grâce à une musique innocente et sacrément cool. Petit sommet de cet EP (on ne compte plus « Do You Wanna Live » tant il nous accompagne depuis 2 ans déjà), le troisième titre « Jone’s Disco » fait partie de ces tubes que l’on gueule dès la première écoute.

Alors maintenant, si l’on a plus qu’à espérer que ces Porcos se retrouvent un peu plus souvent ensemble pour composer et tourner (le groupe fonctionne comme un cocon à participation libre dans lequel chaque membre peut seul ou à plusieurs enregistrer et partager ses compositions) on est surtout heureux de voir de tels projets fonctionner et accoucher de temps à autre d’imparables et d’inclassables tubes.

LONGUE VIE À LA NEW PORK CITY LES AMIS.


EP en écoute en intégralité ci-dessous :

L’EP Porco Mio s’achète par ici.

New Pork City se découvre par là.


losporcos