Perchée sur les hauteurs de Hyères, la Villa Noailles, véritable oeuvre d’art habitable accueillera, les 24 et 25 juillet l’édition d’été 2015 du Midi Festival. C’est donc l’occasion rêvée de vous parler un peu de ce lieu à la fois unique et mythique de par son histoire et ses liens avec les arts.

La Villa

C’est en 1923 que l’architecte Robert Mallet-Stevens (dit « Rob« ) dessine puis fait construire cette batisse de style moderne sur un terrain de 1800m2 pour Charles et Marie-Laure de Noailles, alors jeunes mariés. Les principes architecturaux derrière ce projets sont rationnalistes ce qui explique les formes épurées de la Villa et tous ses aspects fonctionnels. Bien qu’elle soit habitée dès 1925, la villa sera en travaux jusqu’en 1933, permettant la création de son parvis ou encore des immenses jardins qui l’entourent.

Malheureusement, comme beaucoup de demeures expérimentales construites au début du XXe siècle, la villa, peu habitée en dehors des vacances de Marie-Laure de Noailles, commence à souffrir face aux intempéries et à la simple épreuve du temps, si bien qu’au décès de sa propriétaire, en 1970, elle a déjà perdu beaucoup de son aspect initial. Ses héritiers parviennent cependant à convaincre la ville de Hyères de racheter le domaine en 1973 et celui-ci est inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments nationaux au 1975.

Cependant, il faudra attendre 1989 pour que de réels travaux de rénovation soient enfin entrepris et que la villa prenne petit à petit l’aspect qu’elle a aujourd’hui.

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Un écrin idéal pour la création

Si les de Noailles ont fait appel à Rob pour construire la villa, ce n’est pas un hasard. Passionné d’art, de modernité mais aussi d’horticulture (Charles de Noailles fut même président de la Société Horticole de France), le couple va se servir de ce cadre pour mettre en avant ceux en qui ils croient. Et pas des moindres puisque l’on compte, entre autres, Giacometti, Dali, Poulenc ou encore Cocteau parmi leurs « poulains ». Les oeuvres d’art qui habillaient le lieu ayant été réparties entre les héritiers de Noailles à la mort de Marie-Laure, les seules traces de cette époque de mécénat actif qui subsistent – en dehors du bâtiment et des jardins – sont les trois films tournés à la villa: Les Mystères du Château Du Dé de Man Ray, Le Sang d’Un Poète de Cocteau et l’Âge d’Or de Bunuel et Dali.

Mais si certains d’entre vous connaissent la Villa Noailles, c’est probablement grâce à son rôle plus récent dans les arts. En effet, suite aux travaux de rénovations entrepris à la fin des années 80, la ville qui a racheté les lieux va y faire organiser ponctuellement des expositions jusqu’à ce qu’elle missionne, en 1996, l’Association du Festival International des Arts de la Mode d’Hyères pour prendre en charge la programmation du lieu. D’une part, le festival est désormais connu pour investir les lieux lors de son concours annuel de mode et de photographie qui voit « s’affronter » dix espoirs de chacun des deux domaines et, d’autre part l’association aide de jeunes artistes dans le développement de leurs projets et ce, notamment, depuis 2007, en les accueillant en résidence au sein de la villa.

La Villa et le Midi Festival

C’est en 2006 que la ville de Hyères propose à Frédéric Landini et ses équipes de venir installer le Midi Festival dans l’écrin de la Villa Noailles. C’est la deuxième édition du festival et ce n’est que le début d’une longue et belle histoire avec ce lieu.

Mais l’histoire probablement la plus emblématique liant le festival à la Villa Noailles (est-il encore besoin de le rappeler?) c’est celle de Christopher Owens. C’est justement en 2006 qu’il vient sur le site pour la première fois, en tant que batteur de Holy Shit, groupe formé avec Ariel Pink. Puis il reviendra en 2008 avec Girls. Et puis il reviendra encore… Et encore.

Et ce, notamment pour présenter son premier album solo Lysandre. Qui n’est autre qu’un LP-hommage à son amour pour une Française du même nom rencontrée lors d’un de ses passages à la Villa Noailles et composé à Hyères.

Malgré un essor qui le fera goûter à des lieux tels que l’hyppodrome de Hyères, le festival reste toujours fidèle et ancré à la Villa Noailles, devenus totalement indissociables l’un de l’autre. Et il faut dire que cette association ne pourrait être plus parfaite: le rafinement, l’avant-gardisme, le partage intimiste sont des qualités partagées par la manifestation et le lieu. Participer au Midi Festival, c’est ainsi se sentir un peu comme des héritiers de Charles et Marie-Laure de Noailles, avoir une curiosité et un amour profonds pour la musique ainsi qu’une volonté de se retrouver au plus près des artistes et des autres festivaliers.

Et si vous partagez vous aussi tous ces désirs-là, on espère vivement vous croiser à la Villa Noailles les 24 et 25 juillet prochains.

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