Il y a quelques jours sortait Australia Part II, nouvelle production en court format du quatuor romantique Ménage à Trois. Sorti une fois encore sur l’écurie Cracki Records, et relativement peu de temps après l’Australia Part I, ce nouvel EP fait emprunter aux mancuniens aquatiques de nouveaux chemins qui ouvrent des horizons solaires moins hermétiques mais tout aussi probes et authentiques. L’occasion de se repencher sur un groupe à la démarche aussi unique qu’insaisissable et de questionner Joseph, membre du groupe, sur cette évolution.

Australia Part I nous avait laissé il y a quelques mois enivré d’un étrange sentiment oscillant entre l’admiration et l’inquiétude. L’admiration du choix minimaliste d’une pop aux accents rnb ne ressemblant de près à rien de ce à quoi nous étions habitué et l’inquiétude de ne pas retrouver directement le groove humide d’une première mixtape balancée sur bandcamp à l’arrache et sous la forme d’un album déguisé quelques mois auparavant. Pourtant, en prenant le partie d’affiner au plus près son identité romantico-océanique à travers des rythmiques lancinantes et un down-tempo mélancolique Ménage à Trois préparait le terrain en sous-marin d’une véritable suite à cet effort singulier. Accompagné d’un label et d’une équipe de qualité qui plutôt que de se presser à chercher un single se garde le temps de comprendre ses artistes, le groupe a fait évoluer tout doucement sa musique pour finalement dévoiler un nouveau 5-titres au rayonnement sincère.

Lorsque l’on questionne Joseph sur ce deuxième EP, la continuité de la démarche transparait comme l’élément essentiel du processus créatif du groupe : « l’enregistrement de ce second EP s’est déroulé globalement comme celui d’Australia Part I. Nous avons enregistré l’intégralité des morceaux directement sur mon ordinateur. » Pas si étonnant alors de ressentir à l’écoute de cette Part II la sensation d’un premier aboutissement pour un groupe dont la fragilité et l’émotivité transpirent même par mp3. Le travail de mixage a pourtant lui était modifié et laissé cette-fois si entre de nouvelles mains : « j’aime beaucoup la façon dont Alain, du Studio 33 Rec à traiter le 4ème morceau de l’EP « Monument ». ». Un studio qui a déjà vu passer entre ses mais Isaac Delusion ou encore l’Impératrice. De là à desceller la touche Cracki il n’y a qu’un peu que nous sautons allégrement.

ménage à trois

Enfin, en prenant le temps de se pencher individuellement sur chaque morceau, cet Australia Part II nous transporte par le groove familier de « Bobby’s Prism » mais surtout par les nappes atmosphérique qui viennent mettre magnifiquement en relief les parties vocales sur « Monument» et « Be Right Back ». Ce dernier s’accapare d’ailleurs à la fois le rôle du membre imprévu et de la douce surprise : « Initialement un autre dernier morceau était prévu. Il n’a pas pu sortir pour des questions de problèmes hasardeux de droits d’auteur. « Be Right Back » est un morceau qui sortait un peu de nul part. Nous l’avions joué au Midi Festival et les retours avaient été excellents. On s’est dit que ça serait du coup notre nouvelle last track. Et puis le titre est un joli clin d’œil pour la suite ».

Une suite qui jouera cette-fois sur le terrain du long format et qu’on est déjà impatient d’écouter tant Ménage à Trois nous plonge de morceaux en morceaux dans les affres d’un songe aquatique aussi surprenant qu’agréable.

 


MACKI FESTIVAL

Pour information : le groupe se produira le Samedi 26 novembre à Paris dans le cadre du Macki Festival. Évènement organisé par les collectifs Cracki et La Mamie’s et conviant également Syracuse, Silk Rhodes ou encore Floating Points.

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