Cloud-Nothings-coverNote : note_shadazz_4

Label: Ghost Ramp
Date de sortie : 29 juin 2015


Cela faisait des mois que le bruit courrait: un album collaboratif entre Wavves et Cloud Nothings? On n’osait plus y croire. Et puis un jour qu’on étouffait sous le poids de la canicule, assommés et à moitié endormis devant nos ordinateurs, ils sont venus nous donner une petite tape sur l’épaule virtuelle, ou plutôt un grand coup de poing dans l’estomac.

C’est en mars 2014 que les leaders des deux groupes, Dylan Baldi (Cloud Nothings) et Nathan Williams (Wavves) ont décidé de sauter le pas et d’enregistrer, dans la maison du dernier, un album entièrement écrit à quatre mains (à l’exception du titre « Such A Drag » qui est le fruit de Williams seul et du très beau « Nothing Hurts«  écrit par Baldi).

Mais si cet album se veut une collaboration, on retrouve quand même plus de Williams que de Baldi dedans et ce, à bien des niveaux. Que ce soit pour la production assurée par son frère Joël et lui-même sous leur pseudo Sweet Valley (Joël qui a également été appelé en renfort pour jouer du synthé sur plusieurs titres), ou encore lorsqu’il a fallu embaucher un batteur et que le choix s’est porté sur Brian Hill, le batteur de Wavves, et enfin parce que le tout a été enregistré chez Nathan Williams, à Los Angeles, avant de sortir sur son propre label Ghost Ramp. Malgré tout, les deux complices ont réussi à commettre le crime parfait en faisant en sorte que cet album sonne à la fois comme un mélange de leurs groupes respectifs mais aussi comme un projet tout à fait différent. Si on retrouve toujours un peu de la nervosité et de la gravité pop-punk de l’un et du surf-punk plus ensoleillé de l’autre, difficile de mettre le doigt sur quoi que ce soit qui rappelle entièrement l’un ou l’autre des deux groupes.

Et puis là où Content Nausea était ouvertement un album dédié à New-York, No Life For Me pourrait peut-être être vu comme un album-ode à la Sud-Californie dont est originaire Williams

Côté format, difficile de ne pas penser au Content Nausea livré par les Parkay Quarts (alias Parquet Courts) l’hiver dernier. En effet, avec ses 9 titres pour 21 minutes de musique seulement, No Life For Me se situe à la frontière des formats EP et LP, format batard revendiqué ouvertement par les New-Yorkais pour leur Content Nausea. Le fait que cet album sorte sous le nom des deux groupes alors qu’il ne s’agit de l’oeuvre que d’une partie des membres de chacun d’entre eux s’entourant par ailleurs de membres extérieurs (car nous avons oublié de citer la présence de Rostam Batmanglij (Vampire Weekend) sur No Life For Me) ne fait que renforcer ce sentiment de ressemblance. Et puis là où Content Nausea était ouvertement un album dédié à New-York, No Life For Me pourrait peut-être être vu comme un album-ode à la Sud-Californie dont est originaire Williams. Mais nous leur prêterions alors peut-être des intentions trop poussées.

Quoi qu’il en soit, cet album a beau être court, vous y trouverez l’essentiel d’une collaboration très réussie, avec ses tubes pop-punk (How’s It Gonna Go, Hard To Find et No Life For Me), ses tubes pop-tout-court (comme Come Down qui ne vous sortira pas de la tête avant la fin de l’année), ses complaintes (Nervous, Such A Drag et Nothing Hurts) et même deux instrumentaux, le très bon Untitled I et le moins bon Untitled II. Alors si vous cherchiez la bande son de vos vacances, faites-nous confiance, vous aller aimer frapper le bitume vers les plages la fenêtre ouverte en écoutant celui-ci.