Il y a un an et demi nous chantions les louanges d’un quatuor baptisé Viet Cong et de son premier album éponyme. Sa réappropriation du post-punk, ses guitares tranchantes comme des lames de rasoir, ses éclairs de lumières mélodiques, ce disque fut pour beaucoup une oeuvre incontournable de l’année 2015. Viet Cong dégageait une profonde noirceur, stridente et abrasive jusque dans l’irrévérence de son nom. Si l’album trouva son public, l’appellation du groupe fut remise en cause par grand nombre de détracteurs, et, après une tournée au quatre coins de la planète, le combo prit la difficile décision d’en changer. Raison invoquée : une dimension chargée d’histoire, trop lourde à assumer. Dans un communiqué publié l’année dernière, la formation s’explique : « Nous ne sommes pas ici pour engendrer de la peine et rappeler aux gens les atrocités du passé ».

Exit Viet Cong, bonjour Preocuppations, nouveau blaze toujours un peu torturé, on ne se refait pas. Si le nom change l’identité initiale du projet reste palpable dans l’intention des morceaux. Une démarche toujours progressive qui cette fois emprunte plus à la cold wave qu’au post-punk. Pour preuve, sur bon nombre de titres, les guitares se font la malle pour laisser place aux synthés glaçants. On citera les notes tourmentées d’ « Anxiety » et de « Degraded » avant de bloquer sur les onze minutes de « Memory » le titre « péplum » de l’album, seul « Stimulation » ravivera les cendres du premier opus. Moins directe à bien des égards que son précédent disque, la formation se réinvente pour le meilleur et impose sa propre atmosphère, sa propre esthétique. Aussi chaleureuse qu’un bunker soviétique.


Date de sortie : 16 septembre 2016 sur Jagjaguwar / En écoute sur : ci-dessus