4AD

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Nouveau single : Future Islands • Cave

Le 7 avril prochain, Future Islands s’apprête à sortir The Far Field, son nouvel album sur 4AD. Après l’excellent « Ran », le groupe partage un second extrait avec un « Cave » tortueux et nerveux. La formule reste grosso-modo la même mais pour le moment, on ne s’en lasse toujours pas.

Deerhunter Fading Frontier

Deerhunter • Fading Frontier


deerhunter-fading-frontier-600x600Note : note_shadazz_5

Label : 4AD
Date de sortie : 12 octobre 2015

 


Bien des journalistes ont essayé d’appréhender Bradford Cox, de n’expliquer le tourbillon Deerhunter que par l’existence chaotique et la personnalité abrasive de son leader iconique. La rengaine semble s’appliquer à chaque disque. Fading Frontier, sixième album de la formation d’Atlanta n’échappe pas à la règle. « Lumineux, solaire, positif », pour beaucoup le disque représente cette fois ci le bien être retrouvé (ou du moins trouvé) de Cox. Tout doit toujours s’expliquer, se comprendre. De son côté, l’intéressé clame à qui veut l’entendre que ni ses paroles, ni sa musique n’ont une origine définie.  Tantôt conciliant et ouvert, tantôt imbuvable et colérique, l’homme mène tranquillement son monde. Un effet symptomatique chez Deerhunter. L’attitude subversive de son « frontman» prend bien souvent le pas sur l’œuvre monumentale du quatuor. Car Deerhunter s’avère bien l’une des formations indépendantes les plus fascinantes de ces dix dernières années.  Depuis sa création le groupe a su asseoir une esthétique a part entière, alliant pop, noise, shoegaze,  bâtie sur trois albums fondateurs : le psyché Microcastle en 2008, le dream-pop Halcyon Digest en 2010 et l’épileptique Monomania en 2013. Le tout en gardant une réelle unité. D’autres s’y sont perdus.

Outre la personnalité inflammable de Bradford Cox, la formation porte en son sein un autre élément d’exception en la personne de Lockett Pundt. Beau gosse, discret, l’homme incarne à bien des égards l’anti Cox. Amis depuis l’enfance, les deux géorgiens ont su développer une réelle alchimie dans la composition. C’est précisément dans cette dualité que réside l’essence de la formation : un projet mené de front par deux songwritters singuliers, évoluant à la fois en autarcie et en symbiose. Sur Fading Frontier, il semblerait que la deuxième option soit privilégiée. En témoigne le refrain « shinsièsque » de « Breaker », l’un des premiers single de l’album où pour la toute première fois les deux hommes unissent leurs voix.

Pour sa part, le disque révèle une atmosphère plus douce, moins torturée. Adieu, larsens et distorsions envoutantes, bonjour mélodies feutrées. Si «  All the same » titre d’ouverture relève de l’apparat Deerhunter classique, Fading Frontier révèle quelques jolies échappés : l’aérien « Ad Astra », le funky « Snakeskin », et les nappes synthétiques de « Take Care »  témoignent d’une volonté de renouveau. Un objectif permanent depuis les prémices de la formation, ou chaque album prend à contre pied son prédécesseur.  Se réinventer, sans cesse. Fading Frontier prend le pli, avec brio. Au fond, comprendre Deerthunter ne peut se résumer à savoir si Bradford Cox est un connard fini ou un génie incompris. Appréhender Deerhunter c’est simplement accueillir une expérience sonore unique, imprévisible. Inclassable dans les bacs de la Fnac.