Bobbypin

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Bobbypin • ITW + EP PREMIERE

Bobbypin is the solo project of Alana Marta DeVito and one of the most interesting pop music we have discovered this year. Yesterday in Montréal, currently in Berlin and tomorrow elsewhere, Alana just gave birth to 6 tracks full of melancholy, groove and sincerity. And it just made us want to know more about her life, her inspirations and her creative process. While learning more about the artist, make sure you listen to Sketches from a Terrace, her very first solo EP she is releasing here on Shadazz today.


For purchase : bobbypinmusic.bandcamp.com


Can you tell us more about your artistic background and how you came to this very first solo EP? 

Interview by Laura Rosa & Romain Ramos

Derrière Bobbypin, un des projets pop les plus confidentiels et intéressants de 2016, se cache Alana Marta DeVito. Hier sur Montréal, aujourd’hui à Berlin et demain très surement ailleurs, Alana vient de donner vie à un 6 titres mélancoliques, dansants, parfois chancelants mais toujours sincères. De quoi nous donner envie d’en savoir plus sur sa vie, ses inspirations et son processus créatif. Elle nous offre également en écoute intégrale Sketches from a Terrace, son premier EP.


Disponible à l’achat : bobbypinmusic.bandcamp.com


Peux-tu nous parler un peu de toi, de ton parcours et de comment tu en es arrivée à ce premier EP ?

Enfant, j’ai d’abord commencé par faire du dessin et de la peinture. J’adorais ça, mais je ne pense pas que ce soit là dedans que je suis la plus douée. J’en ai tout de même gardé un vrai intérêt pour travailler et créer des choses avec mes mains.

Le tout premier groupe dans lequel j’ai joué s’appelait Glorystroke, c’était durant le lycée. On a partagé la scène avec des groupes comme Silverstein ou encore Alexisonfire. Ce n’était pas forcément mon genre de musique préféré mais j’avais vraiment envie de jouer dans un groupe. En fait, le chanteur de Glorystroke m’a proposé de jouer avec eux après m’avoir entendu gueuler sur le fait qu’aucun mec ne voulait me laisser jouer dans un groupe. Cette expérience m’a permis de jouer en live pour la première fois et c’est quelque chose qui m’a rapidement plu même si je n’étais pas encore tout à fait au point.

C’est plus tard, à Toronto lorsque j’étais à l’université que j’ai réellement monté mon propre groupe avec ma meilleure amie Alex Mackenzie. Elle joue maintenant dans un band qui s’appelle Petra Glynt. On s’est rencontrés dans un bar, on devait avoir entre 20 et 21 ans. J’ai tout de suite accroché avec elle. Elle a une énergie unique et elle est vraiment talentueuse. Jen au chant et Norelle à la basse nous ont ensuite rejoins et on a formé Machetes. C’était un groupe 100% punk/post-punk et donc aussi 100% féminin. On sonnait un peu entre les Stooges et Siouxsie Sioux and the banshees, plutôt sauvage sur scène du coup. Au bout d’une année environ on a eu Roger O’Donnell au management. C’est quand même le claviériste de The Cure. Ça nous a permis d’aller enregistrer notre premier album en Angleterre et de partir en tournée. S’en est suivi un joyeux bordel puis le groupe s’est splité.

Les années suivantes j’ai vraiment vadrouiller à jouer à gauche et à droite, pour des groupes qui avaient besoin de quelqu’un, jusqu’à ce que Laura Herminston m’approche pour rejoindre officiellement son groupe ; les BB Guns. C’était vraiment un chouette groupe dans lequel jouer. On sonnait un peu comme les groupes de filles des 60s mais en plus garage. On mettait de jolies petits habits et on faisait ensuite n’importe quoi, parfois même un peu trop. On a surtout joué à Toronto en première partie de pas mal de groupes cool : Dum Dum Girls; Bleached, Crocodiles, Jacuzzi Boys ou encore Shoned Knife.

Petit à petit, le groupe commençait un peu à s’étioler et j’étais vraiment angoissé. Je me demandais « merde, je vais faire quoi de ma vie maintenant ». Surtout qu’en même temps je sortais d’une longe relation et du coup tout s’enchaînait un peu trop rapidement. Pour échapper à tout ça en quelques sortes, je suis partie à Montréal. J’y ai retrouvé Alex qui venait juste de s’y installer. À force de traîner ensemble, une des ses amis m’a dit un jour que le groupe de sa meilleure pote cherchait quelqu’un pour jouer à la basse. Je me suis dit « pourquoi pas essayer » et j’ai lâché tout ce que j’avais à Toronto pour moi aussi m’installer à Montréal. C’est comme ça que j’ai fini par suivre TOPS pendant 1 an sur leur tournée Nord Amérique et Europe.

Au final, ça s’est également terminé et je me suis dit qu’il était peut être temps que je lance mon propre projet et que j’affronte mes peurs qui étaient essentiellement le fait de porter un projet à moi toute seule. J’avais déjà commencé à écrire quelques morceaux en tournée avec TOPS, et j’ai poursuivi ensuite chez moi. Je me suis quand même dit que pour finaliser tout ça j’avais besoin d’un peu de changement, d’inspiration et je suis donc partie à Berlin. J’y ai installé une sorte de petit studio dans ma chambre et j’ai passé une année entière à apprendre à enregistrer, produire et mixer mes propres compositions. Ça a donné l’EP que je viens tout juste de sortir (en écoute ci-dessus) : Sketches from a Terrace sur RiverGirls Records. En parallèle; je joue aussi de la guitare dans le groupe psych punk Peeling qui est signé sur Buzz Records (le même label que Diilly Dally et Weaves). On vient tout juste de terminer une tournée Nord Amérique en faisant notamment la première partie de Preoccupations et Duchess Says.

De quelle façon ton parcours a influencé ce premier EP et le son que tu cherches pour Bobbypin ?

Je dirais que mon intérêt pour la production sonore, la technicité de l’électronique, l’enregistrement et la musique électronique ont formé mon inspiration initiale pour la création de Bobbypin. Je jouais toujours plus de guitare dans des groupes de type plutôt rock mais j’ai toujours aimé la musique expérimentale pop électronique et je voulais explorer cela pour un changement.  Je pense que ça s’entend dans ma musique. Ce n’est pas tout à fait de la « vraie » musique électronique. Il y a un peu plus de structure et de forme dans le processus d’écriture de chansons. Je pense que ça s’entend quand quelqu’un vient plutôt du « rock ». C’est juste qu’il n’y a plus de guitare haha.

Dans ce projet tu t’occupes de tout : écriture, son, production. Tu peux nous expliquer en quelques mots ton processus de création ?

La chose la plus importante pour moi, surtout au début, était de faire abstraction des doutes et jugements. La raison pour laquelle je n’ai jamais fait de chansons solo ou moi-même pris les reines d’un groupe était par peur que des personnes haïssent ce que j’avais produit. Il était toujours plus sûr d’être la « main droite », le deuxième. Quand j’écris pour Bobbypin je ne pense pas à ça. J’assemble seule toutes les idées que j’ai dans une chanson, un peu comme ont fait une sculpture. Chaque fois que j’entends cette petite voix dans ma tête qui me juge je la repousse et je continue avec l’idée. À moins qu’elle ne fonctionne pas ou ne sonne pas bien évidemment. Mais je ne me laisse jamais emporté par la peur car cela pourrait toujours être une excellente idée… ou quelque chose de totalement ringard !

Tu peux nous en dire plus au sujet de « Blue Valentine », morceau de ton premier EP.

Blue Valentine est une chanson « mignonne » si l’on s’intéresse à ses paroles. Elle a été écrite à propos d’un de mes amis qui s’est fait mener en bateau par une fille qu’il aimait. Je l’ai écrit du point de vue de la fille lui courant autour. La musique a été composée sur une belle terrasse dans un appartement que je louais à Nîmes en France l’été dernier. Au début, j’avais enregistré les sons des cloches de l’église et des oiseaux dans le quartier et voulait l’ajouter au début et à la fin de la chanson. Je prévois de refaire la chanson un jour du coup je garde cette idée en tête pour plus tard.

Qui sont les artistes qui t’inspirent le plus ?

Comme ça, je pense à David Bowie, Siouxsie Sioux, Kraftwerk, Grimes, Blood Orange, Air, Roxy Music, Eurythmics, Strawberry Switchblade ou encore Massive Attack.

Comment décrirais tu ton style musical ?

Je dirais que c’est de la pop alternative, à la fois brumeuse et pleine d’éclat.

As tu une tournée de prévue ?

Je vais jouer quelques spectacles sur la côte ouest pendant que je suis là, tester mon live et travailler avec du nouveau matériel. Après cela, je veux mettre sur pied une bonne tournée.

Est-ce que tu es toujours en train d’écrire de nouveaux morceaux ?

Propos recueillis par Laura Rosa & Romain Ramos