Jagjaguwar

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Preocuppations • Preocuppations

Il y a un an et demi nous chantions les louanges d’un quatuor baptisé Viet Cong et de son premier album éponyme. Sa réappropriation du post-punk, ses guitares tranchantes comme des lames de rasoir, ses éclairs de lumières mélodiques, ce disque fut pour beaucoup une oeuvre incontournable de l’année 2015. Viet Cong dégageait une profonde noirceur, stridente et abrasive jusque dans l’irrévérence de son nom. Si l’album trouva son public, l’appellation du groupe fut remise en cause par grand nombre de détracteurs, et, après une tournée au quatre coins de la planète, le combo prit la difficile décision d’en changer. Raison invoquée : une dimension chargée d’histoire, trop lourde à assumer. Dans un communiqué publié l’année dernière, la formation s’explique : « Nous ne sommes pas ici pour engendrer de la peine et rappeler aux gens les atrocités du passé ».

Exit Viet Cong, bonjour Preocuppations, nouveau blaze toujours un peu torturé, on ne se refait pas. Si le nom change l’identité initiale du projet reste palpable dans l’intention des morceaux. Une démarche toujours progressive qui cette fois emprunte plus à la cold wave qu’au post-punk. Pour preuve, sur bon nombre de titres, les guitares se font la malle pour laisser place aux synthés glaçants. On citera les notes tourmentées d’ « Anxiety » et de « Degraded » avant de bloquer sur les onze minutes de « Memory » le titre « péplum » de l’album, seul « Stimulation » ravivera les cendres du premier opus. Moins directe à bien des égards que son précédent disque, la formation se réinvente pour le meilleur et impose sa propre atmosphère, sa propre esthétique. Aussi chaleureuse qu’un bunker soviétique.


Date de sortie : 16 septembre 2016 sur Jagjaguwar / En écoute sur : ci-dessus


 

27 | Viet Cong

27 | La déflagration Viet Cong

Ils faisaient partis de nos « Paris 2015 » et c’est donc avec une petite fierté au fond du coeur que nous les retrouvons dans ce very best of de fin d’année. Malgré une polémique relativement inutile sur leur nom de groupe, l’année 2015 aura permis à la sphère indé de découvrir la puissance et l’intelligence de la musique de ces canadiens supportés par Jagjaguwar. Un album court, direct et intense sorti en tout début d’année et qui, presque 12 mois plus tard, continue de faire l’unanimité.


Viet Cong Band
Note : note_shadazz_4
Label : Jagjaguwar
Date de sortie : 20 Janvier 2015


Brute et oppressante, la musique de Viet Cong n’est pas foncièrement facile d’accès. La formation est pour autant depuis quelques mois une des plus belles promesses du rock venu de l’autre côté de l’atlantique. Il faut dire que leur « Cassette » sortie sur le toujours excellent label Mexican Summer l’année dernière nous avait laissé augurer un sens aiguisé des mélodies incisives, des rythmes déstructurés et des guitares aiguisées comme des lames de rasoir.

C’est finalement tout ce que l’on retrouve dans cet album éponyme qui ne laisse aucune place au futile avec 7 titres savamment sélectionnés et placés dans un ordre aussi réfléchi que salvateur. Pour nous qui avons à la rédaction un faible pour la pop fine et racée l’exercice Viet Cong ne pouvait se faire en une seule écoute. C’est que l’introduction aux penchants techno à travers ce « Newspaper Spoons » ne laisse place à l’hésitation : Viet Cong ne viendra tenir la main à personne. Une prise de risque assumée et qui fait définitivement la force du groupe.

Là où le dernier Liars nous avait laissé sur le cul sans réellement nous impressionner (nous tairons leurs performances lives) Viet Cong jongle avec le grandiloquent et la violence pour délivrer des titres qui oscillent tour à tour entre le strident du « Venus In Furs » du Velvet et les puits de lumière qu’un clavier incroyablement bien utilisé vient nous foutre en pleine gueule. On pense directement au virage amorcé par les Horrors depuis leur deuxième – et génial – album. Pour autant, plus minimaliste et peut être tout simplement moins ambitieux, les canadiens viennent parfois emprunter des chemins sur lesquels les anglais au look Tim Burtonien ne se sont encore jamais égarés (et c’est bien dommage). Un titre nous vient ici directement à l’esprit, il s’agit de « March Of Progress », troisième morceau et sommet de cet album. Un titre qui se déroule, tout naturellement, sur une construction en 3 temps qui invoque les plus belles heures de Late Of The Pier, le bordel electronico-rock en moins.

Viet Cong propose ainsi un brûlot post-rock punk dans sa construction et terriblement moderne dans ses sonorités riches et incisives. On pourra éventuellement regretter tout au plus un manque de diversité qui s’explique autant par le format court de cet LP que par l’angle d’attaque choisi : direct et sans artifice. Enfin, nous n’avons plus qu’à féliciter Jagjaguwar pour avoir laissé se construire et sortir un tel album. Le label qui a notamment explosé avec Bon Iver et Unknown Mortal Orchestra ne nous avait pas forcément habitué à ce genre de sorties mais c’est un risque et un exercice passés avec brio.

Unknown Mortal Orchestra

Unknown Mortal Orchestra • Multi-Love


Multi Love - Unknown Mortal OrchestraNote : note_shadazz_35

Label : Jagjaguwar
Date de sortie : 26 mai 2015


Deux ans après le cultissime II, Ruban Nielson revient accompagné de Jake Portrait et Riley Geare avec un troisième album teinté de ces sonorités lo-fi et de ces mélodies entêtantes qui ont fait la force d’Unknown Mortal Orchestra au cours des 5 dernières années. Un album au nom évocateur – Multi-Love – qui s’annonce déjà comme l’une des sorties phares de ce milieu d’année et sur lequel UMO s’engage une fois de plus sur les voies inconnues que leur offre l’infini du répertoire Psych-Pop. Un style musical que Ruban Nielson maîtrise depuis les débuts d’UMO.

Nous sommes en 2010 et sur un Bandcamp encore inconnu « Ffunny Friends » est mise en ligne. On y découvre un morceau enregistré dans des conditions plutôt limitées mais faisant la part belle aux guitares lo-fi et sur lequel on entend une voix des plus étonnantes. Le titre agite la blogosphère qui voit dans « FFunny Friends » le futur hymne d’une nouvelle scène Indie alors en pleine éclosion, à la frontière du Psych et de la Pop. Quelques mois plus tard, Fat Possum sortira le premier album éponyme du groupe qui connaîtra rapidement un franc succès. Dans la foulée, UMO change de label, rejoint les rang de Jagjaguwar et nous livre II, un second album surprenant par la richesse de ses chansons. On ne s’attardera pas à vous rappeler à quel point nous avons pu écouter « So Good At Being In Troubles », « From The Sun » ou encore « Swim And Sleep (Like A Shark) ».

UMO devient alors un groupe à suivre et forge sa réputation par des prestations live des plus remarquables. Ruban, vêtu de son éternelle djellaba noire , se montre comme une Rock star introvertie dont le prolongement des bras n’est autre que sa Fender rouge. A ses côtés, Jake et Riley font la paire, l’un pour son jeu statique et l’autre pour sa dégaine de batteur de Hard Rock. Des concerts par centaines et une tournée qui les mènera aux quatre coins du monde. Le trio est inséparable, ne se quitte plus et découvre les complications liées à la vie en communauté.

Ruban quant à lui, étoffe son personnage, et devient alors un homme à tout faire, musicien – producteur – leader de groupe ; une sorte de Kevin Parker du lo-fi, dont on retiendra le nom pour la décennie à venir

Alors que II avait, selon Ruban, été écrit et composé face à la difficulté d’être seul et isolé, Multi-Love quant à lui puise son inspiration dans la complexité du vivre-ensemble. Vivre-ensemble avec les membres du groupe ? Tout simplement avec des gens ? Ou bien avec l’être aimé (car l’amour est un thème redondant dans l’univers d’UMO, la preuve avec le nom de cet album) ? On ne saurait vraiment dire ; au final c’est peut-être tout et rien à la fois, mais ces questions semblaient quand même perturber Ruban. A tel point qu’il décide de s’isoler dans le studio qu’il a aménagé dans la cave de sa maison à Portland (que l’on découvre sur l’artwork de Multi-Love) et de se concentrer sur sa musique et les prémices de ce troisième album. En plus de ses guitares et des ses dizaines de pédales, Ruban s’entoure de nombreux synthés (vintages et modernes) jusque là absents de l’ensemble des morceaux d’UMO. Un pari plutôt osé mais pour le moins réussi.

Une ouverture sur « Multi-Love » qui annonce  la couleur et la force de cet album. Tube en puissance, ce titre nous rappelle à quel point ces deux ans d’attente ont pu être longs et au combien UMO est un groupe qui est en train de devenir intemporel et incontournable. « Like Acid Rain » nous prouve ensuite que Ruban sait toujours aussi bien manier l’art du refrain que celui du groove. Car oui, contrairement aux deux précédents disques, celui-ci ne manque pas d’énergie : « Ur Life One Night », « The World Is Crowded » et ses choeurs souful, « Keep Checking On My Phone » et son instru à la Caribou, nous montrent la capacité d’UMO à se renouveler et à sortir de leur zone de confort. Une remise en cause profonde qui a même poussé Ruban à ajouter des cuivres (« Extreme Wealth And Casual Cruelty »), de couper un morceau avec une nappe de synthés planante (Stage Or Screen) et de se laisser aller avec un titre de 7 minutes pour clore cet album (« Puzzle »). On appréciera enfin « Necessary Evil », sorte de morceau psychanalityque sur lequel Ruban a invité son frère à la batterie et son père à la trompette avec qui ses relations étaient pour le moins difficiles depuis plusieurs années.

Avec Multi-Love, Unknown Mortal Orchestra reste fidèle à son univers initial mais explore en même temps de nouveaux horizons. Si ces 9 titres ne manquent pas d’énergie et d’authenticité, on regrette cependant qu’il n’y en ait pas d’autres qui, à la manière de « Multi-Love » ou « Keep Checking On My Phone », ne retiennent plus notre attention et soient en compétition pour la sélection de notre palylist d’été (!). Ruban quant à lui, étoffe son personnage, et devient alors un homme à tout faire, musicien – producteur – leader de groupe ; une sorte de Kevin Parker du lo-fi, dont on retiendra le nom pour la décennie à venir.

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Unknown Mortal Orchestra • Can’t Keep Checking My Phone

Le printemps revient, mini shorts et clubmasters sont à nouveau de sortie. Un moment particulièrement bien choisi par le trio d’Auckland pour dévoiler  un nouvel extrait de son prochain album Multi Love. Ce « Can’t Keep Checking My Phone » sonne légèrement plus club et plus groove que ce à quoi nous avait habitué les protégés de Jagjaguwar. On ne va pas s’en plaindre car ça reste très bon et voir Ruban Nielson emprunter de nouveaux chemins ne peut être qu’une excellente nouvelle.

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Viet Cong • Viet Cong


Viet Cong Band
Note : note_shadazz_4
Label : Jagjaguwar
Date de sortie : 20 Janvier 2015


Brute et oppressante, la musique de Viet Cong n’est pas foncièrement facile d’accès. La formation est pour autant depuis quelques mois une des plus belles promesses du rock venu de l’autre côté de l’atlantique. Il faut dire que leur « Cassette » sortie sur le toujours excellent label Mexican Summer l’année dernière nous avait laissé augurer un sens aiguisé des mélodies incisives, des rythmes déstructurés et des guitares aiguisées comme des lames de rasoir.

C’est finalement tout ce que l’on retrouve dans cet album éponyme qui ne laisse aucune place au futile avec 7 titres savamment sélectionnés et placés dans un ordre aussi réfléchi que salvateur. Pour nous qui avons à la rédaction un faible pour la pop fine et racée l’exercice Viet Cong ne pouvait se faire en une seule écoute. C’est que l’introduction aux penchants techno à travers ce « Newspaper Spoons » ne laisse place à l’hésitation : Viet Cong ne viendra tenir la main à personne. Une prise de risque assumée et qui fait définitivement la force du groupe.

Là où le dernier Liars nous avait laissé sur le cul sans réellement nous impressionner (nous tairons leurs performances lives) Viet Cong jongle avec le grandiloquent et la violence pour délivrer des titres qui oscillent tour à tour entre le strident du « Venus In Furs » du Velvet et les puits de lumière qu’un clavier incroyablement bien utilisé vient nous foutre en pleine gueule. On pense directement au virage amorcé par les Horrors depuis leur deuxième – et génial – album. Pour autant, plus minimaliste et peut être tout simplement moins ambitieux, les canadiens viennent parfois emprunter des chemins sur lesquels les anglais au look Tim Burtonien ne se sont encore jamais égarés (et c’est bien dommage). Un titre nous vient ici directement à l’esprit, il s’agit de « March Of Progress », troisième morceau et sommet de cet album. Un titre qui se déroule, tout naturellement, sur une construction en 3 temps qui invoque les plus belles heures de Late Of The Pier, le bordel electronico-rock en moins.

Viet Cong propose ainsi un brûlot post-rock punk dans sa construction et terriblement moderne dans ses sonorités riches et incisives. On pourra éventuellement regretter tout au plus un manque de diversité qui s’explique autant par le format court de cet LP que par l’angle d’attaque choisi : direct et sans artifice. Enfin, nous n’avons plus qu’à féliciter Jagjaguwar pour avoir laissé se construire et sortir un tel album. Le label qui a notamment explosé avec Bon Iver et Unknown Mortal Orchestra ne nous avait pas forcément habitué à ce genre de sorties mais c’est un risque et un exercice passés avec brio.

Uknown Mortal Orchestra

Unknown Mortal Orchestra • Multi-Love

Petit événement de la semaine, Unknown Mortal Orchestra vient d’annoncer la date de sortie de son prochain album. Ce sera le 26 mai prochain, toujours sur Jagjaguwar et il s’intitulera Multi-Love. Après la qualité du dernier opus on est en droit d’attendre de grandes choses de cet LP. En attendant, la formation en a profité pour partager un premier titre éponyme qui surprend mais ne déçoit pas. On y retrouve des guitares qui laissent la part belle aux claviers et à une voix retravaillé et allègrement doublée voir triplée. Ruban Nielson, leader du groupe, a expliqué s’être lancé dans un vrai travail d’ingénieur pour cet album avec la reconstruction presque artisanale de nombreux vieux synthétiseurs pour créer des sonorités jusqu’alors jamais explorées. On vous laisse écouter.

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Mixtape #06 • DIANA

Il existe certains labels dont nous guettons avec intérêt la moindre des sorties. Jagjaguwar fait partie de ces labels là et, si ils ont explosé à la face du monde au travers d’artistes mondialement connus et reconnus comme Bon Iver ou encore Unknown Mortal Orchestra, ce sont également leurs autres signatures qui construisent leur identité, qui en font un label si particulier. C’est donc de la sorte que nous avons découvert DIANA et sa pop polyforme. Quatuor originaire de Toronto et qui s’est au départ construit au travers d’une rencontre durant un cours de Jazz, DIANA compte déjà un (magnifique) album dans sa discographie avec Perpetual Surrender sorti l’été dernier. C’est au détour d’une date à l’Espace B à Paris en Novembre dernier que nous avons approché Kieran, le batteur, pour lui proposer d’effectuer une mixtape pour Shadazz. La musique de DIANA étant un véritable mélange d’influences variées construisant une pop inclassable, la mixtape nous semblait un exercice taillé pour ce groupe. La résultat dépasse de loin nos espérances et vous fera à coup sûr voyager, sourire et danser plus de 30 minutes durant.

There are some record labels we always look forward to their new releases. Jagjaguwar is among those record labels which has blown up in the Indie musical scene thanks to famous worldwide artists such as Bon Iver or Unknown Mortal Orchestra, but also thanks to its other « smaller » signatures. And it’s digging in Jagjaguwar’s catalog that we discovered DIANA and it’s original Indie Pop. Based in Toronto, the members of this quartet met during a Jazz class and created the surprise last summer with their exciting first album, Perpetual Surrender. It’s during its concert in Paris at L’Espace B last November, that we met Kieran, the drummer of the band, and asked him for one of our next mixtape. DIANA’s music is a real mix of influences, a kind of unclassifiable Pop, which fits perfectly with the exercise of the mixtape. The result exceeds our expectations and will certainly make you travel, smile or dance during more than 30 minutes.


Nous suivre sur Soundcloud : par ici

TRACKLIST

Fripp And Eno • Evening Star


Herbie Hancock • I Thought It Was You


Grace Jones • Feel Up


George Duke • Silly Fighting


Mr G • Daily Prayer


Shuggie Otis • Not Available


Nite Jewel • Weak For Me


Ata Kak • Daa Nyina


Jagwa Music • Heshima


Sun Arow • Lucretius