Kevin Morby

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Kevin Morby • Come To Me Now

On le savait déjà, mais Kevin Morby est définitivement un des artistes les plus productifs de ces dernières années. Le songwriter américain déçoit rarement et le premier extrait de son prochain album ne déroge pas à la règle. Ce « Come To Me Now », bien que légèrement dépressif, est d’une beauté sans artifice, sincère et à fleur de peau. Le quatrième LP de Kevin Morby sortira en Juin prochain sur Dead Oceans une fois encore.

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Kevin Morby • Singing Saw

On a à peine eu le temps de l’attendre que le troisième album solo de l’ex-Woods/ex-The Babie Kevin Morby est déjà là. A seulement 28 ans, la prolificité de l’Américain ne cesse de nous surprendre. Sûrement aussi car la qualité est toujours (et de plus en plus) en rendez-vous. Pour Singing Saw, le baroudeur de Kansas City a prolongé son séjour à Los Angeles et nous (en)chante sa vision singulière qui diffère bien des clichés que l’on peut en avoir.

Pour citer Pitchfork « là où la plupart des gens gens de L.A remarquent les bouchons et la bouffe et le soleil et le culte de la célébrité, Morby entend des coyotes et voit la lune ». Plus que jamais, on le comparera notamment à Dylan en écoutant cet album mais plus que jamais, on se dira surtout qu’il pousse plus loin son identité musicale. Enrichissant un peu plus le niveau des orchestrations sans trahir l’esprit de sobriété qui fait tout le génie de son inspiration, approfondissant ce qui le marque comme dans le single « I Have Been To The Mountain » qui parle de la mort d’Eric Garner. Sans forcément contenir de tubes, les morceaux de cet album sont tous d’une qualité assez irréprochable et on vous met au défi de ne pas chantonner « Water », le petit dernier, toute la journée après écoute.


Date de sortie : 15/04/2016 sur Dead Oceans Records / En écoute sur : Spotify


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Kevin Morby • Dorothy

Kevin Morby continue de dévoiler son prochain album dont la sortie est prévue pour le 15 avril prochain, cette fois-ci sur Dead Oceans. Intitulé Singing Saw, ce nouvel LP à paraître sera déjà son troisième en moins de deux ans et demi. On peut parler de productivité certes, mais jamais au détriment de la qualité, puisque l’opus s’annonce déjà aussi bon que les précédents. D’ici là on écoute ce « Dorothy » qui tire son nom de la guitare du musicien,  en référence au prénom de sa propre grand-mère. Toute une histoire.

Woods City

Woods • City Sun Eater in the River of Light

Pléthorique, la carrière de Woods ne manque pas de références. Et pour cause, ce City Sun Eater in the River of Light s’avère déjà le neuvième album de la formation. L’ami Kevin Morby parti tracer sa route en solo, Woods continue d’écrire la sienne. Celle d’un groupe moteur de la vague néo-americana, et créateur d’une folk psychédélique particulièrement soignée. A l’écoute de ce nouvel opus, la recette fonctionne globalement toujours. En témoigne le joli « Morning Light », guitares country et mélodie feutrée, l’Arizona n’est pas loin. Mais si le disque s’avère cohérent dans son ensemble, on regrettera peut être un manque de titres forts à l’image du précédent With Light and Love qui fit décoller pour de bon la carrière du quintette de Brooklyn.


Date de sortie : 08/04/2016 sur Woodsist Records |  En écoute sur : Spotify


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Playlist • La Route du Rock (Collection Hiver #11)

Moins connue, plus jeune et plus modeste que sa cousine estivale, la Route Du Rock Hiver tient le cap et nous revient du 24 au 28 février prochains pour la onzième fois.

Et cette collection ne déroge pas à la tradition de faire la part belle aux artistes un peu moins tapageurs dont les sets sont à déguster dans les cadres plus intimistes de La Chapelle du Conservatoire de Rennes, l’Antipode MJC, La Nouvelle Vague et La Chapelle Saint-Sauveur. Festival à la bougeotte avec deux soirées à Rennes puis deux soirées à Saint-Malo, il y en aura pour tous les goûts, des sets traditionnels de Kevin Morby et Villagers aux performances ovniesques de Jerusalem In My Heart, Flavien Berger ou du très attendu Spero Lucem en passant par les talents qui montent comme Les Gordon ou notre chouchou LA Priest. Comme à sa désormais habitude, le festival invite également en parallèle Christophe Brault qui donnera une conférence sur la Britpop le samedi 27 février, suivie d’une projection du film Pulp: A Film About Life, Death And Supermarkets dont on vous avait dit le plus grand bien lors de sa sortie en salles.

De notre côté, on y sera – on devrait même en revenir avec quelques petites douceurs à vous faire partager – et on vous propose donc un petit aperçu auditif de cette Collection Hiver #11.

Playlist disponible sur Deezer.

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Kevin Morby • Moonshiner

Alors que toute l’équipe Shadazz s’apprête à faire une pause de quelques semaines, Kevin Morby annonce la sortie de ‘Moonshiner b/w Bridge  To Gaia‘, un 7″ prévu pour le 4 Septembre prochain sur Dead Oceans ! Composé de deux nouveaux titres écrits entre les US et le Portugal cet été, le morceau « Moonshiner » est déjà en écoute sur Soundcloud. De notre côté, on a plus qu’à vous souhaiter de bonnes vacances !

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Interview • Kevin Morby

Petit chouchou de la folk américaine, à seulement 27 ans, Kevin Morby a déjà  parcouru plus de chemin que la plupart de ses pairs. La preuve en est : alors que son deuxième album solo est sorti il y a moins d’un an, il annoncait, il y a quelques semaines, la sortie prochaine d’un troisième album chez Dead Oceans et tandis que sa dernière tournée européenne s’achève à peine, il nous promet déjà un retour à Paris en septembre prochain.

Constamment en mouvement dans sa vie comme dans son travail, trimbalant son allure de gendre idéal et sa guitare au gré des rencontres, il n’a de cesse d’écrire une ribambelle de chansons qui forgent petit à petit sa légende et sont en train de l’installer confortablement parmi les grands artistes de sa génération. C’est à l’occasion de son passage à Villette Sonique, fin mai, que nous avons réussi à l’attraper et le faire assoir quelques minutes pour lui poser nos questions.

Comment tu vous présenterais, toi et ta musique, auprès de quelqu’un qui ne t’a jamais écouté?

Je dirais simplement que je m’appelle Kevin Morby, que je viens des Etats-Unis et que je chante et joue de la guitare.

Still Life est sorti il y a 8 mois environ. Tourner et jouer tes albums devant un public change-t-il la vision que tu as de certains morceaux ?

Oui, définitivement. Justement, l’autre jour, je parlais de cela avec Justin, mon batteur, et je lui disais que c’était très difficile pour moi de réécouter mes disques après avoir beaucoup tourné parce qu’à force de les jouer en concert, les morceaux deviennent tellement différents de ce qu’ils étaient à la sortie du studio… Quand je réécoute mes albums, je ne peux pas m’empêcher de tout remettre en question et de me dire « oh, cette partie est trop lente » ou « je joue ce passage tellement mieux, maintenant ». Donc oui, c’est certain, tourner me fait voir mes chansons sous un tout nouveau jour.

Ce qui est totalement différent en Europe, à l’exception de l’Angleterre, c’est que le public correspond beaucoup plus au fantasme que tu as en tête quand tu débutes dans la musique […]

Il paraît que tu as écrit plusieurs morceaux de Still Life quand tu tournais pour Harlem River. Est-ce comme ça que tu préfères travailler? As-tu été aussi inspiré durant cette tournée ?

Oui, j’ai déjà composé plusieurs nouveaux morceaux. Mais j’aime écrire quel que soit le contexte, disons que peu importe ce que je fais, je trouverai toujours un moment pour composer. Simplement, comme je tournais constamment après la sortie d’Harlem River, je n’avais pas vraiment d’autre choix que d’écrire dans ce cadre. Mais même si je prends plusieurs mois de repos, je chercherai et trouverai toujours le temps pour écrire des chansons.

Tu es plutôt du genre hyperactif. En l’espace de quelques années, tu as fait partie de plus de formations et sorti plus d’albums que la plupart des musiciens pendant toute une carrière. Est-ce que rejoindre Woods, puis former The Babies pour finalement te lancer dans une carrière solo était une suite logique et calculée ou as-tu simplement saisi les opportunités qui s’offraient à toi ?

Tout ça m’est juste tombé dessus, vraiment. En fait, dès le départ, mon but a toujours été de sortir des disques sous mon propre nom. Mais tout ça est arrivé sans que j’ai planifié quoi que ce soit : Woods m’ont proposé de les rejoindre alors que je ne m’y attendais pas du tout puis il y a eu The Babies… A l’origine ce n’était pas vraiment sérieux, on a plutôt démarré ce projet comme une blague. Mais après quelques concerts à Brooklyn, on a commencé à recevoir d’autres sollicitations puis l’album est sorti et on s’est lancés dans une tournée qui nous a finalement emmenés jusqu’en Europe. Mais c’est seulement à ce moment-là que le projet a réellement pris de l’ampleur et une existence propre.

Donc oui, je pense qu’on peut dire que les choses se sont passées naturellement pour Woods et The Babies. Mais ces expériences m’ont beaucoup apporté et c’est elles qui m’ont permis de calculer un peu plus les choses pour mon projet solo.

Et maintenant que tu t’es lancé en solo, pourrais-tu t’imaginer rejouer avec The Babies ou même un autre groupe ?

Je pourrais tout à fait envisager de rejouer dans un groupe mais ce ne serait probablement pas The Babies. Peut-être qu’un jour il y aura une reformation, que nous sortirons un nouvel album mais j’en doute. En réalité, j’aimerais bien pouvoir faire partie d’un groupe au sein duquel je jouerais d’un instrument différent et ne chanterais pas, histoire de vivre aussi cette expérience… Je pense que j’aimerais bien devenir batteur, un jour. Non pas que ce soit un projet sérieux pour le moment mais je pense que ça m’éclaterait.

Dans tous les cas, ce qui me plait dans mon projet solo c’est que peu importe ce que je choisis de faire de ma musique, elle sortira sous mon propre nom. Faire partie d’un groupe rend le changement plus délicat : une fois que vous avez choisi une orientation musicale, vous vous retrouvez plus ou moins coincé car les fans acceptent souvent mal le changement. Tandis que jouer en solo vous permet de vous libérer un peu plus de ce carcan, il n’y a pas vraiment de règles.

Tu as joué plusieurs fois en France depuis tes débuts : y a-t-il un événement ou un concert qui t’a marqué ?

Oui, c’est certain ! La dernière fois que je suis venu, et c’était mon premier concert français en solo, je me souviens que le trajet pour arriver à la salle était hyper stressant, d’autant plus qu’il faisait extrêmement chaud.. Et je ne sais pas pourquoi, je m’imaginais qu’on aurait très peu de public ce soir-là… Mais au final, le concert était presque complet, ce qui était juste impensable à ce stade, pour moi, et j’ai vraiment passé un super moment.

Mais il y a aussi eu cette autre fois, la première où je suis venue à Paris. C’était avec Woods, il y a des années de ça. Je ne sais même plus où nous avions joué mais je me souviens très bien qu’on avait acheté une bouteille de vin qu’on est allé boire sur un pont après le concert et c’était vraiment génial. Je me suis vraiment dit que j’aimais cette ville à ce moment-là.

Ton public français et européen, en général, te semble-t-il différent de ton public américain ?

Absolument ! Ce qui est totalement différent en Europe, à l’exception de l’Angleterre, c’est que le public correspond beaucoup plus au fantasme que tu as en tête quand tu débutes dans la musique: les gens sont attentifs, ils connaissent les paroles, etc. Aux Etats-Unis et en Angleterre, c’est comme un jeu : tu as le sentiment que tu dois faire tes preuves pour qu’on te prête enfin une oreille attentive et c’est vraiment épuisant.

Tu as grandi à Kansas City avant de déménager à New-York, ville que tu as quittée il y a peu pour la Californie. Il transparait dans tes chansons que ces changements t’ont affecté et beaucoup inspiré. Est-ce devenu presque vital pour ton art d’être constamment sur le départ ?

C’est peut-être le cas mais c’est difficile à dire car justement, je suis constamment entre deux endroits. J’ignore donc si le fait de m’attarder quelque part pourrait m’être bénéfique ou non.
Et d’une certaine manière, je me rends compte que je n’ai connu que ça car pendant mon enfance, mes parents ont énormément déménagé aussi. C’est assez drôle, d’ailleurs, parce qu’il y a peu, j’ai passé quelques jours chez eux et je me suis fait cette réflexion : leur maison est si grande qu’il y a quatre chambres inoccupées. Et j’ai vécu dans chacune d’entre elles ! Dès que je m’ennuyais d’une chambre, je la quittais pour une autre et, d’une certaine manière, je trouve que ça représente assez bien ce que ma vie est devenue aujourd’hui.

Petit retour en arrière : c’est Patrick O’Dell, qui est plutôt connu pour son travail autour de la scène skateboard californienne, qui a réalisé le clip de « All Of My Life ». C’est un choix qui ne semble pas évident au premier abord, et à fortiori compte tenu du scenario de la vidéo… Pourquoi l’avoir choisi, lui ?

Il a pris pas mal de photos des Babies à l’époque et comme c’est devenu un ami, je l’ai appelé,  tout simplement. Mais effectivement, c’est assez drôle parce qu’au moment de la sortie du clip, beaucoup d’amis sont venus me voir en me disant « c’est incroyable, c’est Patrick O’Dell qui a réalisé ta vidéo ! » et je n’avais pas trop envisagé l’impact que cette collaboration pouvait avoir parce que pour moi, c’est juste mon ami Patrick, je n’avais plus du tout en tête tout ce truc autour de son rôle dans la culture skate.

Pour finir, as-tu quelques nouveautés à nous recommander ?

Ces derniers temps, j’écoute pas mal un groupe qui s’appelle Mega Bog. En fait, c’est le groupe de ma bassiste, Meg, et ils sont vraiment très bons. J’aime aussi beaucoup écouter Kendrick Lamar. Mais en dehors de ça, je me concentre surtout sur des vieux groupes.

Photo by Maria Louceiro

Kevin Morby

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Kevin Morby • Still Life



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Label : Woodsist
Date de sortie : 14 octobre 2014


L’histoire de Kevin Morby n’est pas vraiment singulière mais son déroulement mérite que l’on s’y attarde quelques secondes. C’est que l’ex-bassiste de Woods coulait des jours heureux au sein d’une formation qui, sur un rythme soutenu, réécrivait les plus belles heures de la musique folk du nouveau continent. Pas chose si aisée tant la culture musicale américaine se nourrit depuis de longues années de ses artistes, de ses formations qui passent allègrement d’un songwritting épuré à quelques déluges de riffs électriques et salvateurs (de Bob Dylan à Bruce Springsteen en passant bien entendu par le génialissime Neil Young).

Pourquoi diable quitter un navire en si bon état ? A cette question – qui s’accompagnait d’une autre concernant la qualité d’un groupe privé de l’un de ses élément les plus talentueux – Kevin a tout d’abord apporter une réponse simple et profonde. Celle d’Harlem River, son premier long format en solo qui laissait apparaître des constructions plus brutes et fragiles que ce à quoi la formation de Brooklyn nous avait habitué jusqu’à présent. Comme autre réponse, Woods s’est chargé de nous offrir un superbe album en début d’année. On peut donc parler d’une rupture réussie, processus pas si évident dans le milieu musical moderne.

Bien évidemment,  certaines habitudes ne changent pas d’un projet à l’autre. C’est le cas de l’exceptionnel rythme avec lequel Kevin construit ses productions. Il n’aura pas fallu attendre longtemps pour trouver un successeur à ce Harlem River. Ce mot, « successeur » est bien souvent accompagné d’un adjectif qui veut habituellement tout et rien dire : « digne ». Très franchement, on ne saura dire si ce Still Life est un « digne » successeur ou non mais une chose est sûre, c’est un grand album. Peut être accompagnés de plus d’artifices et d’une production moins minimaliste, les dix titres de ce second album jouissent d’une fraîcheur nouvelle qui, sublimée par ce voile mélancolique qui fait la force des grands songwritters américains, résonne comme l’écho d’un nouveau chapitre dans la carrière de Monsieur Morby.

Deux morceaux imagent parfaitement les qualités de cet album et de l’écriture du génial américain. Le premier tout d’abord, le morceau d’ouverture. Ce « The Jester, The Tram & The Accro » permet de pleinement entrer dans l’univers construit par l’artiste. A travers une introduction minimaliste, Kevin laisse la place aux mots, au phrasé, il créé de l’espace à ce déluge qui arrive sous un format riche et entêtant de nouveaux instruments et de changements de rythmes. Le deuxième morceau phare est à chercher au cœur de l’album, au niveau de la piste 7 et de ce « Parade » premier single et sommet de ce Still Life et peut être même de l’artiste. Là où le précédent album trouvait son apothéose sur les neuf minutes épurées, brutes et presque chamaniques  d’« Harlem River», « Parade » dévoile un songwriting pas forcément plus ambitieux mais définitivement plus libéré. Kevin Morby convoque cuivres, pianos et guitares pour nous embarquer dans sa parade qui, cinq minutes durant, nous laisse en lévitation. On ne décolle pas au dessus des nuages, non, juste au dessus des maisons, des immeubles, juste assez haut pour sentir le souffle d’une mélodie intemporelle et déjà inscrite dans le panthéon de l’artiste.

On ne vous décrira pas l’ensemble des morceaux mais on vous dira simplement que rien n’est à jeter, rien n’est à oublier. Kevin Morby jongle entre virtuosité et simplicité pour nous emmener dans un paysage terriblement proche du commun mais définitivement assez libre pour nous y transporter juste au dessus, à niveau de flottaison. Un grand album en somme, un deuxième, déjà.

Album en écoute ci-dessous :