Midi Festival

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Playlist • Midi Festival 2016

La French Riviera en émoi. 20 morceaux qui représentent parfaitement ce que cette édition 2016 du Midi Festival a à nous offrir. Beaucoup de découvertes et du groove à ne plus savoir quoi en faire.

20 | Only Real

20 | Sélection Concerts 2015 par la rédaction

Ouais parce que malgré notre amour invétéré des internets, on a aussi essayé de sortir écouter de la musique autre part que derrière un ordinateur. Voici donc une sélection, aussi décousue que non-exhaustive, de quelques concerts qui nous ont marqué durant cette année 2015.

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Only Real • Café de la danse (Paris)

Complètement bourré sur scène, il parle, il parle, il joue des vieux morceaux en racontant qu’il s’est fait engueuler par des suédois une fois à un concert parce qu’ils étaient venus exprès pour entendre « Punks And Potion » et qu’il ne l’avait pas jouée. Il n’a plus de maison de disques et il s’en fout, il peut faire ce qu’il veut maintenant. Tellement fou qu’à la fin il se met à lancer le merch dans la foule (vinyles, t-shirts, tout y passe). On a bien rigolé.

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Thee Oh Sees • Villette Sonique 2015 (Paris)

Un peu lassé de voir Thee Oh Sees chaque année squatter la prog des festivals depuis maintenant 5 ans, le concert n’était pas gagné d’avance. Jusqu’à ce que l’on découvre la nouvelle formation du groupe. John Dwyer désormais en solo accompagné de ses deux batteurs. Un concert qui allait droit à l’essentiel.

The Liminanas

The Liminanas • La Maroquinerie (Paris)

Set d’une incroyable justesse et d’une énergie folle pour ce groupe à la classe infinie. En sus : déluge de fuzz, double rappel et une Maroquinerie volcanique.

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Unknown Mortal Orchestra • Le Marché Gare (Lyon)

La salle est pleine lorsque Ruban Nielson et ses comparses pénètrent sur scène. Très vite, un flot de mélodies pop et psychédéliques et phrasées de guitares éroiques envahissent nos coeurs, sans jamais un moment chiant. L’atmosphère est moite, humide, car Ruban ne ménage jamais sa sueur. Offert par votre partenaire Narta intensité 24H.

God Speed

Godspeed You! Black Emperor • Le Bataclan (Paris)

Parce que c’est la performance musicale live la plus ultime que j’ai eu en concert, et que ça le reste même lors de la 3e fois. L’ampleur du son produit par le groupe est si imposante que l’expérience devient physique. Et franchement tout ça ne se raconte pas, ça se vit, donc allez-y.

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King Gizzard & The Lizard Wizard • PIFPM (Paris)

Première date française pour les jeunes australiens de King Gizzard. Une Machine subjuguée par la fougue de ce groupe composé de 7 musiciens dont 2 batteurs. La révélation Psych-Rock de 2016 c’est sûr !

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Jimmy Whispers • La Route du Rock 2015 (Saint-Malo)

C’est l’après-midi, il ne fait pas très chaud et on est à la plage. Mais peu importe, Jimmy Whispers est à fond, il se renverse de la bière dessus, en jette sur la foule, raconte sa vie, saigne des genous à force de se rouler par terre. Il s’étale le sang avec sa sueur et sa bière, parce qu’il est fou, tout simplement. Oh et il slamme au milieu des 20 personnes qui sont là. C’est n’importe quoi, c’est inapproprié mais super intimiste en même temps. Il nous fait même danser un slow avec nos voisins. C’est ça l’amour.

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Mild High Club • Casa Del Popolo (Montréal)

Il est déjà minuit passée lorsque le Mild High Club s’empare de la scène sur laquelle deux groupes viennent de nous violenter, sans raison apparente, les oreilles. Il suffit de 3 accords et deux clins d’oeil à son groupe pour laisser Alexander nous emmener dans les tréfonds d’une pop rêveuse et funky.

Paradis

Paradis • Midi Festival 2015 (Toulon)

On nous a laissé entendre que le groupe avait passé du temps à affiner sa formule, à préparer ce set live. Qu’il y avait une pointe de stresse et encore pas mal d’interrogations. Nous ce qu’on a vu sur la scène de ce Midi Festival édition Printemps c’est le présent et peut être même le futur de la pop électronique française magnifiquement orchestrés par deux mecs qui derrière leurs machines avaient ce je ne sais quoi d’une timidité emplie de charisme. Une belle promesse.

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Kevin Morby • Le Point Ephémère (Paris)

Dernière date avant de rentrer aux US. Ca se sent, ils lâchent tout, pour une fois, les 3 musiciens ne sont pas statiques, ils sont hyper généreux. Il fait super chaud, ils suent, ils sont contents, ils disent merci. D’ailleurs la PP de la page facebook de Kevin est là pour témoigner de cette super soirée.YukoYuko_1920x1200jpg

Yuko Yuko • Espace B (Paris)

On s’attendait au pire venant d’un gamin aux bricolages sacrément bordéliques. Sur la petite scène de l’Espace B on a eu le droit au meilleur : une bande de kids qui gèrent parfaitement leur live avec en tête de gondole un gringalet qui s’amuse, gueule, sort des solos, fait le show. Le public répond présent, la moiteur si propre à la salle de la rue Barbanègre s’installe. C’était parfait.

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TOPS • Théâtre Fairmount (Montréal)

On a eu le plaisir de passer Halloween avec nos chouchous de Tops à Montréal. Un concert bien cool, comme d’habitude, qui s’est terminé par un Way to be Loved chanté à l’unisson par toute la salle composée de vampires et de sorcières en string encuir. On s’excuse, un peu tard, d’avoir bousculé le guitariste lorsque tout le monde a envahis la scène et d’avoir éclaté les tympans de nos voisins.

ben_khan_131114_0180_copyBen Khan • Midi Festival 2015 (Toulon)

« Le jour où j’ai craqué pour un mec en survet ». Ca résume assez bien ce qui s’est passé ce soir là. Ben Khan, c’est certes un mec qui se kiffe et qui ne kiffe pas les autres, mais il faut avouer que malgré l’absence totale d’interaction avec le public, il arrive quand même a nous donner un bon groove à la tombée du soleil, non loin des palmiers.

 

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A l’heure d’été • 10 anecdotes sur le Midi Festival

À l’heure où nous écrivons ces lignes, le Midi Festival édition d’été 2015 s’apprête à se lancer avec le concert de nos « protégés » Dream Lovers. Une nouvelle édition qui viendra nourrir l’histoire qui accompagne depuis longtemps le Midi Festival. Les histoires même, ces histoires qui font que dans le petit microcosme de la musique le festival jouit d’une aura presque féérique internationalement. Les artistes adorent y jouer et ça se sait. De notre côté, et après avoir sondé toute l’équipe du Midi, on prend le temps de vos raconter 10 petites anecdotes qui feront sourire et qui on l’espère vous pousseront à sauter le pas lors des prochaines éditions.

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Nous sommes en 2010 et, en plus de Wu Lyf ou encore Kindness, le Midi Festival a eu la belle idée de booker les Vivian Girls ainsi que les (très) regrettés Strange Boys. Dans la bathroom réservée aux artistes, la bassiste des Vivian Girls prend le temps de rédiger et de laisser un petit mot, message secret et caché réservé à son petit ami, membre des Strange Boys et qui arrivait le lendemain au festival.


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En 2008, Ellery James Roberts se déplace dans le sud de la France pour assister en tant que simple spectateur au Midi Festival. Devant le concert de Girls, sous le charme, il se fait la promesse de « jouer un jour sur cette scène« . Homme de parole, il reviendra seulement 2 ans plus tard avec le projet Wu Lyf pour électriser la Villa Noailles comme rarement.


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Jagwar Ma est un groupe aujourd’hui bien installée en France mais le Midi Festival y est pour beaucoup. Ils y ont joué deux fois et ont même décidé, pour leur deuxième concert, de tester une formation non plus à 3 mais à 4 personnes avec tout simplement Stella Mozgawa à la batterie qui n’est d’autre que la batteuse de Warpaint.


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En 2009 le groupe Skeleton$ est auteur de l’une des performance les plus dingues de l’histoire du festival. Pour vous imager quelque peu l’ambience, un des guitaristes du groupe a récupéré juste avant le concert une cigale mal en point. Dans la folie de son set il décida de l’avaler avant de finalement la recracher sur le publique. Personne ne sait encore si cette médecine chamanique a permis à cette cigale de retrouver un peu de sa forme.


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Nous sommes en 2008 quand la formation A Sunny Day In Glasgow se produit au Midi. Le romantisme à la française et la chaleur du sud faisant surement leur effet c’est à ce moment là qu’un des membres du groupe s’est décidé, sur le parvis de la Villa Noailles, à faire sa demande en mariage à la chanteuse du groupe.


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On vous en a déjà parlé mais l’histoire du Midi Festival est étroitement liée à celle de Christopher Owens qui adore plus que tout l’événement et décide fréquemment d’y revenir. Son tout premier album solo, intitulé Lysandre tient son nom d’une fille rencontrée au festival et à surtout été créé en 2008 durant le trajet menant Girls au festival.


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James Chance est une sorte de légende de la musique. Saxophoniste de génie il s’est produit au festival lors de l’édition 2008. Étrangement à l’aise, il s’est décidé à se promener durant le week-end dans Hyères en bermuda et chaussettes transparente. Une certaine idée des vacances.


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A l’instar de James Chance, Lee Renaldo n’a plus rien à prouver à personne. Guitariste de Sonic Youth et producteur de talent il a laissé filtré lors du Midi Festival une passion jusqu’alors caché. Il est minuit et trente minutes lorsque l’équipe du Midi le retrouve assis sur une chaise dans un recoin de la Villa Noailles priant pour que le Wi-Fi tienne pour pouvoir se refaire en streaming … l’étape du jour du Tour de France.


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Depuis 2007, le Midi Festival ce déroule toujours lors du dernier week-end de Juillet. Pourquoi une telle habitude ? Et bien tout simplement car le Frédéric Landini fondateur du festival a inconditionnel d’Animal Collective a décidé cette année là de décaler le festival pour pouvoir programmer le groupe. Depuis, la date est restée !


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En 2011 la magie d’Alt-J est venue opérer du côté du Midi Festival. Si le groupe a pu se produire à ce moment là c’est car il avait tapé dans l’oeil du programmateur quelques mois auparavant grâce à une chanson intitulé « Léon » et qui a tout simplement aiguiser sa curiosité car elle portait le même nom que son fils. Le hasard est parfois magnifiquement fait.


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Les groupies n’ont pas forcément été mises au courant – et c’est tant mieux – mais en 2012 le stand merchandising du Midi Festival était tout simplement tenu par un acteur de la série … Violetta. Le rock’n’roll se cache parfois là où on ne l’attend pas.

 

 

Dream Lovers music

Première : Dream Lovers • La Coscienza

On vous en parlait il y a quelques jours: le projet Dream Lovers, porté par Joe et Ivan, s’apprête à passer une nouvelle étape avec un premier live au Midi Festival. Ces Dream Lovers là seront une des surprises du line-up avec pour le moment uniquement deux morceaux qui ont filtré. Deux ? Aujourd’hui trois plutôt avec cette ballade aux accents italiens. Pour la première fois avec Dream Lovers une voix apparaît alors que les percussions elles disparaissent. On y retrouve la touche habituelle avec un morceau hors du temps, qui flotte quelque part entre les songes et la réalité. En prenant le parti de garder tout du long la même structure mélodique Dream Lovers nous transporte dans une boucle à la légèreté presque effrayante. La vidéo, comme toujours réalisé par le groupe, laisse la conscience, cette conscience évoluer, se déstructurer en couleurs.

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Midi Festival 2015 • #A.R. Kane vous avez dit ?

A.R. Kane, qui est-ce ? A.R. Kane est probablement le groupe qui a le pire ratio impact/popularité de l’histoire de la musique indé. A.R. Kane, ce sont deux mecs de l’East London qui ont formé un groupe de 1986 à 1994, un peu par hasard, et ont influencé toute une flopée d’artistes qu’on rangera ensuite dans la case ‘Dreampop’ ou encore ‘Post Rock’. On dit même qu’ils ont inventé le shoegaze, rien que ça !

Rudy Tambala et Alex Ayuli se rencontrent à l’école primaire dans l’est de Londres à la fin des années 70. C’est chacun de leur côté qu’ils commencent leur petites affaires musicales : Tambala au sein de la scène jazz-funk londonienne et Ayuli en faisant de la musique jamaïcaine dans un Dub Sound System. Ce n’est qu’en 1986 que les deux se retrouvent pour former de façon complètement incongrue A.R. Kane, sans se douter une seconde de l’impact que leur musique à l’époque estampillée « underground de l’underground »  aurait sur la scène pop contemporaine.

Vous avez dit Cocteau twins ?

C’est également chacun de leur côté que Tambala et Ayuli ont découvert les Cocteau Twins en 1986. Un groupe loin, très loin de l’univers musical des deux copains de primaire qui a pourtant eu le même impact révélateur. L’absence de batterie, le son de la guitare, leur allure venue d’un autre monde et en fait, tout l’univers de weirdo des Cocteaux les fascinent.

C’est quelques jours après avoir découvert ces ovnis à la télé qu’A.R. Kane né de façon complètement spontanée et sur une blague fortement alcoolisée lorsque Rudy répond à une fille qui demande lors d’une soirée comment lui et Alex se sont rencontrée. Il explique alors qu’ils ont un groupe qui s’appelle A.R. Kane, en référence à Citizen Kane et la marque de Cain. Pour faire durer la blague et sans jamais avoir composé une seule chanson, il continue en expliquant que le groupe ressemble un peu au Velvet Underground, un peu aux Cocteau Twins, un peu à Miles Davis et un peu à Joni Mitchell. Tout un programme.

Vous avez dit One Little Indian Records ?

Une semaine plus tard, la blague du nom de A.R. Kane est contacté par le label londonien One Little Indian, héritier de Spiderleg Records, dirigé par certains membres de groupes punks anarchistes de l’époque dont Derek Birett, ex Flux of Pink Indians. Label qui signera des artistes tels que Björk, Alabama 3 ou Sigur Rós et donnera vie plus tard à Fat Cat Records, entre autres. Une démo plus tard, One Little Indian signe A.R. Kane et sort leur premier titre « When You’re Sad » en 86 en posant alors une malédiction : ‘’alors on a deux groupes, l’un des deux va marcher’’. En face des londonien, rien d’autre que Björk.

Vous avez dit Acid House ?

Le duo fondateur accompagnés de nouveaux membres, un joyeux mélange de gays/hétéros noirs/blancs/asiatiques, part en tournée pour la promo de l’EP When You’re Sad, bon reflet de ce que Tambala avait annoncé lors de la blague A.R. Kane, la diversité en plus. Lorsqu’ils montent sur scène, le public pensant surement écouter du reggae à l’arrivée des deux dreadeux peut alors en effet découvrir un mélange, plutôt singulier pour l’époque, de Velvet et de Cocteau dansant. La machine est lancée.  En 1987, A.R. Kane sort d’un underground pour en atteindre un autre et collabore sur « Pump Up the Volume », hit planétaire du groupe monotitre M/A/R/R/S/, premier titre uniquement constitué de samples à atteindre le n°1 des charts en Angleterre.

Vous avez dit shoegaze ?

Malgré ça, la popularité du groupe peine à monter (la faute à Björk et à la prophétie de Little Indian ? On ne comprendra jamais). À partir de 88, les singles, EP et albums studios d’A.R. Kane sont tout de même signés soit par One Little Indian, soit par le mythique Rough Trade Records, soit par les deux. En 88 sort le premier LP intitulé 68. Album, créatif, brillant et innovant qui peut être vu comme les prémices de la Dream Pop. En 89, i suit 69 et dévoile l’excellent titre « A Love From Outer Space », pop, dansant, planant, un titre parfait qui n’a d’ailleurs pas vieilli. Après leur troisième LP New Clear Child en 1994, les deux copains de l’école primaire décident de pendre des chemins différents, la magie est passée. A.R. Kane a cependant le mérite d’avoir sans aucun doute développé une nouvelle approche musicale et, malgré leur manque de popularité, très probablement influencé un wagon d’artistes aujourd’hui incontournables. Tambala raconte que c’est leur titre « Baby Milk Snatcher » sorti en 88 qui a fait passer My Bloody Valentine d’un groupe de rock indé à une référence shoegaze en ralentissant le rythme de leurs titres, en employant plus de réverbération et en le faisant mieux qu’A.R. Kane qui plus est. On peut sans se tromper dire que les londoniens ont largement contribué à la scène dream pop shoegazienne en se sacrifiant pour défricher le terrain et ouvrir la voie aux autres. Aux prix peut être de leur popularite ? Sauf si c’est de la faute de Björk. On ne le saura jamais.

Vous avez dit Midi Festival ?

Mais pourquoi parler d’A.R. Kane maintenant ? Et bien parce que des années après leur séparation, on va pouvoir retrouver ce groupe précurseur au Midi festival. #A.R. Kane sera mené par Rudy Tambala et accompagné de quelques membres du groupe original et de petits nouveaux. On note l’absence d’Alex Uyuli (d’où le # qui ne sert pas uniquement à avoir l’air cool). Un rendez-vous incontournable pour tout fan de dream pop qui se respecte, en mode back to basics. Plus de dix ans après la fin de ce groupe que certainement aucun d’entre nous n’a vu en concert, la curiosité et le suspense sont à leurs combles.

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Midi Festival 2015 • Histoire De La Villa Noailles

Perchée sur les hauteurs de Hyères, la Villa Noailles, véritable oeuvre d’art habitable accueillera, les 24 et 25 juillet l’édition d’été 2015 du Midi Festival. C’est donc l’occasion rêvée de vous parler un peu de ce lieu à la fois unique et mythique de par son histoire et ses liens avec les arts.

La Villa

C’est en 1923 que l’architecte Robert Mallet-Stevens (dit « Rob« ) dessine puis fait construire cette batisse de style moderne sur un terrain de 1800m2 pour Charles et Marie-Laure de Noailles, alors jeunes mariés. Les principes architecturaux derrière ce projets sont rationnalistes ce qui explique les formes épurées de la Villa et tous ses aspects fonctionnels. Bien qu’elle soit habitée dès 1925, la villa sera en travaux jusqu’en 1933, permettant la création de son parvis ou encore des immenses jardins qui l’entourent.

Malheureusement, comme beaucoup de demeures expérimentales construites au début du XXe siècle, la villa, peu habitée en dehors des vacances de Marie-Laure de Noailles, commence à souffrir face aux intempéries et à la simple épreuve du temps, si bien qu’au décès de sa propriétaire, en 1970, elle a déjà perdu beaucoup de son aspect initial. Ses héritiers parviennent cependant à convaincre la ville de Hyères de racheter le domaine en 1973 et celui-ci est inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments nationaux au 1975.

Cependant, il faudra attendre 1989 pour que de réels travaux de rénovation soient enfin entrepris et que la villa prenne petit à petit l’aspect qu’elle a aujourd’hui.

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Un écrin idéal pour la création

Si les de Noailles ont fait appel à Rob pour construire la villa, ce n’est pas un hasard. Passionné d’art, de modernité mais aussi d’horticulture (Charles de Noailles fut même président de la Société Horticole de France), le couple va se servir de ce cadre pour mettre en avant ceux en qui ils croient. Et pas des moindres puisque l’on compte, entre autres, Giacometti, Dali, Poulenc ou encore Cocteau parmi leurs « poulains ». Les oeuvres d’art qui habillaient le lieu ayant été réparties entre les héritiers de Noailles à la mort de Marie-Laure, les seules traces de cette époque de mécénat actif qui subsistent – en dehors du bâtiment et des jardins – sont les trois films tournés à la villa: Les Mystères du Château Du Dé de Man Ray, Le Sang d’Un Poète de Cocteau et l’Âge d’Or de Bunuel et Dali.

Mais si certains d’entre vous connaissent la Villa Noailles, c’est probablement grâce à son rôle plus récent dans les arts. En effet, suite aux travaux de rénovations entrepris à la fin des années 80, la ville qui a racheté les lieux va y faire organiser ponctuellement des expositions jusqu’à ce qu’elle missionne, en 1996, l’Association du Festival International des Arts de la Mode d’Hyères pour prendre en charge la programmation du lieu. D’une part, le festival est désormais connu pour investir les lieux lors de son concours annuel de mode et de photographie qui voit « s’affronter » dix espoirs de chacun des deux domaines et, d’autre part l’association aide de jeunes artistes dans le développement de leurs projets et ce, notamment, depuis 2007, en les accueillant en résidence au sein de la villa.

La Villa et le Midi Festival

C’est en 2006 que la ville de Hyères propose à Frédéric Landini et ses équipes de venir installer le Midi Festival dans l’écrin de la Villa Noailles. C’est la deuxième édition du festival et ce n’est que le début d’une longue et belle histoire avec ce lieu.

Mais l’histoire probablement la plus emblématique liant le festival à la Villa Noailles (est-il encore besoin de le rappeler?) c’est celle de Christopher Owens. C’est justement en 2006 qu’il vient sur le site pour la première fois, en tant que batteur de Holy Shit, groupe formé avec Ariel Pink. Puis il reviendra en 2008 avec Girls. Et puis il reviendra encore… Et encore.

Et ce, notamment pour présenter son premier album solo Lysandre. Qui n’est autre qu’un LP-hommage à son amour pour une Française du même nom rencontrée lors d’un de ses passages à la Villa Noailles et composé à Hyères.

Malgré un essor qui le fera goûter à des lieux tels que l’hyppodrome de Hyères, le festival reste toujours fidèle et ancré à la Villa Noailles, devenus totalement indissociables l’un de l’autre. Et il faut dire que cette association ne pourrait être plus parfaite: le rafinement, l’avant-gardisme, le partage intimiste sont des qualités partagées par la manifestation et le lieu. Participer au Midi Festival, c’est ainsi se sentir un peu comme des héritiers de Charles et Marie-Laure de Noailles, avoir une curiosité et un amour profonds pour la musique ainsi qu’une volonté de se retrouver au plus près des artistes et des autres festivaliers.

Et si vous partagez vous aussi tous ces désirs-là, on espère vivement vous croiser à la Villa Noailles les 24 et 25 juillet prochains.

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Midi Festival 2015 • Focus Programmation Été

Du 24 au 26 juillet prochain, le Midi Festival aborde son édition d’été 2015 entre la Villa Noailles et la plage Le Marais – mais ça tu dois déjà le savoir si tu traînes assez sur ces pages. Ce que tu ne sais peut être pas, c’est l’identité des artistes programmés, soigneusement sélectionnés par l’équipe du Midi. Un casting, que dis-je (?) une composition sur laquelle nous nous sommes attardés. On a donc sélectionné 11 joueurs, que l’on fera évoluer au choix entre le classique 4-4-2 et l’innovant 2-5-3, et surtout que l’on vous présente ci-dessous.


Dream Lovers

Projet aussi mystérieux qu’excitant mené par Joseph, touche à tout de génie déjà à la batterie chez Los Porcos et au clavier sur Ménage à Trois, Dream Lovers entretient la coutume toute mancunienne du Midi Festival. Formation hors du temps qui navigue avec grâce entre musique instrumentale, envolées percussionnistes, doux riffs de guitares et projets vidéos, Dream Lovers effectuera son premier live officiel en direct de la villa noailles. Un moment tout en suspension qui sera à n’en pas douter un des temps forts du festival.


Groves

Collectif à 5 têtes, Groves divulgue une pop aux abords de la folk d’une délicatesse et d’une subtilité rare. Les silences y sont légions, les espaces ne se remplissent pas de superflu et les couches viennent s’ajouter avec une discrétion pleine de justesse. Groves n’est pas le genre de groupe à se presser et nous rappelle en cela Paradis – qui avaient eux mêmes enchanté la scène de l’Omega lors de l’édition de printemps 2015 du Midi. Groves reprend quelque part le travail laissé par Darkside en y enlevant une grandiloquence parfois inappropriée. Une grandiloquence parfois inappropriée; une belle promesse en somme.


Touch

Beaucoup d’ingéniosité et, surtout, un talent unique pour mélanger sonorités électroniques et énergie punk dans un format aussi déstructuré que provocateur. Voilà comment nous pourrions résumer les triturations de cette formation floridienne que nous pourrions croire originaire de la Big Apple à la simple écoute de leur « Haptic Cue » à la griffe très DFA-Beats In Space. De leur live, il faudra très surement s’attendre à tout, dont le meilleur.


Christopher Owens

Christopher et les équipes du Midi entretiennent une relation plus que spéciale. Quelques part, et aux côtés de la lignée (Wu Lyf, Los Porcos, Ménage à Trois, Dream Lovers) l’artiste représente parfaitement l’esprit Midi. Dans une précédente interview, nous vous contions la formidable histoire qu’à entretenu Christopher avec le Midi Festival, à travers Girls d’abord puis de la rencontre de Lysandre ensuite, raison du nom de son 1er LP solitaire. Il reviendra en terrain conquis pour divulguer des balades fragiles aux mélodies intemporelles.


Rat Boy

Originaire de Chelmsford à 50 petits kilomètres de Londres, Jordan Cardy est la gouaille qui se cache derrière Rat Boy. En écoutant son excellent « Sign On » impossible de ne pas penser à Only Real un peu mais surtout à Jamie T beaucoup. Des morceaux pleines guitares dehors qui empruntent aussi avec une aisance déconcertante au hiphop et à l’art du sample. Rat Boy semble être capable d’aligner les tubes aussi facilement que Joey Barton les coups de sang.


Spring King

De Manchester encore il est question. De Manchester en musique il est toujours question, de Manchester au Midi Festival il en est plus encore. Spring King est originaire des rives de l’Irwel et est surtout capable de mettre le foutoir à n’importe lequel de ses concerts. On pense parfois à Splashh Wave dans cette rage accélérée et à plein d’autres trucs tant Spring King se joue des structures pré-établies. Une chose est sûre, la formation n’a pas pour habitude de jouer lentement et son début mitraillette devrait prendre toute sa mesure en live. De là à vous expliquer qu’il faut se déplacer à Hyères …


A.R Kane

On vous prépare d’ici quelques heures un focus sur A.R Kane qui devrait vous en apprendre plus que ces quelques lignes sur une formation trop méconnue compte tenu de son importance. A.R Kane a divulgué une dream pop en avance sur son temps dans les années 80. Le genre de musique capable d’influencer les nouveaux groupes sur plusieurs décennies, pas rien tout de même. Alors maintenant c’est le temps de le reformation tout ça, tout ça mais c’est surtout le temps de se repasser «A Love From Outer Space».


Loyle Carner

On vous a déjà bien assez parlé du petit Loyle pour ne pas vous avoir déjà mis l’eau à la bouche pour courir écouter ce kid de Londres qui refile un souffle nouveau à un boom bap façon UK. Un flow précis, sans artifice et à la technicité toute anglaise sur des productions souvent bien plus léchées qu’elles en ont l’air. Carner est la valeur montante d’une scène en renouveau. Aux côtés de Rejjie Snow il est clairement le machin le plus excitant du moment outre-manche.


Ben Khan

Drôle d’oiseau que ce Ben Khan; à peine 23 ans et des productions d’une maturité déconcertante appuyées par une image parfaitement contrôlée. C’est avec un son hybride empruntant grandement au rnb mais aussi à la funk que l’anglais développe des morceaux riches et sensuels sur ses deux derniers EP qu’on vous conseille d’urgemment vous procurer. En continuation d’une musique électronique made in UK fièrement représentée par Ghost Culture en mai dernier à Toulon lors de l’édition de printemps, Ben Khan clôturera samedi la deuxième et dernière Villa Noailles de ce Midi 2015.


Ghost Of Christmas

Caution française de cette édition 2015, Ghost Of Christmas n’a pas qu’un nom étrange tiré d’un roman de Dickens. Le Trio est aussi capable de faire rentrer en collision bass music et pop dans un enchevêtrement délicieux. Garnier ne s’est pas trompé en leur accordant sa confiance sur son label Sounds Like Yeah! (relié au festival yeah!).


Romare

Initialement la musique de Romare n’était pas forcément destinée à nous parler sur Shadazz. En lisant les quelques descriptions présentes sur le web, on prenait peur de tomber une fois encore sur ces artistes électroniques adeptes des collages de mauvais goût et remixes chancelant. Tout faux ! On a découvert des morceaux qui suintent le groove et nous rappellent instinctivement la démarche d’un Motor City Drum Ensemble qui fait ici l’unanimité. En mettant sa culture et son travail de digging au cœur de sa démarche artistique, Romare transcende les genres et vient créer des morceaux d’une modernité déconcertante.

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Loyle Carner • London’s Got Boom Bap

Cela fait plusieurs mois que nous suivons Loyle Carner et que nous avons relayé par ailleurs pas mal de ses dernières activités. Mais à dire vrai, si l’on a découvert le bonhomme il y a plusieurs longs mois c’est grâce au Midi et à ses réseaux sociaux. Vous parler plus précisément du phénomène dans le cadre de notre focus sur l’édition été 2015 du Midi Festival n’est qu’un juste retour des choses.

Le hip-hop UK nous fait ces derniers temps un retour remarqué, escaladant la hype par deux versants bien distincts. D’un côté la Grime, remise sur le devant de la scène grand public par le « All Day » de Kanye West, au travers d’artistes iconiques comme Skepta (voir le récent Shutdown). Elle peut toujours compter sur des artistes prolifiques comme Dizzee Rascal. De l’autre côté, on observe une classe de jeunes loups marchant dans les pas d’une orthodoxie Boom Bap plus classique et marquée d’une teinte résolument Soul/Jazz. Un phénomène assez comparable à la récente réminiscence plus tradi d’une partie de la nouvelle école Française, même si contrairement à la France, le Boom Bap n’a jamais été dominant outre-Manche. En effet, le British HipHop s’est toujours imprégné de genres périphériques comme le Garage, le Dub ou encore le Drum & Bass (pour ne citer qu’eux). Des terrains de jeu idéaux pour le « toasting » et la mise en valeur des montées toniques de l’accent Anglais (remember The Streets ?), qui ont pourtant rendus plus difficile son exportation à l’étranger. Le British HipHop n’est resté que trop souvent une exception britannique, à mise à part quelques exceptions – justement -, comme M.I.A. ou le grand Roots Manuva.

Dans la meute, on peut vous citer le jeune Irlandais Rejjie Snow (vous nous excuserez pour l’extension géographique du UK ;) ) dont nous vous parlions récemment, mais aussi Loyle Carner dont le phrasé ne laisse guère de doute quant à la Nationalité, une certitude « A.O.C. » assez comparable à l’écoute de King Krule en somme. Loyle fait partie de ces rappeurs « born sleepy », à l’instar d’un Earl Sweatshirt trahi par ses cernes, dont le timbre monochorde et solennel accentue plus la prononciation mot-à-mot que le flow pur. La piste vocale s’en retrouve donc le plus souvent en retrait par rapport à la production, en phase avec la réserve de l’artiste.

Le petit Carner n’est pas spécialement joyeux, et le dit lui-même dans l’excellent BFG en introduction de son premier EP A Little Late« Everybody says I’m fucking sad, of course I’m fucking sad I miss my dad ». Agé de 20 ans, il a aiguisé sa nostalgie sur des productions plutôt intimistes qui tapissaient la première moitié de l’EP. La 2e beaucoup plus péchue, semblait annoncer une éclaircie et le réveil progressif du Briton. En cette période estivale, Loyle Carter continue sur sa lancée et nous gratifie d’une bonne petite track punchy « Tierney Terrace » (ci-dessus). Une éclosion plus qu’opportune, puisque le poulain sera à l’affiche du Midi Festival à Hyères cet été et dont nous suivons le line-up avec assiduité. London’s got boom bap, et vous pourrez le rencontrer cet été dans le sud de la France.

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Mixtape #025 • Midi Festival 2015

C’est tout simplement en musique que nous continuons À l’Heure du Midi avec une mixtape, notre 25ème déjà. On ne vous répétera pas tout le bien que nous vous avons déjà dit au sujet de la programmation racée et éclectique du Midi Festival mais cette mixtape de près d’une heure devrait suffire à vous convaincre. On y trouve un morceau de chaque artiste programmé à cette édition de printemps.

Du groove chamanique d’Ibeyi aux rythmiques assassines de Barnt en passant par la fine pop de Horsebeach, ils sont tous là et si le mix est par moment chancelant (nos compétences maisons sont bien souvent à l’arrache) la sélection ne souffre, elle, d’aucun accroc. Le Midi Festival version printemps 2015 commence le 7 mai et on ne peut que vous recommander de tenter l’expérience. Habituellement cela ne déçoit pas. Dans tous les cas, il y a quelques jours, une excellent nouvelle est arrivée avec la confirmation d’une édition cet été également dans la belle ville d’Hyères. L’aventure continue !

Nous suivre sur Soundcloud : par ici.

TRACKLIST

Ibeyi • River


Horsebeach • Faded Eyes


Aline • La Vie Electrique


Boxed In • Mystery


LA PRIEST • Oino


Mawimbi • SSCK Tiefaly


Paranoid London • Eating Glue


Barnt • Chappell


The Garden • This Could Build Us A Home


Formation • Young Ones


Ghost Culture • Mouth


Ménage à Trois • Ocean Boy


Syracuse • Lovventura


Andrea Balency • Waterfalls


Paradis • Garde Le Pour Toi

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Le Midi Festival • Une histoire contée par Frédéric Landini

Le Midi Festival occupe une place particulière dans les coeurs de la rédaction. Il y a plusieurs mois, nous posions quelques questions à Frédéric Landini, figure essentielle du festival. À l’occasion de l’édition 2016 du Midi, nous avons remis en page cette discussion qui nous fait découvrir un peu des coulisses et beaucoup de l’histoire de ce projet qui fait bouger la french riviera depuis de longues années.

Un homme dont les principaux choix semblent avoir été guidés par un amour démesuré pour la musique. Avant de se lancer dans l’aventure Midi, c’est au sein du groupe Get Back Guinozzi! que Frédéric connaitra ses premiers faits d’armes : un album sorti sur Fat Cat Records (oui, le label de The Growlers et de Honeyblood), une poignée de concerts et surtout une réflexion autour de sa ville natale. « En 2005, ça faisait déjà trois ans que le festival Aquaplaning qui avait lieu à Hyères depuis 1999 et sur lequel je bossais comme régisseur général, s’était arrêté. Il y avait donc une certaine frustration pour certaines personnes de la ville et de la région de ne plus avoir de grand événement musical. C’est à ce moment-là que je me suis demandé comment je pouvais devenir un acteur culturel sur mon territoire avec une question en tête : si je ne programme pas les groupes que j’aime ici, qui le fera ? C’est avec cette idée et une vision précise du festival que je voulais développer que ça a débuté ».

Le batteur de Holy Shit, n’était autre que Christopher Owens. C’est une des plus belles rencontres artistiques que j’ai fait au festival. Et là je me suis dit que nous étions en train d’écrire quelque chose avec le Midi, malgré tous les problèmes que nous avions rencontré

Amener une nouvelle proposition musicale et faire connaître à un public des artistes encore inconnus, voilà les mots d’ordre qui ont donné l’impulsion au Midi Festival. En 2005, la première édition voit le jour mais à La Seyne-sur-Mer. Un début qui se déroula d’une manière naturelle et loin de l’héritage de l’Aquaplaning et des projecteurs de la ville Hyères. « Cette première édition ressemblait plus à une sorte de grand workshop qu’à un véritable festival. L’entrée était gratuite et le concept était de présenter les artistes qu’on aimait, il n’y avait pas vraiment de têtes d’affiche. On ne savait même pas qu’on allait continuer en fait. ». Pari réussi pour Frédéric et son équipe qui reçoivent un soutient de la ville de Hyères pour y installer leur festival et la proposition d’un lieu unique pour y accueillir les concerts, la Villa Noailles. « Je suis obsédé par Animal Collective depuis leurs débuts, et par tous les side-projects des mecs du groupe, Panda Bear, Noah Lennox, etc. On voulait les faire cette année là, mais c’était trop compliqué. A cette période je me prends aussi d’amour pour la nouvelle scène indé californienne emmenée par Ariel Pink. On décide de le programmer avec un autre groupe dans lequel il joue, Holy Shit. Et là ça a été le choc : musical, culturel et aussi anecdotique car ils ont tous perdu leur bagage dans les transferts d’aéroport. »

Une seconde édition sous le signe du chaos, mais Fréderic ne baisse pas les bras et prend conscience que ces épisodes ont uni l’équipe du Midi au point d’en faire naître l’essence de ce qu’il est aujourd’hui : un esprit DIY et aussi beaucoup de rencontres. « Le batteur de Holy Shit, n’était autre que Christopher Owens. C’est une des plus belles rencontres artistiques que j’ai fait au festival. Et là je me suis dit que nous étions en train d’écrire quelque chose avec le Midi, malgré tous les problèmes que nous avions rencontré ». Le Midi se place alors comme LE nouveau festival des découvertes Indie. Parfois taxé de snob, Frédéric reste fidèle à lui-même, prend des risques en programmant des groupes encore inconnus avec ce soucis de faire découvrir des artistes aux spectateurs, de leur faire vivre une véritable expérience placée sous le signe de la découverte.

L’année 2007 accueillera Animal Collective et Caribou ; en 2008 ce sera au tour de Girls et Glass Candy ; en 2009 Skeleton$ et Jeremy Jay ; en 2010 on aura le plaisir de retrouver The XX, Wu-Lyf, These New Puritans, Kindness, Egyptian Hip Hop,… Des groupes aujourd’hui hissés au rang d’icône de la scène Indie mondiale. Le Midi se veut précurseur et est seul festival à assumer une telle programmation en France à cette époque : « Précurseur, je ne sais pas trop car je suis assez modeste, mais te dire le contraire serait te mentir… Mais ça a été assez différent en fonction des groupes. Pour Girls par exemple, oui là je me dit qu’on y est pour quelque chose dans la création du groupe. Christopher m’envoyait des démos et j’ai trouvé ça génial. Je lui ai dit de venir jouer en 2008 et il m’a dit Ok. Il a dit ça à Chet JR White qui a été assez enthousiaste et puis ils ont monté le groupe parce qu’ils avaient cette date et que ça leur permettait de faire une tournée européenne ».

En 2011, le festival passe un cap en terme de lieux, de capacité, de line up et d’effectifs. La Villa Noailles restera le lieu de prédilection du Midi mais l’équipe ouvrira en parallèle la scène de L’Hippodrome et la scène de la plage de l’Almanar. Têtes d’affiches et découvertes se mélangent alors dans ces différents lieux où désormais la musique électronique club vient côtoyer les nouvelles stars de la Pop Indie et du Rock : Primal Scream, Baxter Dury, Alt-J, Washed Out, Hudson Mohawke, Disclosure, SBTRKT, Blood Orange, Palma Violets, Pearson Sounds,… La liste est longue, parfaite, et n’a rien a envié aux autres festivals français. Le fruit d’un travail de recherche d’une équipe de programmation désormais composée de L’Amateur et d’Antoine Voisin Massé. Le festival passe alors de 300 personnes à plus de 5 000 spectateurs réuni lors d’une messe folkeuse indé orchestrée par le génialissime Bon Iver. Mais malgré cela, le festival reste fidèle à son idée de départ et à ce qui a fait sa réussite. « La Villa Noailles, la saison à laquelle le festival est organisé, cette ambiance de fête et de famille, la manière dont on accueille les artistes et relations que l’on noue avec eux,… c’est un peu ça notre force au Midi festival. Cette atmosphère générale est bénéfique et a un effet direct aussi bien sur les groupes qui viennent jouer que sur le public. Et c’est aussi parce qu’on a une âme et qu’on fait ça avec notre cœur. Il y a des festivals de pro, des festivals pour les pros et les autres comme La Route Du Rock ou Les Trans qui sont force de proposition et sont menés par des mecs qui ont dédié leur vie à ça, des passionnés »

Le Midi Festival semble dégager une certaine magie dont chaque spectateur garde un souvenir particulier. Des rencontres, des amours passagers, des révélations musicales, le Midi est un moment qui a marqué les esprits de beaucoup de personnes, aussi bien du côté des festivaliers que des artistes. « En 2010 je découvre Alt-J, là ils étaient vraiment inconnus. On les fait jouer au Point F et à l’époque ils ne s’appelaient même pas comme ça. J’avais entendu une de leur chanson qui s’appelait « Léon », comme le nom de mon fils qui venait de naître. Ça m’a tout de suite parlé et on les a programmé l’année d’après. Il y a aussi la demande en mariage du bassiste de A Sunny Day In Glasgow à la chanteuse du groupe. Après il y a l’histoire de Christopher Owens et de sa rencontre avec Lysandre dont il empruntera le nom pour son album solo. Bref il se passe plein d’histoire à chaque fois et ça montre un peu qu’on est un festival différent des autres. Rassembler des gens autour d’un projet musical fort. Il se crée plein de trucs lors du festival. Un jour on m’a dit que j’étais un fabricant de souvenirs et ça a plutôt résumé ce qu’on essaye de faire au festival ».

Mon objectif à chaque édition était de semer des choses pour aller plus loin, grossir. Ce développement était très bénéfique mais peut-être qu’on est allé trop vite, qu’on a passé un step trop vite

Malgré son image et sa renommée, le Midi rencontre des difficultés financières et de communication avec la mairie de Hyères en 2014. Dans la foulée, un élan de solidarité se développe au sein des médias, du public et des artistes, témoignage de l’importance que représente le festival pour eux. La dixième année n’a failli pas être et quand on demande a Fréderic s’il pensait en arriver là il y a dix ans, sa réponse est assez simple : « Je ne savais pas que ça allait durer autant de temps. Mais quelque part je m’en doutais. Un jour un type à qui je parlais de ma frustration de ne pas pouvoir programmer tel ou tel groupe m’avait suggéré de me dire que j’étais là pour 20 ans. J’ai flippé en entendant ça, mais en y réfléchissant c’était pas bête. Avec le Midi on s’est déjà inscrit dans la durée. Mon objectif à chaque édition était de semer des choses pour aller plus loin, grossir. Ce développement était très bénéfique mais peut-être qu’on est allé trop vite à un moment, qu’on a passé un step trop rapidement. C’est pour ça que cette année on reprend notre rythme de croisière initial même si on veut toujours inscrire le festival sur le long terme. On est reparti, malgré quelques difficultés. En 2015 on sera à Hyères pour une édition d’été et ça c’est une bonne nouvelle ! On va monter une agence de booking aussi. On a le projet de s’ouvrir à des évènements autour de la Méditerranée également. Pas mal de choses. »

Dix ans de militantisme musical donc, qui ne vont pas s’arrêter là et qui on l’espère nous réserverons des surprises pour les dix prochaines années. Si Frédéric devait choisir le groupe qui ressemble le plus à cette première décennie passée, le choix est assez délicat : « Mon groupe d’abord (rires) ! Animal Collective pour mon obsession pour eux. Mais en vrai ça serait Wu-Lyf car notre rencontre avec eux a été bouleversante. D’abord car ils viennent de Manchester une ville qui a un héritage musical que j’adore et que leur démarche dépassait celle des groupes habituels. C’était authentique, une approche intellectuelle de la musique et une création spontanée. Le groupe n’existe plus malheureusement, encore une chose qui prouve bien qu’ils étaient spéciaux ». Et celui qu’il rêverait de programmer : « The Durutti Column pour les vieux groupes bien sûr ! »

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Midi Festival 2015

Midi Festival • Focus Programmation

Si il y a bien un point sur lequel vous vous devez de suivre aveuglement le Midi Festival c’est bien sa programmation. Preuves historiques à l’appui, jugez par vous-même : Carbou et Animal Collective en 2007, Girls en 2008, Kindness en 2010 ou encore King Krule et Washed Out dès 2011. Si il y a de grandes chances que vous ne connaissiez pas tous les noms bookés cette année, cet article en deux parties (2ème partie dans quelques jours) est là pour vous éclairer et vous faire découvrir à coup sûr quelques merveilles.

Horsebeach

Presque trop évidente, la première idée qui traverse l’esprit à l’écoute de la musique de Horsebeach est celle d’un souvenir, celui de la musique de The Smiths. Il faut dire que les 4 anglais qui se cachent derrière cette formation viennent de Manchester en plus de tracer le chemin d’une pop fine et racée. La comparaison est forcément facile.

Si le quatuor ne cherche aucunement à établir de hiérarchie en son sein, force est de constater que le projet est avant tout celui de Ryan Kennedy, disquaire d’à peine 23 ans qui a déjà une idée bien à lui de ce que doit être le son Horsebeach : « Depuis le début, j’ai une idée précise de comment doit être et sonner Horsebeach. C’est pourquoi j’ai souhaité tout écrire, enregistrer et mixer afin de créer quelque chose le plus authentiquement possible. Il n’y avait pas un producteur sur mon dos pour fouiner ou me dire : « Fais comme ci, fais comme ça. » Les chansons sont livrées dans leur forme la plus pure.” (1).

Que son frontman soit dans la vie de tous les jours disquaire ne surprend guère lorsque l’on se penche un peu plus finement sur la pop d’Horsebeach référencée à souhait. On y perçoit un héritage locale avec ces guitares emmêlées à la Durutti Column mais également des influences plus contemporaines et américaines avec la pop douce, ensoleillé et parfois désabusée de Real Estates ou encore Craft Spells. Horsebeach perpétuera donc la tradition toute mancunienne du Midi Festival après Wu Lyf, Los Porcos ou encore Money.

Paradis

Duo français à la profondeur électronique et aux accents pop, Paradis trace depuis quelques années déjà un chemin singulier pour divulguer une musique qui l’est tout autant. Il n’est pas tant question de son choix de chanter en français – bien que celui-ci surprenne tout autant qu’il enchante – mais plus d’une démarche artistique surprenante et salvatrice à l’heure du tout, tout le temps et tout de suite.

Paradis prend le temps de construire des morceaux à tiroirs qui se découvrent et se redécouvrent au fil des écoutes comme autant de chemins sinueux qu’il faut s’aventurer à emprunter. Après une première et excellente sortie sur la structure Beats In Space, Paradis s’est présenté en début d’année avec un EP Couleurs Primaires qui nous a fait toucher du doigt toute la force et le potentiel pop de leur musique. Alors qu’ils ont commencé en catimini à se produire live en 1er partie de Christine and the Queens, on attend avec impatience de découvrir Paradis en dehors du cocon studio qu’ils maitrisent déjà parfaitement.

Ibeyi

Vous ne pourrez pas dire que l’on ne vous avait pas prévenu. Il y a presque un an déjà, nous vous parlions de deux sœurs franco-cubaines qui allaient très surement en surprendre plus d’un. Il faut dire que repéré par la toujours excellente équipe d’XL Recordings ce duo a de quoi séduire avec une musique hybride fruit de leurs divers influences culturelles mais aussi de deux voix atypiques et d’une production parfaite, sur le fil, du génial Richard Russell.

La musique d’Ibeyi ne peut être appréhendée sans saisir le langage utilisé par ses deux sœurs jumelles tout au long de leur premier LP éponyme. De l’anglais souvent, du français de temps à autres et du Yoruba parfois, langue historiquement africaine et qui a traversé l’atlantique au XVIIème siècle avec les esclaves venus du Nigéria et du Bénin. Enfin, pour la petite anecdote, qui ne peut être abordé comme un simple détail, leur père Anga Diaz n’était d’autre que le percussionniste du mythique groupe cubain Buena Vista Social Club.

Syracuse

Un autre duo électronique mais cette fois paritaire. Après Paradis, c’est Syracuse que nous vous présentons. Formée par les amis d’enfance Antoine Kogut et Isabelle Maître, la musique de Syracuse est indissociable des machines. Synthétiseurs, boites à rythme, 808, 303 et autres chiffres emblématiques, le duo use de ces instruments pour nous transporter quelque part entre une pop innocemment psychédélique et un groove suave et moite. Le pointu label Antinote ne s’est pas trompé et les a invité à sortir un Maxi qui a marqué les esprits l’année dernière après un premier EP en 2012. Le duo travaille actuellement sur un LP dont on espère qu’il empruntera autant à la légèreté d’un titre comme « Latomia » (ci-dessous) qu’à la dance de « Giants Mirrors ».

LA Priest

Que dire sur LA Priest si ce n’est que nous attendions à la rédaction des nouvelles de Samuel Eastgate depuis de longues années. Il faut dire que le génial mais torturé esprit de l’anglais avait accouché en 2008 d’un album aussi hybride qu’avant gardiste : l’excellent Fantasy Black Channel de Late of The Pier.

C’est donc 7 ans plus tard, avec son nouveau projet LA Priest que Monsieur Dust s’est rappelé à notre bon souvenir avec un premier single « Oino » qui réussit à capturer et stabiliser sa fougue créative, explosive. LA Priest nous propose donc de poursuivre le chemin tracer par Late Of The Pier et c’est les yeux fermés et un immense sourire aux lèvres que nous l’accompagnons.

Andrea Balency

Après un tour du côté de Cuba avec les jumelles d’Ibeyi, Andrea Balency se présente également comme une productrice géniale et propose une musique viscérale qu’il est difficile de décrire. On pense instinctivement à FKA Twigs et ce downtempo déstructuré à l’écoute d’un titre comme « Deep Sunk ». Franco-Mexicaine installée à Londres, Andrea Balency a déjà collaboré avec Kilo Kish et s’est faite repérée par James Blake qui l’a invité à se produire en 1er partie de ses concerts. Pas de mauvaises références en soit.

Ghost Culture

C’est sur ces détails que l’on retrouve la touche Midi Festival. Sur une programmation cohérente et liée. Ghost Culture partage avec Paradis le même amour pour la pop électronique et ces deniers n’ont d’ailleurs pas hésité à l’inviter récemment à Paris lors de l’une de leurs soirées. Mais Ghost Culture partage également quelque chose avec LA Priest. Il s’agit tout simplement d’Erol Alkan, génial producteur qui accompagne Sam Eastgate depuis longtemps et qui est tombé il y a peu amoureux de James Greenwood et de sa musique.

Né à Cambridge en 1990, Ghostculture mélange dans ses compositions la fougue et l’innocence de la new-wave époque Haçienda et la douceur d’un piano et de compositions qu’Elliott Smith n’aurait pas renié. Un programme difficile à appréhender sans l’écouter mais que le jeune anglais maitrise déjà parfaitement. Le découvrir en live sera à coup sûr un des grands moments de ce Midi Festival 2015.

Ménage à Trois

Que vous dire que l’on ne vous a pas déjà conté sur Ménage à Trois ? La formation mancunienne était déjà de la partie l’année dernière avec un live à la Villa Noailles tout en suspension et douceur. Mènage à Trois cultive un esprit presque fraternel bercé par la tendresse et l’amour. Signé depuis seulement quelques mois, le groupe a rejoint la famille Cracki Records et vient ainsi garnir une écurie déjà bien remplie (Isaac Delusion, L’Impératrice etc …).

C’est avec Australia Part 1 (en écoute ci-dessous) que Ménage à Trois s’est présenté il y a quelques semaines et a ainsi entamé le chapitre Cracki Records. Un EP plein de groove suave où le rnb flirte avec la pop électronique et laisse assez d’espaces pour quelques cavalcades et autres chevauchés oniriques. C’est en habituée du festival et de son atmosphère que la formation se présentera début mai.

 The Garden

Jumeaux originaires de l’ouest américain, The Garden ne laissent pas grande monde indifférent. Parfois géniaux, parfois très (trop ?) proche du ridicule, le groupe formé par Fletcher et Wyatt Shears détonne dans le paysage musical actuel. Avec uniquement une basse et une batterie, les morceaux The Garden ne dépassent que très rarement les 2mn et si cela surprend, ça n’en est pas moins rafraichissant. Energie et phrasé punk déguisés sous une esthétique branlo-fashion la formation se plaît à brouiller les pistes tout en prenant soigneusement la peine de se prendre trop au sérieux pour qu’on ne comprenne quoi que ce soit.

Il faut dire que le chemin a été pour le moins directe pour les jumeaux qui, repérés soudainement par Hedi Slimane se voient propulsés sur les podiums et dans les campagnes d’affichage faisant ainsi tomber sur eux une hype difficilement contrôlable. Pour autant, The Garden a su en jouer pour mieux surprendre un public qui ne s’attend vraiment jamais à ce que la formation propose, en live ou sur mp3. On vous aura prévenu !

Aline

Si il y a bien un groupe qui sera peu dépaysé durant ce festival c’est Aline, quatuor français mais surtout originaire de Marseille qui s’était déjà produit dans le cadre des Midi Concerts en 2010 mais alors sous le nom de Young Michelin. Depuis la formation a parcouru pas mal de chemin, en changeant de nom d’abord (parce que les grands méchants pneus n’étaient pas contents) et en explosant auprès du grand public surtout avec « Je Bois et Puis Je Danse » hymne enchanteur pop empruntant aux guitares bondissantes chères à nos amis britanniques.

Il y a à peine un mois Aline sortait « La Vie Electrique » premier single de leur prochain album qui sortira en Juin prochain et tube aux guitares tranchantes et au clavier efficace. Le groupe se produira donc le vendredi 8 mai à Toulon, en terres conquises.

Boxed In

Le son de Boxed In n’a clairement pas encore traversé la manche et c’est pourquoi on est plus que reconnaissant envers le Midi Festival de les faire jouer à cette édition 2015. Il faut dire que du côté des UK, la formation a déjà bien fait parler d’elle et pourrait très bien être le prochain gros machin, THE NEXT BIG THING quoi !

Derrière ce projet se cache Oli Bayston, producteur émérite et songwriter de grand talent. La musique de Boxed In est difficilement descriptible avec l’omniprésence d’un piano qui n’enlève en rien le côté brut et dance de la chose. Il faut dire qu’Oli puise ses influences aussi bien du côté de Neu! que de Theo Parrish. On retrouve d’ailleurs comme chez ce dernier un amour des rythmiques délicieusement déstructurées et portées par des cloches qui continuent de raisonner un bon moment dans nos têtes. On vous laisse découvrir.

Formation

On vous avait rapidement parlé de Formation il y a plusieurs mois avec la claque reçue à l’écoute de leur tube « Young Ones ». On ne savait alors pas grand chose de ce duo formé de jumeaux (une fois encore !) londoniens si ce n’est que leur musique minimaliste et plein de groove aurait eu parfaitement sa place sur le mythique label DFA Records. Formation nous rappelle en ce sens les débuts de The Rapture, le côté branlo-punk en moins et nostalgico-dance en plus.

On voit bien Formation comme un pendant romantique à la liesse moderno-hippie que Jagwar Ma déclenche à chacune de ses sorties. Ce tombe bien, il y a 3 ans déjà les australiens avaient mis le feu au Midi Festival 2012. Il ne reste donc plus qu’à Formation de nous faire danser de très longues minutes, le sourire aux lèvres et la tête frénétiquement en l’air. On leur fait confiance.

Mawimbi

Avant tout, et même si parfois le mot est à tort et à travers utilisé, Mawimbi est un collectif plus qu’un groupe. Créé en 2013 à Paris, Mawimbi se construit autour de plusieurs artistes, de plusieurs producteurs, de plusieurs membres. Si le collectif s’est construit sur Paris, deux de ses membres (Lucas et Alex) sont originaires de Toulon.

L’orgiginalité de Mawimbi réside dans un son métissé et des influences plus que variées. Les membres sont pour la plupart rentrés dans les musiques électroniques il y a quelques années seulement et ils ne s’en cachent pas. Sans être réducteur, on peut dire que Mawimbi se fait, sur la scène électronique française, le porte parole des sonorités africaines. Une afrique qui a énormément à nous offrir et qui surprend autant qu’elle fait danser. Après avoir déjà retourner pas mal de spots sur Paris (Gaité Lyrique, Machine du Moulin Rouge etc …) Mawimbi s’occupera de la plage du samedi 9 mai.

Paranoid London

Cette année non plus, le penchant club du Midi Festival n’est pas en reste avec la présence de 2 pointures du genre, Paranoid London et Barnt. Mon premier est un duo qui officie dans la scène techno depuis plusieurs années, et avec discrétion. En dehors des autoroutes de la techno, le groupe fait profil bas et suit son chemin avec des disques rares et extrêmement bien produits. Visiblement, cela leur réussit car les faibles tirages s’échangent à prix d’or sur les places de marché musicales. A l’écoute de tubes tels que Paris Dub 1, on ne peut que s’incliner.

Barnt

Barnt, quant à lui, est presque un nouveau venu dans le circuit. Egalement à la tête de son propre label, Magazine, il produit en solo les disques des autres ou les siens sur des labels qui font parler la poudre (Comeme, Mule, Hinge Finger). Fort d’un premier album sorti l’an dernier, Barnt multiplie les casquettes sans écorner la qualité de ses productions.

 

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Shadazz & le Midi Festival présentent : À l’heure du Midi

Nous vous présentons en partenariat avec le Midi Festival : À l’heure du Midi. Rubrique et dossier dédié au Midi Festival. Quelques explications.

Ce fût un coup de foudre, un coup de coeur collectif. Nous sommes en 2012 et nous nous décidons à traverser la France pour nous rendre au Midi Festival. Si l’événement en est alors déjà à sa 5ème édition, on le découvre innocemment, submergé par une programmation fine, avant-gardiste et de qualité, par des lieux d’exception et par une ambiance particulière, unique. Loin des festivals géants qui s’aventurent tous dans une course effrénée aux grands noms et au nombre de scènes, l’équipe du Midi cultive sa singularité sans jamais tomber dans le piège de l’embourgeoisement. Un festival à taille humaine beaucoup dirons mais surtout un festival de l’instant magique, du moment suspendu, que ce soit pour écouter Bon Iver en petit comité, pour découvrir Wu Lyf un soir d’été ou pour danser en fin d’après-midi avec Los Porcos.

C’est donc avec bonheur que nous avons accepté l’invitation du Midi Festival à construire un partenariat qui va un petit peu au-delà du simple article promotionnel. Ensemble nous avons pensé ce « dossier » si nous pouvons l’appeler ainsi : À l’heure du Midi.

Durant tous le mois d’avril nous vous proposerons du contenu pour mieux connaître l’histoire du Midi Festival et découvrir son édition de printemps qui se tiendra à Toulon les 7, 8 et 9 mai prochains. Interviews, focus programmation, visuels, jeu-concours ou encore mixtapes, vous aurez l’occasion d’en voir, d’en lire et d’en écouter un peu plus que d’accoutumée sur ce festival si particulier. En espérant bien entendu que cela vous donne l’envie d’aller y faire un tour …

[visuel « à l’heure du midi » : Victor Hallard]


Enfin, découvrez ci-dessous la programmation complète de l’édition de printemps Midi Festival French Riviera : 

Event : http://bit.ly/midievent
Tickets : http://bit.ly/miditickets


Midi Festival 2015