Montréal

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Bobbypin • ITW + EP PREMIERE

Bobbypin is the solo project of Alana Marta DeVito and one of the most interesting pop music we have discovered this year. Yesterday in Montréal, currently in Berlin and tomorrow elsewhere, Alana just gave birth to 6 tracks full of melancholy, groove and sincerity. And it just made us want to know more about her life, her inspirations and her creative process. While learning more about the artist, make sure you listen to Sketches from a Terrace, her very first solo EP she is releasing here on Shadazz today.


For purchase : bobbypinmusic.bandcamp.com


Can you tell us more about your artistic background and how you came to this very first solo EP? 

Interview by Laura Rosa & Romain Ramos

Derrière Bobbypin, un des projets pop les plus confidentiels et intéressants de 2016, se cache Alana Marta DeVito. Hier sur Montréal, aujourd’hui à Berlin et demain très surement ailleurs, Alana vient de donner vie à un 6 titres mélancoliques, dansants, parfois chancelants mais toujours sincères. De quoi nous donner envie d’en savoir plus sur sa vie, ses inspirations et son processus créatif. Elle nous offre également en écoute intégrale Sketches from a Terrace, son premier EP.


Disponible à l’achat : bobbypinmusic.bandcamp.com


Peux-tu nous parler un peu de toi, de ton parcours et de comment tu en es arrivée à ce premier EP ?

Enfant, j’ai d’abord commencé par faire du dessin et de la peinture. J’adorais ça, mais je ne pense pas que ce soit là dedans que je suis la plus douée. J’en ai tout de même gardé un vrai intérêt pour travailler et créer des choses avec mes mains.

Le tout premier groupe dans lequel j’ai joué s’appelait Glorystroke, c’était durant le lycée. On a partagé la scène avec des groupes comme Silverstein ou encore Alexisonfire. Ce n’était pas forcément mon genre de musique préféré mais j’avais vraiment envie de jouer dans un groupe. En fait, le chanteur de Glorystroke m’a proposé de jouer avec eux après m’avoir entendu gueuler sur le fait qu’aucun mec ne voulait me laisser jouer dans un groupe. Cette expérience m’a permis de jouer en live pour la première fois et c’est quelque chose qui m’a rapidement plu même si je n’étais pas encore tout à fait au point.

C’est plus tard, à Toronto lorsque j’étais à l’université que j’ai réellement monté mon propre groupe avec ma meilleure amie Alex Mackenzie. Elle joue maintenant dans un band qui s’appelle Petra Glynt. On s’est rencontrés dans un bar, on devait avoir entre 20 et 21 ans. J’ai tout de suite accroché avec elle. Elle a une énergie unique et elle est vraiment talentueuse. Jen au chant et Norelle à la basse nous ont ensuite rejoins et on a formé Machetes. C’était un groupe 100% punk/post-punk et donc aussi 100% féminin. On sonnait un peu entre les Stooges et Siouxsie Sioux and the banshees, plutôt sauvage sur scène du coup. Au bout d’une année environ on a eu Roger O’Donnell au management. C’est quand même le claviériste de The Cure. Ça nous a permis d’aller enregistrer notre premier album en Angleterre et de partir en tournée. S’en est suivi un joyeux bordel puis le groupe s’est splité.

Les années suivantes j’ai vraiment vadrouiller à jouer à gauche et à droite, pour des groupes qui avaient besoin de quelqu’un, jusqu’à ce que Laura Herminston m’approche pour rejoindre officiellement son groupe ; les BB Guns. C’était vraiment un chouette groupe dans lequel jouer. On sonnait un peu comme les groupes de filles des 60s mais en plus garage. On mettait de jolies petits habits et on faisait ensuite n’importe quoi, parfois même un peu trop. On a surtout joué à Toronto en première partie de pas mal de groupes cool : Dum Dum Girls; Bleached, Crocodiles, Jacuzzi Boys ou encore Shoned Knife.

Petit à petit, le groupe commençait un peu à s’étioler et j’étais vraiment angoissé. Je me demandais « merde, je vais faire quoi de ma vie maintenant ». Surtout qu’en même temps je sortais d’une longe relation et du coup tout s’enchaînait un peu trop rapidement. Pour échapper à tout ça en quelques sortes, je suis partie à Montréal. J’y ai retrouvé Alex qui venait juste de s’y installer. À force de traîner ensemble, une des ses amis m’a dit un jour que le groupe de sa meilleure pote cherchait quelqu’un pour jouer à la basse. Je me suis dit « pourquoi pas essayer » et j’ai lâché tout ce que j’avais à Toronto pour moi aussi m’installer à Montréal. C’est comme ça que j’ai fini par suivre TOPS pendant 1 an sur leur tournée Nord Amérique et Europe.

Au final, ça s’est également terminé et je me suis dit qu’il était peut être temps que je lance mon propre projet et que j’affronte mes peurs qui étaient essentiellement le fait de porter un projet à moi toute seule. J’avais déjà commencé à écrire quelques morceaux en tournée avec TOPS, et j’ai poursuivi ensuite chez moi. Je me suis quand même dit que pour finaliser tout ça j’avais besoin d’un peu de changement, d’inspiration et je suis donc partie à Berlin. J’y ai installé une sorte de petit studio dans ma chambre et j’ai passé une année entière à apprendre à enregistrer, produire et mixer mes propres compositions. Ça a donné l’EP que je viens tout juste de sortir (en écoute ci-dessus) : Sketches from a Terrace sur RiverGirls Records. En parallèle; je joue aussi de la guitare dans le groupe psych punk Peeling qui est signé sur Buzz Records (le même label que Diilly Dally et Weaves). On vient tout juste de terminer une tournée Nord Amérique en faisant notamment la première partie de Preoccupations et Duchess Says.

De quelle façon ton parcours a influencé ce premier EP et le son que tu cherches pour Bobbypin ?

Je dirais que mon intérêt pour la production sonore, la technicité de l’électronique, l’enregistrement et la musique électronique ont formé mon inspiration initiale pour la création de Bobbypin. Je jouais toujours plus de guitare dans des groupes de type plutôt rock mais j’ai toujours aimé la musique expérimentale pop électronique et je voulais explorer cela pour un changement.  Je pense que ça s’entend dans ma musique. Ce n’est pas tout à fait de la « vraie » musique électronique. Il y a un peu plus de structure et de forme dans le processus d’écriture de chansons. Je pense que ça s’entend quand quelqu’un vient plutôt du « rock ». C’est juste qu’il n’y a plus de guitare haha.

Dans ce projet tu t’occupes de tout : écriture, son, production. Tu peux nous expliquer en quelques mots ton processus de création ?

La chose la plus importante pour moi, surtout au début, était de faire abstraction des doutes et jugements. La raison pour laquelle je n’ai jamais fait de chansons solo ou moi-même pris les reines d’un groupe était par peur que des personnes haïssent ce que j’avais produit. Il était toujours plus sûr d’être la « main droite », le deuxième. Quand j’écris pour Bobbypin je ne pense pas à ça. J’assemble seule toutes les idées que j’ai dans une chanson, un peu comme ont fait une sculpture. Chaque fois que j’entends cette petite voix dans ma tête qui me juge je la repousse et je continue avec l’idée. À moins qu’elle ne fonctionne pas ou ne sonne pas bien évidemment. Mais je ne me laisse jamais emporté par la peur car cela pourrait toujours être une excellente idée… ou quelque chose de totalement ringard !

Tu peux nous en dire plus au sujet de « Blue Valentine », morceau de ton premier EP.

Blue Valentine est une chanson « mignonne » si l’on s’intéresse à ses paroles. Elle a été écrite à propos d’un de mes amis qui s’est fait mener en bateau par une fille qu’il aimait. Je l’ai écrit du point de vue de la fille lui courant autour. La musique a été composée sur une belle terrasse dans un appartement que je louais à Nîmes en France l’été dernier. Au début, j’avais enregistré les sons des cloches de l’église et des oiseaux dans le quartier et voulait l’ajouter au début et à la fin de la chanson. Je prévois de refaire la chanson un jour du coup je garde cette idée en tête pour plus tard.

Qui sont les artistes qui t’inspirent le plus ?

Comme ça, je pense à David Bowie, Siouxsie Sioux, Kraftwerk, Grimes, Blood Orange, Air, Roxy Music, Eurythmics, Strawberry Switchblade ou encore Massive Attack.

Comment décrirais tu ton style musical ?

Je dirais que c’est de la pop alternative, à la fois brumeuse et pleine d’éclat.

As tu une tournée de prévue ?

Je vais jouer quelques spectacles sur la côte ouest pendant que je suis là, tester mon live et travailler avec du nouveau matériel. Après cela, je veux mettre sur pied une bonne tournée.

Est-ce que tu es toujours en train d’écrire de nouveaux morceaux ?

Propos recueillis par Laura Rosa & Romain Ramos

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PREMIÈRE : VULGAIRE • Femme (Session Qualité Réduite)

Il existe des projets singuliers qui ne vont pas chercher l’inimaginable pour donner vie à l’originalité. Qualité Réduite fait partie de ces projets et Montréal de ces villes qui embrassent pleinement cette logique. En mêlant sessions live, sélection soignée d’artistes de la scène locale et production VHS finement travaillée, le projet donne vie à un documentaire unique naviguant entre sons et images. Capturées au ReelRoad studio, les sessions lives convient d’excellents bands de l’effervescente fourmilière artistique que représente la plus grande ville du Québec : Adam Strangler, Uubbuurruu ou encore Les Marinellis.

Avec le titre « Femme », c’est la session enregistrée par VULGAIRE que nous vous présentons en première. Évolution musicale, linguistique et sémantique d’une formation autrefois connue sous le pseudonyme Vulgar, You!, le groupe offre 5mn d’une mélodie sous forme de contemplation moite et aventureuse. La nervosité et la frappe mécanique des sections rythmiques contrebalancent la folie insaisissable des claviers et guitares. En utilisant les parties vocales comme de véritables instruments, VULGAIRE vient affiner l’identité d’un doux songe brumeux. Une qualité réduite à l’essentielle.

Exit Someone

Exit Someone • Sydney, The List Goes On

Nouveau projet né à Montréal, Exit Someone réuni Thom Gillies (anciennement chez TOPS et aujourd’hui au sein de Vesuvio Solo) et June Moon qui officie également sous le nom de Forever. Rythmique légèrement funk et voix féminine donnent directement à ce premier titre une teinte très … TOPS. On ne s’en plaindra pas tant cela fonctionne à merveille, et on espère pouvoir en entendre plus très rapidement.

Exit Someone sera en concert au Supersonic à Paris le 13 Avril.

20 | Only Real

20 | Sélection Concerts 2015 par la rédaction

Ouais parce que malgré notre amour invétéré des internets, on a aussi essayé de sortir écouter de la musique autre part que derrière un ordinateur. Voici donc une sélection, aussi décousue que non-exhaustive, de quelques concerts qui nous ont marqué durant cette année 2015.

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Only Real • Café de la danse (Paris)

Complètement bourré sur scène, il parle, il parle, il joue des vieux morceaux en racontant qu’il s’est fait engueuler par des suédois une fois à un concert parce qu’ils étaient venus exprès pour entendre « Punks And Potion » et qu’il ne l’avait pas jouée. Il n’a plus de maison de disques et il s’en fout, il peut faire ce qu’il veut maintenant. Tellement fou qu’à la fin il se met à lancer le merch dans la foule (vinyles, t-shirts, tout y passe). On a bien rigolé.

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Thee Oh Sees • Villette Sonique 2015 (Paris)

Un peu lassé de voir Thee Oh Sees chaque année squatter la prog des festivals depuis maintenant 5 ans, le concert n’était pas gagné d’avance. Jusqu’à ce que l’on découvre la nouvelle formation du groupe. John Dwyer désormais en solo accompagné de ses deux batteurs. Un concert qui allait droit à l’essentiel.

The Liminanas

The Liminanas • La Maroquinerie (Paris)

Set d’une incroyable justesse et d’une énergie folle pour ce groupe à la classe infinie. En sus : déluge de fuzz, double rappel et une Maroquinerie volcanique.

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Unknown Mortal Orchestra • Le Marché Gare (Lyon)

La salle est pleine lorsque Ruban Nielson et ses comparses pénètrent sur scène. Très vite, un flot de mélodies pop et psychédéliques et phrasées de guitares éroiques envahissent nos coeurs, sans jamais un moment chiant. L’atmosphère est moite, humide, car Ruban ne ménage jamais sa sueur. Offert par votre partenaire Narta intensité 24H.

God Speed

Godspeed You! Black Emperor • Le Bataclan (Paris)

Parce que c’est la performance musicale live la plus ultime que j’ai eu en concert, et que ça le reste même lors de la 3e fois. L’ampleur du son produit par le groupe est si imposante que l’expérience devient physique. Et franchement tout ça ne se raconte pas, ça se vit, donc allez-y.

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King Gizzard & The Lizard Wizard • PIFPM (Paris)

Première date française pour les jeunes australiens de King Gizzard. Une Machine subjuguée par la fougue de ce groupe composé de 7 musiciens dont 2 batteurs. La révélation Psych-Rock de 2016 c’est sûr !

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Jimmy Whispers • La Route du Rock 2015 (Saint-Malo)

C’est l’après-midi, il ne fait pas très chaud et on est à la plage. Mais peu importe, Jimmy Whispers est à fond, il se renverse de la bière dessus, en jette sur la foule, raconte sa vie, saigne des genous à force de se rouler par terre. Il s’étale le sang avec sa sueur et sa bière, parce qu’il est fou, tout simplement. Oh et il slamme au milieu des 20 personnes qui sont là. C’est n’importe quoi, c’est inapproprié mais super intimiste en même temps. Il nous fait même danser un slow avec nos voisins. C’est ça l’amour.

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Mild High Club • Casa Del Popolo (Montréal)

Il est déjà minuit passée lorsque le Mild High Club s’empare de la scène sur laquelle deux groupes viennent de nous violenter, sans raison apparente, les oreilles. Il suffit de 3 accords et deux clins d’oeil à son groupe pour laisser Alexander nous emmener dans les tréfonds d’une pop rêveuse et funky.

Paradis

Paradis • Midi Festival 2015 (Toulon)

On nous a laissé entendre que le groupe avait passé du temps à affiner sa formule, à préparer ce set live. Qu’il y avait une pointe de stresse et encore pas mal d’interrogations. Nous ce qu’on a vu sur la scène de ce Midi Festival édition Printemps c’est le présent et peut être même le futur de la pop électronique française magnifiquement orchestrés par deux mecs qui derrière leurs machines avaient ce je ne sais quoi d’une timidité emplie de charisme. Une belle promesse.

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Kevin Morby • Le Point Ephémère (Paris)

Dernière date avant de rentrer aux US. Ca se sent, ils lâchent tout, pour une fois, les 3 musiciens ne sont pas statiques, ils sont hyper généreux. Il fait super chaud, ils suent, ils sont contents, ils disent merci. D’ailleurs la PP de la page facebook de Kevin est là pour témoigner de cette super soirée.YukoYuko_1920x1200jpg

Yuko Yuko • Espace B (Paris)

On s’attendait au pire venant d’un gamin aux bricolages sacrément bordéliques. Sur la petite scène de l’Espace B on a eu le droit au meilleur : une bande de kids qui gèrent parfaitement leur live avec en tête de gondole un gringalet qui s’amuse, gueule, sort des solos, fait le show. Le public répond présent, la moiteur si propre à la salle de la rue Barbanègre s’installe. C’était parfait.

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TOPS • Théâtre Fairmount (Montréal)

On a eu le plaisir de passer Halloween avec nos chouchous de Tops à Montréal. Un concert bien cool, comme d’habitude, qui s’est terminé par un Way to be Loved chanté à l’unisson par toute la salle composée de vampires et de sorcières en string encuir. On s’excuse, un peu tard, d’avoir bousculé le guitariste lorsque tout le monde a envahis la scène et d’avoir éclaté les tympans de nos voisins.

ben_khan_131114_0180_copyBen Khan • Midi Festival 2015 (Toulon)

« Le jour où j’ai craqué pour un mec en survet ». Ca résume assez bien ce qui s’est passé ce soir là. Ben Khan, c’est certes un mec qui se kiffe et qui ne kiffe pas les autres, mais il faut avouer que malgré l’absence totale d’interaction avec le public, il arrive quand même a nous donner un bon groove à la tombée du soleil, non loin des palmiers.

 

25 | Corridor-playlist montréal

25 | Playlist Montréal 2015

Notre love story avec Montréal a éclaté au grand jour il y a quelques mois, immigration à l’appui. Les salles de la ville ne font toujours pas de cartes à point de fidélité et c’est dommage mais on finit quand même l’année avec un journal musical bien étoffé.

Voici le bilan sonore de ce qu’il s’est passé à Montréal en 2015. Non-exhaustif et non objectif bien évidemment.

Renard Blanc • Marathon


TOPS • Hollow Sound Of The Morning Chims


Morthouse • Morthouse


Pierre Kwenders • Sorry


Vulgaire • Immobile, toi


Majical Cloudz • Game Show


Bronswick • Toutes les secondes


Country • Money For Cancer


Ought • Sun’s Coming Down


Blanka • Somewhere


UUBBUURRUU • Dear God


Thiscotech • Inside


Adam Strangler • Wasteland


Ponctuation • La réalité nous suffit


Corridor • Sentinelles


Xarah Dion • Sillage et caprices


Moss Lime • Choux frisé


IDALG • Demi-serpents

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Corridor • Le Voyage Éternel (Full Stream Album)

C’était il y a déjà pratiquement un an ; une reporter infiltrée à Montréal (Shadazz WORLDWIDE et tout et tout, on t’en a déjà parlé, le monde nous appartient faudra t’y faire) nous dressait un joli portrait d’une scène locale florissante et rafraîchissante. Un joli portrait certes, mais surtout un portrait plus que pertinent dans lequel figurait Corridor. Voilà qu’aujourd’hui l’actualité autour du quatuor s’emballe, à raison, avec un premier album – Le Voyage Eternel – disponible depuis quelque temps déjà au Canada mais qui, supporté par les joyeux diggers de La Souterraine, se voit aujourd’hui accompagné d’une sortie française mais surtout d’un libre téléchargement/stream via le bandcamp de ce label/organisation/collectif. L’occasion rêvée donc de se jeter sur ce bel objet qui, on vous l’assure pour avoir vécu l’expérience, revêt qui plus est un intérêt tout particulier en live. Un vrai bon groupe quoi.

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TOPS • Interview

C’était il y a tout juste un an. Pour fêter le tout premier anniversaire de Shadazz, nous invitions TOPS et Goldcrypt à l’Espace B pour une soirée qui avait rempli nos petits coeurs de bonheur et de fierté. Il faut dire que les canadiens venaient de sortir un deuxième album, Picture You Staring, magnifique de justesse, de classe et plein à craquer de tubes imparables. 

Voilà donc que 12 mois plus tard, pour boucler la boucle, nous nous entretenons par téléphone avec David (guitare) et Jane (voix et clavier) pour échanger au sujet de la sortie d’un troisième album qui, à en juger par les deux extraits déjà partagés, s’annonce excellent.

Salut David ! Comment ça va ? Est-ce que tu es tout seul aujourd’hui ou avec d’autres membres du groupe ?

Salut ! Je suis avec Jane, on est dans un studio d’enregistrement, donc on va juste parler chacun à notre tour avec vous parce qu’on bosse.

Ok, désolé de vous déranger.

Pas de problème, on fait ça tranquillement.

Ok cool. Juste pour nous présenter rapidement, je ne sais pas si vous vous en souvenez mais on avait organisé votre show à Paris en novembre l’année dernière. On est super content de vous avoir au téléphone. En tout cas félicitations pour votre nouveau single « Anything » sorti cette semaine ! On est un peu curieux, vous êtes en studio en ce moment, voilà un nouveau morceau, est-ce que vous êtes en train de préparer un nouvel album ? 

Ouais, on travaille bien sur un troisième et pour le moment c’est plutôt bon !

Très bien ! Est-ce que vous êtes toujours en train d’écrire vos morceaux ou est-ce que vous en êtes déjà à la phase d’enregistrement ?

On a déjà enregistré trois titres, on en a d’autres mais ils ne sont pas encore prêts. Celui qu’on enregistre aujourd’hui dure plus ou moins 10 minutes. Il est plutôt lent, on fait des morceaux assez lents en ce moment.

Où est le studio où vous enregistrez en ce moment, est-ce qu’il se trouve à Montréal ?

Ouais, c’est juste à côté de chez moi. Aujourd’hui on bosse avec Peter Woodford, il a un studio qui s’appelle The Bottle Garden. Il a aussi un groupe que j’aime beaucoup, Freelove Fenner.

Ok, merci pour l’info, on va vite écouter ça ! Puisqu’on parle du troisième album, si on compare votre nouveau morceau « Anything » avec ceux qu’on trouve sur Picture You Staring (deuxième LP), on peut dire qu’il est plus sombre. Est-ce que c’est quelque chose que vous avez l’intention d’explorer ?

Non, en fait il se trouve juste que cette chanson est plus sombre. Pour le troisième album on va explorer plein de choses différentes et je pense qu’il n’y pas de raison de choisir une ambiance ou une atmosphère particulière et de juste faire les choses en fonction de cela.

En parlant de l’évolution de votre musique entre le premier et le second LP, peux-tu nous décrire comment toi personnellement tu la vois ? Est-ce que tu as ressenti un changement dans la façon dont tu joues et composes ?

Ouais, il y a vraiment un changement parce que pour le premier album on a vraiment joué et composé ça tous ensemble en tant que groupe pour s’amuser et tout s’est fait super naturellement. Le second, tout s’est fait directement dans le but d’enregistrer en studio, dans un environnement plus « long terme » avec Jane et Riley et on s’est plutôt concentré sur le fait de donner sa place à chaque morceau, leur laisser avoir leur propre identité sans mettre l’accent sur le fait de savoir si on pouvait vraiment être capable de les jouer ou non. Maintenant on essaie surtout d’être plus honnête, et puis aucun d’entre nous n’est au même endroit en ce moment en dehors de Jane et moi, donc on discute par téléphone et on compose les chansons séparément. Je ne sais pas exactement pourquoi mais j’ai l’impression qu’après avoir été en tourné pendant aussi longtemps, je sais exactement ce que je veux faire pour chaque chanson, et ça ne sonne pas vraiment naturel, comme si ce n’était pas vraiment de la musique et qu’on ne sait pas vraiment ce qui est en train de se passer avec les instruments … (rires).

Ça a l’air plutôt intéressant. Tu viens dire que vous avez beaucoup tourné et que ça a probablement influencé ta façon de travailler, mais comme tu as choisi de vivre à Montréal, je me demandais si c’est aussi une ville qui t’inspire ou si c’est plutôt un choix pratique pour toi et pour les artistes en général ? On sait que les loyers sont plutôt bas ici, et que c’est une ville assez tranquille.

Les deux ! C’est une ville cool pour rencontrer du monde et échanger, tu peux aussi te laisser aller et ne rien faire du tout si tu le souhaites. C’est vraiment facile. C’est inspirant et en même temps pas vraiment, parce que tu croises tout le temps des gens qui foutent rien et pour qui ce n’est pas un problème. Mais c’est aussi une belle façon de vivre parce que je pense qu’en général les gens sont trop obnubilés par l’idée de devoir faire quelque chose tout le temps ; comme se faire une place, un nom ou faire de l’argent. Ici c’est bien plus détendu que dans le reste de l’amérique du nord et les gens s’habillent mieux aussi. Enfin pas moi … (rires).

Ben non, pas toi c’est sûr ! (rires). Et pendant que vous étiez en train de tourner, est-ce que tu t’es retrouvé dans une ville où tu te verrais bien vivre et créer ?

Ouais carrément. Il y a des endroits cools partout. J’aime bien les villes qui ont une atmosphère détendue, comme la Nouvelle-Orléans. J’aime bien la plupart des villes en Californie, sauf les villes où il n’y pas d’eau, ça me fait flipper (rires). tops_d_j_clipboards2 De notre point de vue on a l’impression que Montréal est comme une grande famille ou comme un cocon pour les artistes. Est-ce tu penses que d’autres groupes/artistes que tu côtoies comme Majical Cloudz, Sean Nicholas Savage ou même les autres gars d’Arbutus Records, t’apportent quelque chose créativement ? Est-ce que vous échangez des idées ou des avis entre vous ?

Cette ville est cool pour ça, parce que quand tu vas dans d’autres endroits comme par exemple New York, on a l’impression que pas mal de groupes sont en compétition, qu’ils essaient tous d’être le plus « edgy » ou le plus commercialisable ou peu importe, et qu’ils ne font pas que créer ce qu’ils veulent. De mon côté je ne reçois pas vraiment d’idée de création de qui que ce soit ici à Montréal, je ne vais pas te mentir.

Ok, merci pour ton honnêteté (rires). Et jusqu’à maintenant, vous avez sorti tous vos albums sur Artbutus. Est-ce que ça vous est déjà venu à l’esprit de changer de label ?

Non je ne pense vraiment pas. Le mec qui dirige le label est un de mes meilleurs potes donc … Pas de plan à ce sujet, je n’ai même pas envie de penser à ça. Hé, je vais aller attraper Jane pour que vous puissiez lui parler un peu aussi. *Hé Jane, viens discuter !* Merci d’avoir appelé, j’espère que vous allez bien vous amuser à Montréal ! Vous restez combien de temps ?

Ouais merci David ! On reste 6 mois. Au fait on est allé à la fête Arbutus Records pendant le Pop Montréal, c’était vraiment cool.

David : Ah ouais samedi, c’était vraiment un show sympa et je pense aussi que j’ai un peu trop bu ce jour-là ! (rires). A bientôt !

Jane : Salut les gars ! Comment ça va ?

Ok bye David et salut Jane ! Ça va et toi ? Désolé de vous déranger pendant que vous travaillez !

Ça va ça va ! Pas de problème, on bosse tout le temps donc …

Juste pour te dire où on a laissé la conversation avec David : on parlait de votre relation avec Arbutus Records, et suite au succès de Picture You Staring ; les super retours, la bonne couverture niveau presse, on se demandait si le label vous encourageait maintenant à avoir de nouvelles ambitions pour le groupe ?

J’ai l’impression que j’ai toujours la même ambition de mon côté mais j’imagine que plus de gens apprécient ce que je fais, plus j’ai d’opportunités pour atteindre les objectifs que j’ai, mais je pense vraiment que l’ambition est toujours la même. Les progressions que je fais ne se basent pas vraiment sur les retours que l’on peut avoir d’autres personnes, ça vient plutôt de tout ce temps que je passe à faire de la musique, à améliorer nos façons de faire et nos morceaux, à trouver du meilleur matériel à utiliser et à rencontrer des personnes qui peuvent nous aider, ce genre de choses, et aussi me développer en tant qu’artiste. Je pense qu’il y a une certaine confiance qui découle du succès, et c’est une bonne chose, mais en même temps ça peut être assez négatif. Donc je pense que je n’ai pas vraiment changé mon point de vue mais tout ça me rend super excitée à l’idée de faire des choses que je ne pouvais pas faire avant ! tops_r_clipboard Ok, donc tu n’as pas d’attente particulière, tu vas simplement continuer à faire ce que tu fais ?

J’ai quand même certains objectifs artistiques, il y a des idées que j’ai en tête depuis quelques temps mais pour lesquelles je n’avais jamais eu de budget disponible et pour lesquelles je me disais « quand j’aurai l’argent ».

Parlons rapidement de la chanson « Anything » qui vient de sortir, et que j’aime beaucoup, félicitations d’ailleurs. J’ai remarqué un changement dans la façon dont tu chantes sur ce morceau. Est-ce que tu vas aussi essayer d’explorer ça dans le prochain album ?

Ouais, en fait j’ai commencé à chanter alors que j’avais déjà 19 ou 20 ans, et j’en ai 27 maintenant. Je pense que ma voix est en train de beaucoup changer, d’autant plus qu’on a tourné pendant presque 9 mois cette année, je pense qu’elle est devenue plus forte parce qu’il le faut quand tu dois chanter par dessus des guitares, des batteries dans des endroits où il y a beaucoup de bruit avec toutes ces personnes qui discutent… D’une certaine manière on reste un groupe de rock (rires) donc je dois m’adapter au volume et je pense que ça me force à explorer d’autres façon de chanter. Pour cette chanson, j’avais aussi une idée spécifique de ce que je voulais et ça m’a aidé à beaucoup pousser sur ma voix, mais oui elle change aussi beaucoup.

Comme tu viens de le dire, votre dernière tournée était vraiment longue, comment est-ce que toi tu l’as vécu ? Est-ce que tu as vraiment apprécié ?

C’est une sorte d’aller-retour entre « c’est fun et simple » et « c’est très difficile parfois » ! Mais je vois toujours ça comme de très longues vacances ; j’aime beaucoup voyager, seulement parfois c’est difficile parce que tu as moins de temps pour toi, donc le temps que tu passes à créer est assez limité. C’est très intéressant à vivre. J’apprécie les deux : tu peux travailler sur ta musique et sur toi-même pendant que tu es en tournée, et aussi chez toi.

Est-ce que vous avez écrit quelques chansons durant cette tournée sans fin ?

Ouais ! On a commencé à jouer quelques nouveaux morceaux pendant nos concerts parce qu’on jouait vraiment beaucoup de dates et on avait besoin d’un peu de changement, c’était sympa ! David et moi on essayait aussi d’avoir des moments au calme pour pouvoir travailler sur notre musique. J’ai de jolis souvenirs de certaines villes où nous sommes en train de bosser tous les deux. Mais on écrit surtout depuis qu’on est de retour à Montréal, c’est beaucoup plus rapide quand on est ici !

Ouais j’imagine ! Et comme tu l’as dit, être un groupe indépendant n’est pas toujours simple financièrement. Tourner pendant si longtemps, c’était aussi un moyen d’améliorer un peu la situation ?

(rires) Je crois bien que oui ! C’est un moyen un peu plus sûre de faire de l’argent. Il y a d’autres façons mais tu ne peux jamais vraiment compter dessus. On s’en sort bien, je n’ai jamais eu envie d’avoir plus que ce dont j’ai besoin, et je n’ai jamais eu besoin de beaucoup. Mais il y a eu des moments, comme lorsqu’on travaillait sur le deuxième album, où c’était assez difficile pour nous d’un mois à l’autre et c’était toujours un peu stressant. C’est toujours mieux de ne pas avoir ce problème-là. Quand tu es en tournée, l’argent est relatif car au quotidien il y a tellement de choses prises en charge pour toi comme l’hôtel, la nourriture… C’est une pause sympa loin de tout ça. tops_d_j_jamming4 C’est toujours un peu difficile à imaginer, mais est-ce que tu crois que l’argent a un impact sur la façon dont tu crées, écris ou enregistres tes morceaux ? Est-ce que tu penses que les choses seraient différentes avec un peu plus d’argent ?

J’espère que non ! Une des choses les plus importantes pour moi dans ma façon de créer ou d’apprécier l’art, c’est que la seule limite que je dois avoir est mon esprit. Si tu te limites juste pour une raison d’argent alors … je pense que c’est juste plus facile de laisser l’argent limiter ton imagination, mais tu peux toujours te battre contre ça et si tu peux le faire alors rien ne peut te retenir. Parfois je me dis juste qu’on pourrait avoir plus de succès si on faisait les choses d’une certaine manière mais au fond je ne pense pas que je prenne ça comme une vraie excuse créativement parlant parce qu’il y a toujours un moyen. Aujourd’hui nous avons tout ce qu’il nous faut pour faire toutes les choses que l’on souhaite, ou presque… Et puis il faut dire que maintenant je connais beaucoup de monde à Montréal, des gars qui ont des studios d’enregistrement et tout un tas de compétences que je peux utiliser ce qui est sympa. Et puis il y a toujours mes amis aussi.

On a une dernière question pour toi Jane… est-ce que vous avez déjà prévu une date pour la sortie du troisième album ?

Non, parce qu’il faut qu’on le termine d’abord (rires) mais je pense en tout cas qu’on va repasser par la France l’année prochain avant sa sortie, enfin j’espère.

Nous aussi ! Merci Jane et bonne chance pour la production du nouvel album alors.

Merci ! Et amusez-vous bien pendant que vous êtes à Montréal. Bye !

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Photos prises par Peter Woodford de Freelove Fenner, dans son studio d’enregistrement The Bottle Garden, à Montréal. Merci Peter !

It was a year ago. To celebrate our very first anniversary, we invited TOPS and french band Goldcrypt at the Espace B concert venue in Paris for a show we will remember for a long time.

Almost a year later, we talked by phone with David (guitare) and Jane (voice and synth) about the future release of a third album that already promises to be great.

Hey, David! How is it going? Are you alone today or with other members of the band?

Hey! Actually I am with Jane, we are at a recording studio, so we are just going to go seperatly on the phone because we are working.

Oh ok, sorry for bothering you while you are working!

No that is ok, it is just chill, it is pretty casual.

Ok cool. Just to introduce ourselves, I do not know if you remember we organized your show in Paris back in November last year. We are so glad to have you on the phone today because we have been following what you guys are doing for a while now. So first of all, congrats on your new single « Anything » you released this week ! Of course we are a bit curious, right now you are at a recoding studio, you just released a new single, so you are working on a third album, right ?

Yeah we are working on a new album, and it is pretty good so far !

Nice ! Are you still in the process of writing songs or are you only recording right now ?

Actually we already recorded three songs. There is more but they are not good yet. The one we are recording today is very long, it is like 10 minutes long or something like that. It is very « slow », our songs are really slow right now.

Where is the studio you are recording, is it in Montréal ?

Yeah it is just down the street from my house. Today we are working with this guy Peter Woodford, he has a studio called The Bottle Garden. He has a band called Freelove Fenner which I think is pretty cool.

Alright, thanks for the tip, we will give it a listen ! Speaking of your next album, compared to « Change Of Heart », Anything is a little bit darker, is it something you want to explore in your third album ?

No, I think really this song just happened to be darker. We are probably going to explore different things, I don’t thing there is any reason to choose a particular mood and just go with that.

And speaking of the evolution of your music, between the first two albums and the new one, can you describe a bit this evolution. Do you feel any changes in the way your write or you play music ?

Yeah definitely in both because with the first album, we really sort of played it and wrote it together as a band, all at the same time for fun and it all happened just like super naturally. And the second one was more like a studio recording with long term environment with Jane, me and Riley and that was more focused on trying to make each song have its own place or its own identity and not really focusing on being able to actually play it or whatever. I think now it is more just trying to be a little more honest or something and none of us are together right now so we have just been talking by phone and making the songs separatly. I am not sure why exactly but it feels like after touring for so long I kind of know exactly what I want to make for each song and it does not really sound like natural, it just sounds like it is not even like music, like you do not know what is happening with the instruments, I dont not know … (laugh)

Sounds interesting ! You said you have been touring a lot and that it influenced your way of working, but as you chose to live in Montreal I was wondering if Montreal is a city that inspires you or is it just a practical choice for you and artists that choose to stay here ? I mean, here rents are not that high and the city is very peacefull.

Oh both ! I mean it is a good city to be social and you can lose yourself if you want and not do anything with your life here. It is really easy. And it is also inspiring and like also uninspiring because you see people that just don’t do shit and there are like « yeah whatever ». But it is also a very nice way to life because people are too focused on doing things all of the time ; like making a name or making money. Here it is so much more chill than the rest of north america, and people have also a way better sense of style …. Not me (laugh).

Of course not you ! And while you were touring, did you end up in other cities where you could see yourself live and create ?

Yeah definitely. There are nice places all over. I like cities that seems chill, like New Orleans. I also like most places in California, except where there is no water because I am afraid to go there (laugh). tops_d_j_clipboards2 On our side we feel the music scene in Montréal is like a big family, even maybe some sort of a cocoon for artists. Do you think that other bands like Majical Cloudz or guys like Sean Nicholas Savage and all the guys at Arbutus are like helping you do create ? Are you exchanging ideas and inputs between each other ?

Yeah the city is chill because I guess when your are going in other cities like New York, it seems like bands are competing with each other, it is like they are trying to be like the most edgy or the most marketable or something but they can not really create whatever they want. But here I do not get like specific creative ideas from anyone there, I am not going to lie (laugh).

Alright, thank you for being honest (laugh). And until now you released all your albums on Arbutus Records. Did you ever thought about maybe changing your label record ?

Oh no, I do not think so. Well, the guy who runs the label is one of my best friend so … No plans, I do not know, I don’t even want to think about that. Hey, I will grab Jane so you guys can talk to her too, one second. *Hey Jane, come talk !* Thanks for calling, I hope you have fun in Montreal ! How long are you staying ?

Yeah thanks David ! Six month, we arrived in july. And by the way we went to the Arbutus Record event during Pop Montreal, it was such a nice event.

David : Oh yeah, on Saturday, that was such a nice show and I think I drank too much (laugh)… Ok, talk to you soon !

Jane : Hey guys ! How is it going ?

Ok bye David and hi Jane ! Fine thanks, and you ? So sorry to bother you guys while you are working !

Good good ! Oh yeah, it is ok ! We are always working so …

Just to let you know where we left the conversation with David, we were talking about your relationship with Arbutus. After the success of you second album «Picture you staring », which had a very good press coverage and excellent feedback, is Arbutus encouraging you guys to have new ambitions now ?

I feel like I always have like the same ambition but I guess the more people appreciate it the more opportunities I have to achieve certain goals but I think the ambition is always the same. And a lot of the advance is not so much a result of a feedback from other people but more just like time that I am spending making music and refining our process and our materials, trying to collect better equipment to use and meeting people that can help us, that kind of things, and also like developping yourself as an artist. I think there is a confidence that comes from success which can be really good but it can also be a negative thing too, so I think ultimately I have not change my opinions but it has made me excited to be able to do things that I could not do before. tops_r_clipboard Alright, so you do not have any specific expectations for your third album, you just keep on doing what your are doing ?

Well, there are certain goals artistically that I have and there are certain things that I had in my mind like the video stuff but I never had the budget for it so I my mind I was just « When I get the money you know ».

Lets just talk quickly about your new song « Anything », which I think is a really great song. Congrats by the way. I noticed a change in the way you sing on this song specifically, are you trying to explore a new way to use your voice with this album ?

Yeah I mean, I think I have only been singing since I was 19 or 20, and I am 27 now. I think my voice is still changing a lot and also we have been touring for almost 9 months last year, so I think it just go stonger because is has to when you are playing and you have to sing over guitars, and drums and places were there is a lot of noise from the people there talking… I think on a certain level we are a bit of a rock band (laugh) so I kind of have to match the volume and I think it forced me to explore other ways of singing. For this song I think I specifically had an idea about it and it kind of helped me pushing my voice a lot but I know it is also changing a lot.

As you said you last tour was kind of a really long one, how did you personnaly experienced it ? Is it something you really enjoyed ?

It kind of goes back and forth between being easy and fun and pretty hard sometimes ! But I think it is like mostly a long holiday feeling for me; I really enjoy travelling but i guess sometimes it is difficult because you have less time by yourself, so the time you spend creating is kind of limited. But it is a great perspective that you get so I guess i appreciate both. You can work on your music and also work on yourself when you are touring or when you are home.

And did you wrote any songs during this never-ending-tour ?

Yeah ! And we started playing some new songs live because we were playing so many show that we wanted to kind of changed a little bit, and that was nice. Also David and I we were trying to get some quiet time when we could just work on music. I have nice memories of being on certain cities and working on songs. But it is really since we have been back, when we are home it is like a lot faster for writting.

Yeah I can imagine ! And as you said being an independant band is not always easy financially speaking. I guess touring for so long is also a way for you guys to deal with it ?

(laugh) Yeah I think so ! Touring is a little more dependable as a way of making money. There are other ways but you can never really depend on it. We are doing ok, I never really wanted to have more money that I need and I have never needed that much. But I guess there was a time before, like when we were writting and working on our second record, sometimes it got pretty difficult to go month to month so that is always like a stress and this is just better not to have it. When you are on tour money is just relative because day to day there is so much provided for you like food, hotel … It is just kind of a nice break from all of this (laugh). tops_d_j_jamming4 I guess it is always hard to picture it but do you think that money also has an impact on the way you create, write, record your music? Do you think things would be different with a little bit more of it?

I hope not ! One of the most important things to me I terms of how I make art or appreciate art is that the ultimate limit of what you can do is your mind and if you are limiting yourself just because of that particular reason then … I think it is easier to allow money to limit your imagination but I you can fight against that there is no reason that it should hold you back. There is certain ideas that I have had, like concepts in my mind that we would be much more successful if things we do were executed in a certain way, but ultimately I just do not if I buy that just as an excuse creatively cause there is always a way. Like we started there and now we have pretty much anything we need, pretty much so… I guess one other thing though i would say is that like now I know a lot of people in Montreal, who has studio space and a lot of skills that i can use and take advantage of which nice and I can also involve my friends.

We have a last question for you Jane… Have you already planned any date for the release of your new album ?

No we have to finish it first, but I think we will probably be in France before it comes out sometime next year, I hope !

We hope for that too ! Thank you Jane and good luck for the production of the album then !

Yeah thanks guys, enjoy your time in Montréal – winter is definitely coming (laugh).

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Photos shot by Peter Woodford from Freelove Fenner, in his recording studio The Bottle Garden, in Montréal. Thank you Peter!

TOPS Band

TOPS • Hollow Sound Of The Morning Chimes

Ils nous l’avaient expliqué dans une interview à paraître très prochainement sur le site, TOPS vient d’enregistrer de nouveaux morceaux et s’apprêtent à sortir dans les prochaines semaines un nouvel LP. Pas de date exacte mais un deuxième titre partagé en la présence de ce « Follow Sound Of The Morning Chimes » qui laisse présager pour ce nouveau long format un virage moins nerveux que son prédécesseur. L’important reste que c’est encore (et toujours) un nouvel excellent titre pour les canadiens. On vous en dit plus sur notre échange avec eux très vite.

majicalcloudz

Majical Cloudz • Downtown

Le projet de Devon Welsh, auteur-compositeur de Montreal, s’apprête à faire naitre un tout nouvel album avec Are You Alone ? prévu pour le 16 octobre sur Matador. On en profite pour se perdre dans ce « Downtown » à la production impeccable et à la mélancolie évidente : « And if suddenly I die/ I hope they will say/ That he was obsessed, and it was OK« .

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TOPS • Anything

Plus d’un an après la sortie de l’excellent ‘Picture You Staring’, le groupe montréalais TOPS est de retour avec un nouveau morceau qui nous conforte dans l’idée que le quatuor est tout bonnement incapable de composer de mauvais titre. Une seule question nous taraude l’esprit : à quand le prochain album ou EP ?

Montreal

Band(s) Of The Week • La nouvelle scène indie montréalaise

Aujourd’hui, ce n’est pas un groupe que nous vous présentons, mais plusieurs sous le prisme d’un focus sur les nouveaux groupes qui font battre le coeur de la scène Indie montréalaise.

Vivre à Montréal c’est se donner la chance de pimenter ses semaines de concerts agités et de qualité. Ici, la scène musicale est foisonnante, affranchie, abonde de talents et de fées marraines pour la soutenir et l’encadrer. Diversité, ouverture d’esprit, vitalité et liberté sont les clés d’une belle industrie, en perpétuel mouvement. Tour d’horizon de ces bands rock, presque tous copains, qui réveillent le Boulevard Saint-Laurent.

Paul Jacobs

Paul Jacobs est un jeune et charmant garçon venu d’Ontario. Incarnation du do it yourself, cet homme-orchestre qui fait beaucoup de bruit produit un son rock garage puissant et compte déjà sept productions… en deux ans de carrière. Superbonus : dessinateur à ses heures perdues, il a réalisé tout l’artwork de ses disques.



Solids

Pour Solids, 2014 a été l’année du saut en avant. En février dernier, leur premier album Blame Confusion (2013) est réédité pour une sortie mondiale sous le label Fat Possum. Pari gagné pour le duo qui capte son public et récolte les louanges de la presse : car si ces deux-là ont un truc de Dinosaur Jr (on les associe aussi à Sonic Youth), leur punk noisy donne envie de balancer la tête et de bousculer son voisin.



Uubbuurruu

On aurait bien aimé assister au brainstorm qui a abouti à leur nom, par curiosité. Les gars d’Uubbuurruu se décrivent eux-mêmes comme «cinq mecs qui tentent de communiquer avec des entités astrales pas encore découvertes. Utilisant une somme X de fuzz et Y de reverb, ils espèrent ouvrir un dialogue avec l’espace.» Ils s’inscrivent dans un rock psychédélique accrocheur, et, en attendant d’établir toute communication, s’apprêtent à sortir leur premier album.



Chocolat

Chocolat est dans les circuits depuis déjà quelques années et a paru à l’automne dernier Tss Tss, une belle pièce tripée et francophone qu’on écouterait volontiers en longeant le Saint-Laurent. Le disque est sorti en France le 3 février dernier chez Born Bad Records.



PyPy

Toujours dans la grande famille punk montréalaise, cette fois relevé d’une sauce psyché, voici PyPy. Trois gars, une fille : ils sont issus d’autres groupes (Duchess Says pour trois d’entre eux, Red Mass, Sexareenos et CPC Gangbang pour Roy Vucino) et s’unissent pour le meilleur, et surtout pour des performances suantes et féroces.



Corridor

L’album Un Magicien Comme Toi a fait mouche de l’autre côté de l’Atlantique. Corridor, c’est du rock planant, un peu décousu, parfois confus, chimérique, un quatuor intéressant qui se place en pole position des formations à surveiller. Ce qui est chouette chez eux, c’est aussi toute leur identité visuelle, d’ailleurs je ne saurais que trop vous conseiller de jeter un œil au travail de Jonathan Robert.



Double Date With Death

Double Date With Death envoie un son lo-fi bien maitrisé, un punk garage sur fond de rockabilly qu’on a envie d’écouter très fort en s’agitant. Avec six titres à son actif, le trio nous laisse un peu sur notre faim, mais comme il fait les choses bien, le prochain rencard avec la mort, ça sera l’été prochain avec une nouvelle démo.

Et aussi … : HomeshakeMelted FacesHeatDemon’s ClawRed Mass


 

Reportages : la scène indé montréalaise est sous le feu des projecteurs. Pour en savoir plus et découvrir ses rouages, voici deux documentaires complémentaires.

Montréal Underground (2012) de Giuliano Bossa

Je suis dans un band (2013) de Thomas Griffin (à regarder en intégralité ici )

Propos recueillis par Morgane de Capèle (@morganedecapele)

Haute - U Should Know

Haute • U Should Know

Duo franco-montréalais composé de la chanteuse Anna et du beatmaker Romain, Haute nous avait séduit avec « Down » titre downtempo et mélancolique. Pour leur second morceau « U Should Know », la ligne artistique reste la même : une prod soignée et plutôt froide s’alliant à merveille avec la voix sensuelle de la chanteuse. Un maxi à venir au Printemps et on l’espère des dates live très prochainement, Haute est un peu le mystère de ce début d’année.