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Flavien Berger • Interview

En ce début 2017, nous fêtons (déjà) les dix ans d’un petit label devenu grand: Pan European Recording. De Koudlam à Poni Hoax, en passant par Thos Henley et Buvette, le label parisien a produit pas mal de pépites au fil des ans. Et pour célébrer ça comme il se doit, cette semaine, il investit même le Point Ephémère pour une petite série de concerts. Et parmi les invités, se trouve celui qui a probablement le plus contribué à la médiatisation de Pan European ces deux dernières années : Flavien Berger.

L’occasion pour nous de partager une interview qu’on vous gardait au chaud depuis la dernière édition de Rock En Seine.

On te voit un peu partout depuis la sortie de Léviathan, tu dois être épuisé. Tourner autant, de quelle façon ça a fait évoluer ta musique ?

Je n’ai pas assez de recul parce que je suis encore un peu dedans… Mais déjà, ça apporte beaucoup d’assurance parce que tu es face à plein de gens qui, soit te découvrent, soit te connaissent et donc tu es amené à te prendre des gros jets d’ovation et ça, ça flatte l’ego énormément. Ça professionnalise un petit peu parce que du coup, tu apprends à être pro en live, ce qui est pas mal. Ça me donne envie de continuer, quoi… Ça me met juste bien en réalité.

(suite…)

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Interview • Good Morning TV

En quelques mois, Bérénice Deloire s’est forgée un sérieux curriculum vitae. En enchainant premières parties de bon goût (DIIV, Homeshake…), articles sur une kyrielle de blogs internationaux et la sortie d’un EP des plus prometteurs, son projet Good Morning TV semble lancé sur des rails affutés. Une occasion toute trouvée pour papoter psychédélisme, univers visuel et d’évoquer ensemble bon nombre de références bien nées.

A l’écoute de Good Morning TV, on a vraiment l’impression que tu as une vision esthétique du son, de ses textures. C’est quelque chose d’intentionnel pour toi ?

J’essaie de créer un univers, après, je ne sais pas si c’est véritablement intentionnel. Dans ma manière de composer, je fais vraiment les choses au feeling, comme ça vient. Je ne me pose pas de question sur les harmonies, j’attends simplement de voir si quelque chose se dégage. C’est ce qui fera qu’il en découlera une compo ou pas, je vois direct si quelque chose en sortira.

C’est vrai que tu as commencé par la batterie ?

Oui, j’ai commencé par la batterie quand j’avais six ans, je l’avais eue pour Noël. J’ai ensuite continué avec le piano, c’était mon premier vrai instrument avec de vrais cours de musique, etc. Vers quinze, seize ans, j’ai commencé la guitare et très vite, c’est la composition qui m’a m’intéressé le plus. Après j’ai mis un peu de temps car tu ne composes pas comme ça du jour au lendemain non plus…J’avais un groupe à l’époque, on écoutait des choses comme les White Stripes ou Blood Red Shoes, des trucs comme ça, même Gossip. C’est marrant car ça ne me touche plus trop aujourd’hui.

Ton père a fait aussi pas mal de musique, non ?

Oui, il a joué dans plusieurs groupes mais ils n’ont jamais sorti de disque. C’était assez ancré dans la vague psychédélique des années soixante-dix. Il est hyper fan de Pink Floyd mais je crois qu’ils chantaient en français à l’époque. Ca ressemblait pas mal à Ange, Magma mais ça n’est pas forcément ce que qu’il écoutait quand j’étais petite.

Il écoutait quoi du coup ?

Pleins de choses, d’ailleurs j’ai récupéré quelques uns de ces disques comme Armed Forces d’Elvis Costello que j’aime beaucoup. Il y en a un que j’adore, c’est The Score des Fugees qu’il écoutait en boucle, tout le temps. Je pense que ça a conditionné un peu le léger côté soul du projet qui est quelque chose que je revendique vraiment. J’aime pouvoir mélanger cette soul avec des sons beaucoup plus noisy, ça donne des choses super intéressantes.

A ce niveau, comment tu vois évoluer Good Morning TV ?

Une des choses qui ressort et que l’on nous dit souvent, c’est que l’on fait du psyché… mais je ne l’envisage pas forcément comme ça. Je pense que l’on s’en rapprochera de moins en moins dans le futur, en tout cas pas de façon aussi littérale. Au delà de ça, j’ai envie que nos morceaux racontent des histoires, qu’il s’en dégage des choses un peu bizarres…

Justement, tu revendiques une « Weird Pop ». On sent que derrière cette notion, il y a la volonté de dénaturer, cabosser les morceaux, tout en gardant les velléités mélodiques du départ…

Oui, c’est ça. Par exemple, quand tu prends Connan Mockasin, c’est beaucoup plus psyché que quelqu’un qui se dit dès le départ, « je veux faire un projet psyché », comme Temples par exemple. Je trouve que cela va beaucoup plus loin dans la démarche. A la limite, ça se rapproche plus des Beatles.

En parlant de références, tu cites souvent Broadcast comme quelque chose d’important pour toi…

Il y a plusieurs trucs qui me marquent. D’abord, je trouve que le personnage de Trish Keenan a quelque chose qui me touche beaucoup. C’est dû au fait d’avoir une voix très fragile sur instrus très brutes. Il y a aussi toute une esthétique musicale qui est assez dingue. Mais au delà de ça, il y a de vrais morceaux derrière. Ca n’a jamais été un groupe qui cherchait à faire de l’esthétisme juste pour en faire. A chaque fois, le travail du son sert vraiment la composition. Et c’est ce que j’essaie de faire.

En live, comment cela transparait ?

C’est quelque chose que je veux faire évoluer de manière complémentaire au studio. Je n’aime pas aller à un concert où tu as l’impression d’écouter l’album. Je préfère qu’il y ait une autre énergie, qu’autre chose se passe. Etre plus dans l’émotion au final. Je n’ai pas envie de faire des concerts complètement aseptisés où tout est minuté, ça ne me parle pas. La base du projet, c’est de remettre l’humain au centre de tout… Il y a une dynamique de groupe qui se dégage. J’ai composé les quatre morceaux de l’EP mais aujourd’hui, on compose vraiment à quatre. Donc on est dans une véritable énergie de groupe, je pense que ç’est ce qui va se dégager de plus en plus.

Du clip d’ Ordinary People à la pochette du disque. La notion d’image est aussi prédominante dans GMTV. Comment tu perçois cette partie ?

C’est clairement quelque chose d’important pour le groupe et pour moi. Ce qui m’importe, c’est de proposer quelque chose de singulier, de ne pas forcément suivre les tendances pour suivre les tendances. Il s’agit pas de dire : « on est un groupe à contre courant » parce qu’on est toujours influencé par ce qui nous entoure, mais on essaie de faire les choses sincèrement et de croire dans ce que l’on fait. Quand on a fait le clip d’Ordinary People, on est parti sur de la VHS en rajoutant un grain à l’image pour servir le morceau. L’objectif, c’est de créer quelque chose qui nous ressemble même si c’est avec les moyens du bord

Ces derniers temps, beaucoup parlent d’un renouveau du Shoegaze, de la musique psyché en France. Tu sens qu’un truc se passe ?

Je pense qu’il se passe quelque chose en France, où il y a de plus en plus de bons groupes qui sortent des choses intéressantes. Après, est-ce que l’on peut parler de « scène » en tant que telle ? Je ne sais pas. Mais il y a une volonté de faire quelque chose et de proposer quelque chose de nouveau. On entend de plus en plus parler de groupes français, les gens en écoutent de plus en plus qui rayonnent un peu plus à l’étrange, et c’est super positif.

La suite, ça se passe comment ?

On aimerait beaucoup enregistrer un album. Je pense qu’on a la matière pour le faire et on a vraiment envie de travailler sur un long format. On a déjà pu tester de nouveaux morceaux en version live. D’ailleurs, on a déjà pleins d’idées de productions et d’arrangements !

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Le Villejuif Underground • Chefchouen Blues

On vous avait très rapidement déjà parlé du Villejuif Underground à l’occasion d’une soirée Gone With The Weed. Le band, mené par l’australien Nathan Roche délocalisé en région parisienne, vient de partager le clip vidéo de « Chefchouen Blues ». 3mn44 d’un rock qui emprunte avec talent au Velvet, à Lou Reed ou encore à ce vieux lézard d’Iggy Pop.

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Bon Voyage Organisation • Géographie

Parfait retour de l’agence BVO avec ce « Géographie » qui sent bon l’été moite. Le clip, tourné dans un véritable concorde saute les deux pieds joints dans l’esthétique rétro-fram de luxe. Le morceau quand à lui sonne très « gainsbourien ». Accents funk, voix chuchotées et cuivres enivrés.

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RENDEZ-VOUS • Distance

Attendu de pied ferme suite à un premier EP des plus prometteurs paru en 2014, Rendez-Vous (un groupe qui dit merde au référencement Google) revient avec un nouvel EP intitulé « Distance » dont la sortie est prévue chez le label italien Avant! Records. Si les canaux Bandcamp et Soundcloud sont régulièrement saturés de nouveautés post-punk et cold-wave, le quatuor parisien possède décidément les arguments pour tirer son épingle du jeu. La raison ? Des titres abrasifs et rentre-dedans qui collent aux tympans et que le groupe enfile dans ses EPs comme des Lustucru à un collier lors de la fête des mères. L’ensemble sent le mazout, l’Angleterre industrielle des années 80 et le fond de cave (où Rendez-Vous a d’ailleurs établit son studio). Mention particulière au titre éponyme « Distance » et au pesant « Workout » qui atteint des sommets de noirceur.

Theo Lawrence & The Hearts

Band Of The Week • Theo Lawrence & The Hearts

La claque est belle, la claque est douce mais la claque est bien présente. On la ressent dès les toutes premières notes du premier single 2 titres de Theo Lawrence & The Hearts. Heaven To Me est un premier disque d’une justesse assez sidérante. En 2 morceaux et à peine plus de 7mn le groupe étale toute sa classe, d’une production millimétrée à la voix parfaite de son auteur et compositeur.

En 2016, à Paris Sud, dans le 9-4 et plus précisément à Gentilly, se trouve donc un type capable de balancer une soul qui touche le fond des tripes et du coeur. Une soul qui n’hésite pas à aller piocher du côté de sonorités électriques, une soul qui emprunte beaucoup mais ne singe jamais. Avec le single « Heaven To Me » Theo Lawrence & The Hearts commencent fort. Tube en puissance à la construction aussi classique que maitrisée, le titre s’envole une fois la première minute trente passée avec des coeurs discrètement salvateurs, un clavier haut dans le ciel et une voix aussi puissante  que contrôlée.

À entendre la maturité d’une telle composition, difficile de croire que Theo en est à son premier coup d’essai. Cela tombe bien, ce n’est pas tout à fait le cas. Avant de se lancer dans ce projet, Théo Lawrence officiait au sein des Velvet Veins, groupe aux sonorités plus rock ayant pas mal tourné entre 2012 et 2014 et notamment auteur d’un premier EP Bound To Pretend auto-financé grâce à Kiss Kiss Bank Bank comprenant le single « Arizona Ghost« .

Si le résultat est de bonne facture, on ne pourra en vouloir au franco-canadien d’origine d’avoir privilégié depuis 2015 ce nouveau projet solitaire (rejoint par les musiciens de The Hearts par la suite) déjà coupable de deux titres géniaux. On oublierait d’ailleurs presque de vous parler de la face B de cette première sortie, « All Along », qui rend toutes ses lettres de noblesses à ce rôle de second titre parfois trop bâclé : lancinant, électrique et rageur.

On finit par vous laisser apprécier ce tout premier effort qui en appelle bien d’autres. Theo Lawrence & The Hearts joueront au Trianon à Paris ce vendredi 15 avril en showcase à 15h30 puis à la Main d’Oeuvre Saint-Ouen à 20h00.

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Motel 01

Playlist • Motel 01

Playlist en vrac des morceaux sélectionnés et passés au bar Le Motel à Paris dans le cadre du DJ-set Shadazz organisé le 04 mars dernier. 3h de ponts, de grands écarts, de viaducs et de bonnes pistes.

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Forever Pavot • Le Bon Coin Forever

Emile Sornin, multi-instrumentiste de Forever Pavot, a parcouru les petites annonces du Bon Coin pour en dénicher les instruments rares et insolites de la région Poitou-Charentes. Parti à la rencontre de leurs détenteurs, Emile en a profité pour capturer les sonorités de ce matos peu conventionnel directement chez Claude et son épinette, Nicolas et son orgue à bouche ou David et sa guimbarde thaïlandaise. Derrière la mouture conceptuelle, un bébé de 9 instrumentaux aux accents baroques que le grand François de Roubaix n’aurait pas balancé avec l’eau de son bain. Les rencontres et les pérégrinations du Pavot dans le Poitou ont également donné lieu à un documentaire signé François-Xavier Richard et visible par ici.


Date de sortie : 26/02/2016 sur Born Bad Records / En écoute sur : Spotify / Bandcamp


20 | Only Real

20 | Sélection Concerts 2015 par la rédaction

Ouais parce que malgré notre amour invétéré des internets, on a aussi essayé de sortir écouter de la musique autre part que derrière un ordinateur. Voici donc une sélection, aussi décousue que non-exhaustive, de quelques concerts qui nous ont marqué durant cette année 2015.

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Only Real • Café de la danse (Paris)

Complètement bourré sur scène, il parle, il parle, il joue des vieux morceaux en racontant qu’il s’est fait engueuler par des suédois une fois à un concert parce qu’ils étaient venus exprès pour entendre « Punks And Potion » et qu’il ne l’avait pas jouée. Il n’a plus de maison de disques et il s’en fout, il peut faire ce qu’il veut maintenant. Tellement fou qu’à la fin il se met à lancer le merch dans la foule (vinyles, t-shirts, tout y passe). On a bien rigolé.

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Thee Oh Sees • Villette Sonique 2015 (Paris)

Un peu lassé de voir Thee Oh Sees chaque année squatter la prog des festivals depuis maintenant 5 ans, le concert n’était pas gagné d’avance. Jusqu’à ce que l’on découvre la nouvelle formation du groupe. John Dwyer désormais en solo accompagné de ses deux batteurs. Un concert qui allait droit à l’essentiel.

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The Liminanas • La Maroquinerie (Paris)

Set d’une incroyable justesse et d’une énergie folle pour ce groupe à la classe infinie. En sus : déluge de fuzz, double rappel et une Maroquinerie volcanique.

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Unknown Mortal Orchestra • Le Marché Gare (Lyon)

La salle est pleine lorsque Ruban Nielson et ses comparses pénètrent sur scène. Très vite, un flot de mélodies pop et psychédéliques et phrasées de guitares éroiques envahissent nos coeurs, sans jamais un moment chiant. L’atmosphère est moite, humide, car Ruban ne ménage jamais sa sueur. Offert par votre partenaire Narta intensité 24H.

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Godspeed You! Black Emperor • Le Bataclan (Paris)

Parce que c’est la performance musicale live la plus ultime que j’ai eu en concert, et que ça le reste même lors de la 3e fois. L’ampleur du son produit par le groupe est si imposante que l’expérience devient physique. Et franchement tout ça ne se raconte pas, ça se vit, donc allez-y.

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King Gizzard & The Lizard Wizard • PIFPM (Paris)

Première date française pour les jeunes australiens de King Gizzard. Une Machine subjuguée par la fougue de ce groupe composé de 7 musiciens dont 2 batteurs. La révélation Psych-Rock de 2016 c’est sûr !

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Jimmy Whispers • La Route du Rock 2015 (Saint-Malo)

C’est l’après-midi, il ne fait pas très chaud et on est à la plage. Mais peu importe, Jimmy Whispers est à fond, il se renverse de la bière dessus, en jette sur la foule, raconte sa vie, saigne des genous à force de se rouler par terre. Il s’étale le sang avec sa sueur et sa bière, parce qu’il est fou, tout simplement. Oh et il slamme au milieu des 20 personnes qui sont là. C’est n’importe quoi, c’est inapproprié mais super intimiste en même temps. Il nous fait même danser un slow avec nos voisins. C’est ça l’amour.

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Mild High Club • Casa Del Popolo (Montréal)

Il est déjà minuit passée lorsque le Mild High Club s’empare de la scène sur laquelle deux groupes viennent de nous violenter, sans raison apparente, les oreilles. Il suffit de 3 accords et deux clins d’oeil à son groupe pour laisser Alexander nous emmener dans les tréfonds d’une pop rêveuse et funky.

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Paradis • Midi Festival 2015 (Toulon)

On nous a laissé entendre que le groupe avait passé du temps à affiner sa formule, à préparer ce set live. Qu’il y avait une pointe de stresse et encore pas mal d’interrogations. Nous ce qu’on a vu sur la scène de ce Midi Festival édition Printemps c’est le présent et peut être même le futur de la pop électronique française magnifiquement orchestrés par deux mecs qui derrière leurs machines avaient ce je ne sais quoi d’une timidité emplie de charisme. Une belle promesse.

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Kevin Morby • Le Point Ephémère (Paris)

Dernière date avant de rentrer aux US. Ca se sent, ils lâchent tout, pour une fois, les 3 musiciens ne sont pas statiques, ils sont hyper généreux. Il fait super chaud, ils suent, ils sont contents, ils disent merci. D’ailleurs la PP de la page facebook de Kevin est là pour témoigner de cette super soirée.YukoYuko_1920x1200jpg

Yuko Yuko • Espace B (Paris)

On s’attendait au pire venant d’un gamin aux bricolages sacrément bordéliques. Sur la petite scène de l’Espace B on a eu le droit au meilleur : une bande de kids qui gèrent parfaitement leur live avec en tête de gondole un gringalet qui s’amuse, gueule, sort des solos, fait le show. Le public répond présent, la moiteur si propre à la salle de la rue Barbanègre s’installe. C’était parfait.

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TOPS • Théâtre Fairmount (Montréal)

On a eu le plaisir de passer Halloween avec nos chouchous de Tops à Montréal. Un concert bien cool, comme d’habitude, qui s’est terminé par un Way to be Loved chanté à l’unisson par toute la salle composée de vampires et de sorcières en string encuir. On s’excuse, un peu tard, d’avoir bousculé le guitariste lorsque tout le monde a envahis la scène et d’avoir éclaté les tympans de nos voisins.

ben_khan_131114_0180_copyBen Khan • Midi Festival 2015 (Toulon)

« Le jour où j’ai craqué pour un mec en survet ». Ca résume assez bien ce qui s’est passé ce soir là. Ben Khan, c’est certes un mec qui se kiffe et qui ne kiffe pas les autres, mais il faut avouer que malgré l’absence totale d’interaction avec le public, il arrive quand même a nous donner un bon groove à la tombée du soleil, non loin des palmiers.

 

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Mixtape #029 • Requin Chagrin

C’est à n’en pas douter une des très belles surprises de l’année 2015. Marion Brunetto et son requin plein d’émotions se sont offerts à nous, et à vous, par la grâce d’un tube – « Adelaïde » – brillant et déterré sur les compilations du collectif La Souterraine. Une histoire franco-française qui nous a fait chavirer, peu de temps après, avec la sortie de 8 titres franchement réussis que vous pouvez écouter par ici. Auteur d’un mini-tour de France en début de mois, le projet à encore beaucoup de choses à nous offrir et surtout une pop aussi sincère que bien foutue.

Finalement, nous n’avons plus qu’à remercier Benjamin de La Souterraine et l’ensemble de la team Requin Chagrin (4 personnes et 8 petites mains ont travaillé sur cette tape) pour cette mixtape qui dépasse allègrement l’heure et vous laisser découvrir et écouter ce bel objet sonore.

Nous suivre sur Soundcloud : par ici.

TRACKLIST

The Stone Roses • I Wanna Be Adored


The Pesos • Heartbeat


Dungen • Franks Katus


The Liminanas • Belmondo


Jacques Dutronc • L’Idole


Taulard • Je Les Suis


Lower Dens • Brains


Froth • Oaxaca


Eraserhead OST • In Heaven


Girls Names • Black Saturday


Adorable • Sunshine Smile


Broken Social Scene • Sentimental X’s


OK Channel • Ulysse


Corridor • Passage Secret


Shimmering Stars • Strangers


The Pixies • The Happening


Baxter Dury • Police


La Peste • Hymen


Marble Arch • Bitter Spring


The Black Tambourines • Tommy


Electrelane • Enter Laughing


The Soft Pack • Extinction


Maston • Messages


Junip • Rope & Summit


+ des morceaux de « Les cages en métal » (Stup Religion – Stupeflip) / La ricotta (P. P. Pasolini) / Irréversible (G. Noé) / Huit et demi (F. Fellini) / Partie de campagne (J. Renoir) / Eraserhead (D. Lynch) / Orange mécanique (S. Kubrick) / Théorème (P. P. Pasolini) / La nuit des morts-vivants (G. A. Romero)

 

Requin Chagrin

Band Of The Week • Requin Chagrin

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Avec un tel intitulé, on imagine déjà les fondus du commandant Cousteau se pressant au portillon et demandant un ticket d’attente à la guichetière afin d’exposer les mérites du Centrophorus granulosus, requin dont le faciès biaisé donne l’impression d’être passé par la case râpe à légumes. Ce délit de sale gueule vaut à l’animal le surnom de Requin Chagrin, preuve que la mesquinerie est un plat froid qui se mange aussi au fond des océans. La discussion sur le granulosus bouclée arrive le moment d’en placer une, puisqu’à défaut de porter un bonnet rouge parfumé à la mouclade charentaise comme ledit commandant, Marion Brunetto – varoise d’origine – tient la barre d’un ambitieux projet du même nom que le squale disgracieux.

Bricolé dans sa chambre parisienne et exhumé par La Souterraine, le morceau « Adelaïde » présent sur le 5ème volume de la compilation des orpailleurs de l’underground francophone a jeté un premier pavé dans la mare en début d’année. Rebelote en septembre avec la parution d’un 10’’ de 8 titres en version digitale, qui sera disponible en format physique à la fin du mois. La galette sortira sur Objet Disque, label qui a déjà bien balisé le terrain ces derniers temps avec entre autres les albums de Rémi Parson, Chevalrex et Barbagallo (projet solo du batteur d’Aquaserge et Tame Impala).

Marion et ses copains jouent une surf-pop nerveuse passée sous filtre sépia, rappelant l’ambiance californienne des vignettes psyché-folk des premiers White Fence et d’une bonne partie des groupes du catalogue Woodsist. Voix à échos et chant incantatoire donne à ce disque des allures de grande messe où l’aumône est servie à coups de mélodies nostalgiques et psychotoniques. Le bateau du commandant Jacques-Yves tangue bougrement quand arrive « Riviera », vacille avec « Bleu Nuit », avant que ne soit porté le coup de grâce par « Le Chagrin » et son final abrasif qui termine de cramer le tout au lance-flamme. La formule Requin Chagrin fonctionne à merveille et ces 8 morceaux bien troussés sont le témoignage d’un premier essai sans accros. Dernier détail : Marion a 25 ans et déjà un CV épais comme un Mille-feuille puisqu’elle est également batteuse pour Alphatra et Les Guillotines.

Stream du LP ci-dessous et pré-commande vinyle par ici.

Designers - Drinkers Punchers Liners

Designers • Drinkers Punchers Liners

Après la mise en scène d’une escapade en skate au milieu d’une ville de campagne pour le clip de « Piste Noire », Designers choisissent aujourd’hui pour un nouveau sport pour leur « Drinkers Punchers Liners » : le foot en salle. Une rencontre au sommet entre une équipe de branleurs face à un seul autre joueur. Clope au bec, joggings usés jusqu’à la corde et échauffement sur un parking bien glauque, le décor est planté pour ce titre dont la dynamique est portée par des guitares saccadées et ce rythme de batterie entraînant. A voir le 16 Avril prochain à L’Olympic Café.