requiem pour un twister

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Première : Corridor • Du Moyen Âge à l’âge moyen

La toute première fois que Corridor s’est offert à nous c’était lors de l’une de nos pérégrinations en terres Montréalaises au cours d’un live aussi complet que définitif. La déflagration passée nous avions pris le temps d’écouter les titres déstructurés, rêveurs mais nerveux du quatuor sur bandcamp et la formation rentrait alors définitivement dans nos cœurs.

C’est donc avec joie et plaisir que nous vous partageons en avant-première le tout premier extrait de leur nouvel album Supermercado qui s’apprête à sortir le 26 mai prochain tout à la fois sur Michel Records (Canada), Citrus City Records (USA) et enfin sur l’excellente structure Requiem Pour Un Twister pour la France. Enregistré à Montréal et accompagné dans sa réalisation d’Emmanuel Ethier (Chocolat ou encore Peter Peter), Supermercado se veut plus pop que ses prédécesseurs mais sous un format étrangement hypnotisant et incisif. « Du Moyen Âge à l’âge moyen » en est le parfait exemple. Morceau à tiroirs aussi surprenant qu’enivrant, il devrait sans aucun mal vous faire entrer dans ce corridor pop.

 

photo : Dominic Berthiaume / Thomas B Martin

vidéo : Animation et dessin Jonathan Robert

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Interview • Good Morning TV

En quelques mois, Bérénice Deloire s’est forgée un sérieux curriculum vitae. En enchainant premières parties de bon goût (DIIV, Homeshake…), articles sur une kyrielle de blogs internationaux et la sortie d’un EP des plus prometteurs, son projet Good Morning TV semble lancé sur des rails affutés. Une occasion toute trouvée pour papoter psychédélisme, univers visuel et d’évoquer ensemble bon nombre de références bien nées.

A l’écoute de Good Morning TV, on a vraiment l’impression que tu as une vision esthétique du son, de ses textures. C’est quelque chose d’intentionnel pour toi ?

J’essaie de créer un univers, après, je ne sais pas si c’est véritablement intentionnel. Dans ma manière de composer, je fais vraiment les choses au feeling, comme ça vient. Je ne me pose pas de question sur les harmonies, j’attends simplement de voir si quelque chose se dégage. C’est ce qui fera qu’il en découlera une compo ou pas, je vois direct si quelque chose en sortira.

C’est vrai que tu as commencé par la batterie ?

Oui, j’ai commencé par la batterie quand j’avais six ans, je l’avais eue pour Noël. J’ai ensuite continué avec le piano, c’était mon premier vrai instrument avec de vrais cours de musique, etc. Vers quinze, seize ans, j’ai commencé la guitare et très vite, c’est la composition qui m’a m’intéressé le plus. Après j’ai mis un peu de temps car tu ne composes pas comme ça du jour au lendemain non plus…J’avais un groupe à l’époque, on écoutait des choses comme les White Stripes ou Blood Red Shoes, des trucs comme ça, même Gossip. C’est marrant car ça ne me touche plus trop aujourd’hui.

Ton père a fait aussi pas mal de musique, non ?

Oui, il a joué dans plusieurs groupes mais ils n’ont jamais sorti de disque. C’était assez ancré dans la vague psychédélique des années soixante-dix. Il est hyper fan de Pink Floyd mais je crois qu’ils chantaient en français à l’époque. Ca ressemblait pas mal à Ange, Magma mais ça n’est pas forcément ce que qu’il écoutait quand j’étais petite.

Il écoutait quoi du coup ?

Pleins de choses, d’ailleurs j’ai récupéré quelques uns de ces disques comme Armed Forces d’Elvis Costello que j’aime beaucoup. Il y en a un que j’adore, c’est The Score des Fugees qu’il écoutait en boucle, tout le temps. Je pense que ça a conditionné un peu le léger côté soul du projet qui est quelque chose que je revendique vraiment. J’aime pouvoir mélanger cette soul avec des sons beaucoup plus noisy, ça donne des choses super intéressantes.

A ce niveau, comment tu vois évoluer Good Morning TV ?

Une des choses qui ressort et que l’on nous dit souvent, c’est que l’on fait du psyché… mais je ne l’envisage pas forcément comme ça. Je pense que l’on s’en rapprochera de moins en moins dans le futur, en tout cas pas de façon aussi littérale. Au delà de ça, j’ai envie que nos morceaux racontent des histoires, qu’il s’en dégage des choses un peu bizarres…

Justement, tu revendiques une « Weird Pop ». On sent que derrière cette notion, il y a la volonté de dénaturer, cabosser les morceaux, tout en gardant les velléités mélodiques du départ…

Oui, c’est ça. Par exemple, quand tu prends Connan Mockasin, c’est beaucoup plus psyché que quelqu’un qui se dit dès le départ, « je veux faire un projet psyché », comme Temples par exemple. Je trouve que cela va beaucoup plus loin dans la démarche. A la limite, ça se rapproche plus des Beatles.

En parlant de références, tu cites souvent Broadcast comme quelque chose d’important pour toi…

Il y a plusieurs trucs qui me marquent. D’abord, je trouve que le personnage de Trish Keenan a quelque chose qui me touche beaucoup. C’est dû au fait d’avoir une voix très fragile sur instrus très brutes. Il y a aussi toute une esthétique musicale qui est assez dingue. Mais au delà de ça, il y a de vrais morceaux derrière. Ca n’a jamais été un groupe qui cherchait à faire de l’esthétisme juste pour en faire. A chaque fois, le travail du son sert vraiment la composition. Et c’est ce que j’essaie de faire.

En live, comment cela transparait ?

C’est quelque chose que je veux faire évoluer de manière complémentaire au studio. Je n’aime pas aller à un concert où tu as l’impression d’écouter l’album. Je préfère qu’il y ait une autre énergie, qu’autre chose se passe. Etre plus dans l’émotion au final. Je n’ai pas envie de faire des concerts complètement aseptisés où tout est minuté, ça ne me parle pas. La base du projet, c’est de remettre l’humain au centre de tout… Il y a une dynamique de groupe qui se dégage. J’ai composé les quatre morceaux de l’EP mais aujourd’hui, on compose vraiment à quatre. Donc on est dans une véritable énergie de groupe, je pense que ç’est ce qui va se dégager de plus en plus.

Du clip d’ Ordinary People à la pochette du disque. La notion d’image est aussi prédominante dans GMTV. Comment tu perçois cette partie ?

C’est clairement quelque chose d’important pour le groupe et pour moi. Ce qui m’importe, c’est de proposer quelque chose de singulier, de ne pas forcément suivre les tendances pour suivre les tendances. Il s’agit pas de dire : « on est un groupe à contre courant » parce qu’on est toujours influencé par ce qui nous entoure, mais on essaie de faire les choses sincèrement et de croire dans ce que l’on fait. Quand on a fait le clip d’Ordinary People, on est parti sur de la VHS en rajoutant un grain à l’image pour servir le morceau. L’objectif, c’est de créer quelque chose qui nous ressemble même si c’est avec les moyens du bord

Ces derniers temps, beaucoup parlent d’un renouveau du Shoegaze, de la musique psyché en France. Tu sens qu’un truc se passe ?

Je pense qu’il se passe quelque chose en France, où il y a de plus en plus de bons groupes qui sortent des choses intéressantes. Après, est-ce que l’on peut parler de « scène » en tant que telle ? Je ne sais pas. Mais il y a une volonté de faire quelque chose et de proposer quelque chose de nouveau. On entend de plus en plus parler de groupes français, les gens en écoutent de plus en plus qui rayonnent un peu plus à l’étrange, et c’est super positif.

La suite, ça se passe comment ?

On aimerait beaucoup enregistrer un album. Je pense qu’on a la matière pour le faire et on a vraiment envie de travailler sur un long format. On a déjà pu tester de nouveaux morceaux en version live. D’ailleurs, on a déjà pleins d’idées de productions et d’arrangements !

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Good Morning TV • Ordinary People

Après la courte (mais salvatrice) parenthèse Talkie Walkie, Bérénice Deloire lance son échappée solo avec Good Morning TV  . Les guitares réverbérées et les refrains imparable de cet « Ordinary People »  révèlent à eux seuls une weird pop captivante. On attend de pied ferme un premier EP qui sortira dans les prochains mois sur Requiem pour un Twister (Marble Arch, Forever Pavot, Triptides…).

Dead Horse One

Dead Horse One & Jet Black • Season Of Mist

Membres éminents du collectif nothing, les Dead Horse One s’apprêtent à sortir cet automne un second album sur le label parisien Requiem Pour Un Twister (+ Dead Bees Records). Un deuxième extrait du LP vient d’être partagé avec « Season Of Mist » titre composé avec Jet Black artiste québécois. Un son lourd et parfaitement produit qui laisse présager le meilleur.

Triptides Azur

Première : Triptides • Hideout

C’est une belle histoire que celle qui lie la formation américaine Triptides et les deux frangins parisiens aux manettes des structures Croque Macadam et Requiem Pour Un Twister. Celle d’une passion commune pour la belle pop à guitares bien évidemment mais aussi celle d’une amitié et d’une confiance construite à travers les années, les échanges, les mails et les sorties. D’une première interview sortie en 2011, cette histoire s’est par la suite transformée en sorties vinyles avec deux singles sur Croque Macadam. C’est aujourd’hui le tour d’un LP que le groupe de l’Indiana (aujourd’hui installé à Los Angeles) s’apprête à sortir le 10 juillet prochain sur Requiem Pour Un Twister. Pas le premier de leur discographie mais bien le tout premier à sortir sur le label français.

Délicatement intitulé Azur, cet album a été enregistré à Bloomington (ville célèbre pour loger l’université de l’Indiana) et l’ensemble des morceaux composés par la doublette Glenn Birgman – Josh Menashe. Pour l’avoir déjà furtivement écouté je peux vous promettre qu’il ne devrait pas vous décevoir. En attendant, c’est avec grand plaisir que l’on vous partage le premier extrait « Hideout ». Une pop-song de près de 3mn parfaitement lancée par un riff de guitare clair et limpide et porté par un jeu batterie-basse aussi frénétique qu’enivrant.

Venera 4 Eidôlon

Avant-Première : Venera 4 • Eidôlon

C’est un plaisir non dissimulé  que de vous proposer en avant-première durant toute une semaine l’écoute dans son intégralité du premier album de Venera 4 qui sortira le 02 mars sur Requiem Pour Un Twister. Un album dense, riche et singulier qui vient élargir un peu plus le spectre d’une scène française indépendante mais surtout intéressante. 

Il y a quelques jours à peine je découvrais – en retard évidemment – le son massif et saturé de la formation Maria False lors d’un exercice de catalogue (à lire ici). Une rapide discussion plus tard avec Alexandre Gimenez (moitié du label Requiem Pour Un Twister aux côtés de son frère Etienne) j’apprenais que derrière ce projet se cachait notamment Yann Canévet, membre de Future et également de Venera 4.

L’évidence, une fois qu’elle est posée devant vos yeux prend tout son sens. Habile mélange de guitares shoegaze aux relents pop la musique de Venera 4 m’a marqué dès la première écoute par l’audacieuse simplicité de ses mélodies et l’incroyable densité de ses sonorités. Bien entendu on pense directement à Slowdive pour l’abrupte douceur du grain de voix ou encore à Jesus And Mary Chain pour ces refrains qui s’allongent infiniment pour finalement ne former qu’un unique nuage pop évanescent.

[quote]Venera 4 affine un peu plus un courant pop-shoegaze français qui se démarque autant par la qualité de ses mélodies que par la diversité de ses influences[/quote]

Pour autant, ce premier album qui sortira sur l’excellente structure Requiem Pour Un Twister (déjà derrière leur EP Deaf Hearts) ne peut être restreint à un exercice de style shoegaze. Les mélodies de ce Eidôlon fleurtent fréquemment avec ce que la scène purement indie nous a servi de meilleur dans les années 90 comme sur ce « Aimer Ann » qui invoque les guitares stridentes de Sonic Youth pour mieux embrasser la voix de Morgane Caux, chanteuse et guitariste du groupe.

Le groupe sait aussi se montrer brute et direct lorsque nécessaire comme sur l’introduction de « Orange » qui surprend autant par sa violence qu’elle réconforte par sa production propre et limpide. De production justement il est nécessaire de parler. Il ne fait aucun doute que certains pourront la trouver peut être fade, voir sans relief mais la vérité est que ce « sous-mixage » est nécessaire et salvateur par la densité qu’il procure aux mélodies profondément pop que le groupe construit. Ainsi, sur les excellents « Some Girls » et « Colored Fields », Venera 4 agite le spectre contemporain de The Horrors pour faire jaillir la lumière d’un clavier qui s’élève haut dans le ciel.

Parfait complément de leur cousin – très proche – Marble Arch, ce premier LP réussit de Venera 4 affine un peu plus un courant pop-shoegaze français qui se démarque autant par la qualité de ses mélodies que par la diversité de ses influences. Notre nouvel sonde préférée à définitivement pris son envol et il s’écoute en intégralité et en exclusivité ici.

Et pour pré-commander l’album, ça se passe ici

forever pavot

Band Of The Week + Avant-Première • Forever Pavot

Notre Band Of The Week est cette semaine l’oeuvre d’un songwritter qui ne se refuse rien, d’un chimiste de la pop, d’une imagination sans limite qui ne cesse d’inventer des mélodies labyrinthes dans lesquels on se perd avec délice. Forever Pavot s’apprête à sortir un nouveau 45 tours sur Croque Macadam et Requiem Pour Un Twister et celui-ci est en écoute toute la semaine exclusivement sur Shadazz.

Lorsque l’on a entendu pour la première fois le nom de Forever Pavot, celui-ci nous a donné l’impression d’avoir toujours été là, dans notre esprit, dans nos têtes. C’était il y a environ 6 mois et nous ne nous étions pour autant pas encore penché sur le cas de ce projet, de cette musique.

Forever Pavot est un projet qui a justement germé dans la tête d’Emile et pris forme il y a maintenant presque 4 ans. Faire l’expérience de  sa musique c’est plonger la tête la première dans un esprit fasciné de BO de film et de sons des 60’s. Pour autant, on ne saurait cantonner ses morceaux à ces deux influences tant à force d’invoquer les genres, Emile construit une musique singulière à la beauté simple et minérale et à l’architecture complexe et profonde.

La force de Forever Pavot est de construire des chansons sous forme de poupées russes, des chansons à tiroirs dans lesquelles viennent se cacher une ribambelle de mélodies qui décollent, s’enfuient, se marrent, reviennent et puis repartent. De mémoire, on ne voit pas de groupes français récents maniant avec tant d’habileté le mélange des styles.

Après deux 45 tours aux accents folks et psychédéliques sortis chez Frantic City et Sound Of Salvation c’est avec 3 nouveaux titres qu’Emile revient sur  Le Passeur d’Armes . Co-produit par l’équipe Croque Macadam et Requiem Pour Un Twister, ce troisième 45 tours semble être la dernière étape avant un premier album sur lequel nous plaçons beaucoup d’espoir. Il sortira le 16 Mai en 350 exemplaires et est déjà en pré-commande ici.

Nous sommes donc définitivement fiers de pouvoir vous faire écouter ces 3 titres en avant-première. Forever Pavot nous propose un voyage de près de 9mn aussi onirique que chevaleresque que vous auriez tort de vous refuser.

(Forever Pavot sera en concert aux côtés de Dorian Pimpernel et Julien Gasc au Point FMR le 16 Mai pour une triple release party orchestrée par Born Bad Records)