Beach House fait partie de ces groupes qu’on ne présente plus. Idoles de la scène indé mais aussi accessibles et aimés du plus grand nombre, en un peu moins de dix ans de carrière, Victoria Legrand et Alex Scally ont réussi à s’imposer dans nos coeurs avec toute la douceur qui caractérise leurs compositions. Et cette douceur, elle ne venait pas seulement à la voix de velours androgyne de Legrand ni de ces nappes sensuelles qui l’entouraient. Elle venait aussi du fait que le duo a toujours eu pour habitude de prendre son temps avant de nous livrer chacun de ses LPs.

Mais voilà, cette année, toutes nos certitudes ont été bouleversées. La faute à ce petit communiqué paru un jour d’octobre dernier

“Thank Your Lucky Stars is our sixth full length record. It was written after Depression Cherry from July 2014 – November 2014 and recorded during the same session as Depression Cherry. The songs came together very quickly and were driven by the lyrics and the narrative. In this way, the record feels very new for us, and a great departure from our last few records. Thematically, this record often feels political. It’s hard to put it into words, but something about the record made us want to release it without the normal “campaign.” We wanted it to simply enter the world and exist.

Thank you very much,

Beach House”

Comprenez que le groupe nous annonçait simplement qu’après avoir sorti son cinquième album Depression Cherry au mois de juillet, il en avait encore sous le pied. Et de quoi en faire tout un album ! C’est ainsi, qu’à peine rassasiés de son grand-frère, il nous a servi Thank Your Lucky Star sur un plateau.

Enregistrés au cours des mêmes sessions, les deux albums sont pourtant très différents. D’aucun disent qu’ils se répondent. Pour notre part, chez Shadazz, on a une petite préférence pour Thank Your Lucky Star, probablement parce qu’il prend un chemin un peu plus complexe et inattendu que son aîné. De l’aveu de Legrand, ce disque est d’ailleurs plus sombre et plus politique que les autres. On y trouve également moins de cette réverbe habituelle au groupe.

Les détracteurs diront probablement que deux albums en quelques semaines, c’est trop à digérer mais saluons tout de même ce tour de force inattendu qui nous a permis de finir l’été et glisser dans l’automne au son de deux fois plus de belles balades mélancoliques. Ce n’est pas rien.

A (ré)écouter ici: