Cette année 2015 aura été synonyme de retour pour pas mal d’artistes, mais si il en est un qui ne nous a pas laissé indifférent c’est bien celui de Sam, ce vieil ami que l’on avait enfoui dans un coin de notre mémoire.

Nous sommes en 2008, plein milieu de l’été, fin du mois d’août qui approche et retour au travail qui se précise. Le 25 août très exactement, le moment choisi par Late Of The Pier pour importer son OVNI – Black Fantasy Chanel – en France. Voilà déjà de longs mois que la bande à Andrew et Sam sème un vent de folie sur un paysage (un peu vulgairement affilié au mouvement fluo kids) qui commence à franchement s’essouffler.

7 années plus tard, il n’est pas difficile de se remémorer ce qui faisait de la musique de Late Of The Pier quelque chose de si spécial ; foutraque sans être totalement bordélique, virtuose mais prompte à s’auto-saborder à chaque couplet et surtout infiniment profonde. Une musique à tiroirs en somme, à d’innombrables tiroirs.

À travers LA Priest, Sam Dust comme il aime à se faire appeler, ne marche pas en terre inconnue. Premièrement car il avait déjà utilisé à quelques reprises cet alias pour justifier des envolées solitaires et éphémères entre 2008 et 2012 et deuxièmement car LA Priest ne renie pas l’héritage qu’il a lui même laissé à travers les Late Of The Pier.

On retrouve ainsi dans Inji, album sorti durant l’été, un goût de l’expérimentation familier auquel vient s’ajouter quelques touches emplies de funk et de groove et autres triturations électroniques. C’est lorsqu’il vient explorer un funk spécial au milieu de longues plages désordonnées que LA Priest signe ses meilleures compositions comme sur le génial « Oino » mais aussi le sous-coté mais tout aussi excellent « Party Zute / Learning To Love All Over ». Ce dernier titre représente très surement le sommet d’un album pas forcément facile d’accès mais terriblement intéressant.

Enfin, pour l’anecdote, LA Priest nous aura également offert cette année un joli moment, bien qu’étrange, lors de l’édition printanière du Midi Festival. Quelque part au milieu d’un zénith plongé dans le noir, une interview avortée nous aura amené à jouer les explorateurs photographes, toujours dans le noir, pour un Sam mi-pensif mi-curieux et son manager bien trop alcoolisé. Des échanges incompréhensifs, pas mal de rires et quelques clichés au polaroid difficilement utilisables nous auront rappelé que Monsieur Eastgate, à l’image de sa musique, ne se contente pas de rentrer dans le cadre.