Prenez une carte des Etats-Unis, posez votre doigt en plein milieu et vous tomberez sans doute sur la ville de Lawrence dans le Kansas. A part ça, il n’y a pas grand chose de plus à dire sur cette agglomération de plusieurs milliers d’habitants, installée sur les bords de la Kansas River. Pas grand chose à retenir non plus de la scène artistique et musicale, même si apparemment elle aurait reçu le titre  de « best lil’ college towns » du pays par le magazine Rolling Stone en 2005…

Mais au milieu de ce désert culturel, une jeune artiste du nom de Taryn Miller commence à faire parler d’elle, discrètement mais surement, à l’image de sa personnalité. Réservée et dotée d’une grande sensibilité, Taryn compose ses premiers morceaux pour elle, dans sa chambre. Des accords mélodieux aux influences Folk, traitant de choses simples et intimes. Elle quitte rapidement cet isolement pour passer à la scène et donner ses premiers concerts, dans des appartements ou encore les bars du quartier. Taryn arbore alors la figure parfaite de l’artiste Indie: un style de garçon et un visage d’ange caché derrière une mèche ébouriffée. Derrière ses grandes lunettes, on l’imagine en train de rêver, de réfléchir à de nouvelles balades, de penser musique. Vendeuse au Love Garden Sounds, célèbre disquaire de la ville, activiste au sein du collectif/label Whatever Forever, bassiste de Oils ou encore batteuse pour Hush Machine, rien ne semble arrêter son appétit pour la création et la musique…

Une passion qu’elle découvre assez jeune grâce à Daniel Johnston, en écoutant ses premiers albums. Plus tard, elle fera plus de quatre heures de route seule, pour aller voir le chanteur californien en concert. A la fin du show, elle rencontre Daniel qui se présente à elle comme un inconnu. Une connexion s’opère entre les deux personnes qui marquera Taryn à jamais et qui décide alors de prendre Your Friend. comme nom de scène.

Cependant, Daniel Johnston n’est pas la première influence que l’on entend dans ses morceaux. On pense plus à une Cat Power, une Marissa Nadler ou même un King Krule époque Zoo Kid, grâce à cette une voix oscillant constamment entre les genres… Mais c’est au final ce qui est le plus beau. Une ambiguité et un mélange des styles que Taryn a travaillé sur son premier EP, Jekyll/Hydesorti en Février dernier sur Domino USA, où les guitares atmosphériques se mêlent à un son Indie-Folk authentique. Une pointe de mélancolie risque de s’emparer de vous à l’écoute de ce « Tame On » ou de ses autres morceaux, mais ça fait presque du bien…